‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 86 sur 251 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DAVID (1086-1018)

David avait trente ans quand Saul mourut. Encore incertain sur ce qu'il devait faire, i! consulta l'Éternel, et reçut l'ordre de s'établir à Hébron, où la tribu de Juda le reconnut roi. Mais tout le reste d'Israël choisit Isboseth, fils de Saùl; et les deux prétendants se firent, pendant sept années, une guerre sanglante, où leurs deux généraux, Joab pour David et Abner pour Isboseth, signalèrent leur habileté et leur courage. Dans une de ces nombreuses rencontres, Abner tua le frère de Joab, Azaël, « qui devançait à la course les chevreuils des bois. » Mais un jour Isboseth, oubliant sa position précaire, outragea son habile lieutenant, qui l'abandonna aussitôt et promit à son rival de ranger tout Israël sous son obéissance. Cet important service eût rendu Abner tout-puissant auprès de David ; pressé a la fois par la jalousie et la haine, Joab le tua à la porte d'Hébron. David, dont la puissance était encore mal affermie, ne pouvait punir ce meurtre; mais il honora la mémoire d'Abner par un deuil public. « Je suis innoeenl de la mort d'Abner, s'écria-t-il devant tout le peuple; que son sang retombe sur la tête de Joab, et que dans ta maison, ô Joab, il y ait à jamais des lépreux et des mendiants, des hommes qui tiennent le fuseau, et des hommes qui tombent sous le glaive.

■ Déchirez vosvêtements,enveloppez-vousdesacs,et pleu-

« Il n'est point mort comme les lâches, ses mains n'étaient pas liées, ses pieds n'étaient pas enchaînés. Il est tombé comme un homme vaillant devant les fils de l'iniquité. »

DAVID

Ainsi, tout le peuple connut que David n'avait pas pris part au meurtre d'Abner. Le roi disait encore à ses serviteurs : ■ Ne voyez-vous pas qu'un grand chef est mort aujourd'hui dans Israël? Ces enfants de Sarvia aiment trop la violence! que le Seigneur rende au méchant le mal qu'il a fait. »

A quelque temps de là, Isboseth lui-même périt assassiné par deux chefs de mercenaires, qui apportèrent sa tête à David, pensant recevoir une riche récompense ; le pieux roi indigné les fit mourir. Cependant cet événement lui assura la couronne. Toutes les tribus réunies à Hébron le reconnurent en effet pour seul roi d'Israël.

Il se hâta de justifier ce choix par des victoires, et attaqua Jérusalem dont la partie haute était encore au pouvoir des Jébuséens. Il s'empara de leur forteresse élevée sur la colline de Sion, et songeant déjà à faire de sa conquête sa capitale, il s'y fit élever un palais magnifique par les ouvriers et avec les matériaux que Hiram, roi de Tyr, lui envoya. Si David voulait bâtir une cité florissante, ce site était malheureusement choisi, loin de la mer et au milieu de campagnes stériles, dans un désert de pierres. Mais les Juifs ne devaient être ni un peuple industrieux ni un peuple commerçant, et il est tout naturel que le chef de cette race persécutée ait fixé sa demeure dans cette inaccessible retraite, entre les deux tribus qui lui étaient toujours restées fidèles. Quelquesuns, sans doute dans le peuple, s'étonnèrent de la prédilection de David pour un séjour triste et misérable; car, dans le psaume soixante-huitième, il annonce que Dieu, dédaignant les cimes superbes de Basan, viendra faire sa demeure sur l'humble montagne de Sion.

- Dieu s'est levé, et devant sa face ses ennemis se sont enfuis; comme le vent dissipe la fumée, comme le feu fond

■ Chantez les louanges du Seigneur! Chantez son saint nom !

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