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réticences, de tous les sacrifices douloureux que lui imposaient ailleurs les convenances mondaines et les devoirs académiques ; c'est là vraiment ([u'il a déversé tout ce qu'il y avait en lui de bile recuite et de rancunes lono-uement remuées. Ecrite, selon toute a])parence, au lendemain des événements qui l'éloignèrent de l'Académie ', l'Histoire Secrète est l'expression toute brûlante de ses mécomptes et de sa rancœur. Et l'on n'est pas surpris, dès lors, de la trouver si différente de l'Histoire écrite en 17(i6; on comprend pourquoi l'allure en est si tumultueuse, et l'accent si âpre. Mais on ne s'étonne pas non plus de tirer de ce fatras maint renseignement inédit, maint trait de caractèi'e ou de mœurs.
Tout d'abord sur l'auteur lui-même : sa vigoureuse personnalité s'y détache en plein relief. Et nous pensons moins encore ici à la médaille d'apparat ([u'il a gravée de lui-même - f[u'à la ligure vraie dont ingénument il nous révèle les détails. Richard de Ruffey jugé par lui-même est un parangon d'honneur, de noblesse, de dignité, de dévouement, de sagesse, de persévérance : il méritait des statues. Richard de Rutfey vu à travers son Histoire Secrète inspire des sentiments plus mêlés.
On a pu deviner déjà quel est son travers dominant. Il est bouffi de vanité, et l'idée qu'il a de son importance s'affirme ou se trahit à cha([ue page. Avec quel orgueil il nous parle de la Société littéraire ([u'il avait réunie dans sa bibliothèque et dont il était le « chef » ! Avec quelle complaisance il loue le bon ordre, le bon ton et la politesse cjui y régnaient, les sujets utiles et agréables
1. Il n'y est question nulle part des graves événements qui, en 1771, aboutirent à la crise parlementaire. Peut-être est-ce l'émotion jetée dans la société dijonnaise par l'exil des Parlementaires et l'établissement du Parlement Maupeou (mai 1771, v. Foisset, Le président de Brosses) qui a empêché Rufîey d'achever les Notes de l'Histoire Secrète. — D'autre part il ne connait pas l'élection de l'abbé (îaillard à l'Académie Française (même année'. A plus forte raison ne nomme-t-il point, parmi les académiciens de Dijon rayés de la liste v. note loOj Gentil et l'abbé Laureau, dont la radiation fut prononcée en 1772 (Extrait du contenu aux Registres, ms. F. Baudot 243, f« 37).