CHAPITRE X
Israël et Juda, et si tu trouves que cela est peu, a ces terres j'en ajouterai d'autres. Mais pourquoi as-lu méprisé ma parole? Tu as pris la femme d'Urie, et lu as tué Une par le glaive des enfants d'Ammon. Maintenant donc le glaive ne quittera point ta maison; le mal sortira de ta famille contre toi; tes femmes seront prises & tes yeux, et données à ton prochain : lu ne mourras point, mais le fils qui est né mourra 1 . » David, effrayé, jeûna et pria le Seigneur ; mais ia menace devait s'accomplir, et le septième jour, l'enfant de Bethsabée mourut.
Les autres châtiments annoncés suivirent de près. Ammon, fils aîné de David, fit violence à Thamar, et périt assassiné par son frère , Absalon , qui vengea sur lui cet outrage. Absalon s'enfuit auprès du roi de Gessur, et resta trois ans dans l'exil. Au bout de ce temps, Joab suborna une femme qui vint se jeter aux pieds du roi en disant : « Dans une querelle , l'un de mes fils a tué l'autre, et s'est enfui; mais les parents du mort veulent le venger sur son meurtrier. Il ne restera donc plus personne de notre maison. — Allez, dit le roi, que voire fils revienne, il ne tombera pas un cheveu de sa tète. — Q'Je mon Seigneur, ajouta celte femme, me permette encore une parole : Nous mourrons tous ; comme les eaux répandues , notre vie s'écoule ; û roi ! pourquoi refuser au peuple de Dieu la grâce que vous m'accordez? " David céda; Absalon revint, mais plein de haine et d'ambition. Il ne travailla qu'à soulever secrètement le peuple contre son père. Un jour, il demanda la permission d'aller sacrifier à Hébron, et â peine était-il sorti de Jérusalem qu'une conspiralion formidable éclata. Davit fut réduit à quiller sa capitale. Suivi de ses gardes et de quelques serviteurs fidèles, il traversa le torrent de Cédron, gravit en pleurant la montagne des Oliviurs, el pril la route du désert. Il avait emmené l'arche d'alliance; craignant pour
DAVID
elle les hasards de la guerre, il la renvoya à Jérusalem. Comme il s'approchait de Baurim, un homme, appelé Sé- • méi , de la race de Saiïl , lui jeta des pierres et le maudit, en disant : » Sors, sors, homme de sang, homme de Bélial; le Seigneur fait retomber sur toi le sang de la maison de Saùl ; il donne ton royaume à ton Sis Absaton , et tu te vois accablé des maux que tu as faits. » Abisaï voulait tuer Séméi, David le retint et dit: « Laissez-le faire; laissez-le maudire ; peut-être le Seigneur regardera mon affliction, et me rendra quelque bien pour ces malédictions que je reçois aujourd'hui. ■
Il continua son chemin accompagné de ses gens et de Séméi , qui marchait par le haut de la colline et le suivait en le maudissant, en lui jetant des pierres et le couvrant de poussière. Il arriva enfin épuisé de fatigue en un lieu où il put prendre quelque repos. Peut-être fut-ce là qu'il adressa à Jéhovah cette prière 1 :
• Seigneur! ne me rejetez pas dans votre fureur ; ne me punissez pas dans votre colère !
■ Ayez pitié de moi, car je suis faible; guérissez-moi, car mes os tressaillent.
- Tournez-vous vers moi , Seigneur ! retirez mon âme de l'affliction, car, dans la mort, qui se souvient de votre nomï dans l'empire des ombres, qui confessera votre magnificence ?
- Je me suis épuisé en gémissements ; chaque nuit , j'ai arrosé ma couche de mes larmes. Le chagrin a obscurci mes yeux , et j'ai vieilli de douleur au milieu des ennemis qui m'entourent. »
Mais après s'être ainsi élevé à Dieu , l'espérance renaît en lui.
-Retirez-vous loin de moi, s'éerie-t-ïl , vous tous qui vivez dans l'iniquité, car Jéhovah a entendu la voix de mes larmes, Jéhovah a reçu ma prière. ■
Cependant Absalon était entré dans Jérusalem et accomplissait à la lettre les menaces que le prophète Nathan avait