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INTROnrCTION 3o
saire ; les autres « se ressentant tous plus ou moins d'une éducation négligée, sans élévation dans l'esprit ni noblesse dans les sentiments, envieux, opiniâtres, impérieux, insolents, regardant avec humeur et envie la naissance, la fortune et le mérite des honoraires, et craignant toujours d'en être ou etïacés ou abaissés...
« Rustica progenios nescit liabere modum ^. »
Quel dédain en ces propos, et qu'ils peignent bien Richard de Ruffey ! Il a beau vanter ailleurs l'indépendance de son esprit et se déclarer affranchi des préjugés de son siècle : qu'en réalité il est bien de son temps et de sa caste, de cette grande bourgeoisie de robe, si dédaigneuse des petits bourgeois, si attachée à ses privilèges et à ses droits de préséance, si persuadée qu'elle est d'une essence, d'une « qualité )> supérieure ! Quelque justifiés que puissent être les reproches qu'il adresse aux pensionnaires, le ton acerbe dont il les tance et le regard superbe dont il les foudroie n'en sont pas moins signiticatifs. S'il voulait rendre l'Académie moins dépendante des directeurs, ce n'était pas pour établir entre tous ses membres ces relations de confraternité littéraire ou scientifique qui sont le principal attrait des compagnies de ce genre : il s'agissait de faire passer ces petits avocats, ces vils médecins, ces simples ecclésiastiques de la direction débonnaire de M. Vitte sous la férule du président de Ruffey ; et, pour le repos des académiciens sinon pour les progrès de l'Académie, celle-ci valait encore moins que celle-là.
Mais la bienveillance qu'il refuse à une partie de ses confrères, la reporte-t-il du moins sur les autres ? sur ces honoraires, qui sont, eux, d'une « condition distinguée » et dont plusieurs, au demeurant, se sont fait une place honorable dans la république des Lettres? Il suffit de lire quelques pages de l'Histoire Secrète et des notes qui lui font suite pour être assuré du contraire.
Il n'en épargne point et chacun a son tour,
les honoraires comme les autres. Il leur en veut apparemment