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2. F. Baudot 107. Les dernières lignes de ce manuscrit, écrites d’une main sénile, ont trail à des publications mathématiques de 1786.
Pour décider les directeurs à se laisser diriger eux-mêmes, et les pensionnaires, anciens et nouveaux, à subir de bonne grâce son autorité, il eût fallu au réformateur de l'Académie de Dijon une main singulièrement souple, un esprit des plus habiles à endormir les déliances, à ménager les amours-propres et les suscephbilités. Or telles n'étaient point, mais point du tout, les qualités du président de Ruffey.
Nous prêtons volontiers nos défauts à autrui. Il reproche amèrement à Maret, qui avait remplacé Michault dans les fonctions de secrétaire, son « amour-propre » et sa « passion de dominer ». Il l'accuse d’avoir formé « l'odieux projet de s'emparer de l’autorité ! ». Mais au détriment de qui, sinon de Ruffey lui-même ? Le reproche qu'il fait à Maret, c’est à lui que le faisaient pensionnares et directeurs, non sans apparence de raison; il suffit pour s'en convaincre de parcourir son « Histoire secrète ». En vérité, que ses confrères aient été blessés de ses hauteurs, qu'ils aient souffert impatiemment son autorité hargneuse, qu'ils aient cherché à la secouer, voilà ce qui ne saurait étonner personne, hormis Richard de Ruffey.
Il a raconté longuement les difficultés que lui suscitèrent ceux qu'il appelle ses ennemis, les Hoin, les Michault, les Maret, et les odieux complots qu'ils tramèrent contre lui, jusqu'à cette séance où, découragé, rebuté par tant d'obstacles, outré d’une telle « ingratitude », il prit « la sage résolution » de se démettre de sa place de vice-chancelier ?. Il s'en démit tapageusement (la dispute qui s'ensuivit fait penser à la bataille du Lutrin); puis il s'en alla par la ville déblatérer contre Maret, qu'il rendait responsable du traitement indigne qui lui avait été infligé.
La rancune qu'il en éprouva fut tenace : elle dura seize ans. Pendant seize ans on ne le revit plus qu'aux séances publiques de l'Académie, où il allait encore par décence. Il fallut que l'Académie traversät une nouvelle crise, courût un nouveau péril
pour qu'il cessât de lui tenir rigueur. En 1786 une grosse
PA SHistoire Secrete p.15.
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querelle éclata entre une partie de l'Académie et son secrétaire Guyton de Morveau, qui émettait la prétention de disposer à sa guise du logement attribué au secrétaire dans l'Hôtel de l'Académie et devenu vacant par la mort de Maret !. Les têtes s'échauffèrent si bien que l'existence de l’Académie sembla, une fois de plus, menacée. Buffon exhortait son ami à la « bonne œuvre » d’apaiser les belligérants :
« Si vous n'étiez pas si fâché », lui écrivait-il, « vous pourriez peut-être les concilier... Songez que c’est un édifice que vous avez bâti, et qu'il est presque de votre honneur de ne pas le laisser tomber en ruine ?! »
C'était prendre Ruffey par son faible. Il n'y tint pas : il reparut à l'Académie ?. Calmé, apaisé lui-même, il contribua à rétablir l’ordre et la tranquillité dans cette compagnie « fougueuse * », et ce fut encore un service, le dernier, qu'il lui rendit.
Mais il ne tarda guère à rentrer dans sa retraite. De ses anciens confrères la plupart étaient morts, et trop de nouveaux venus avaient pris leur place dans une nouvelle salle des séances ?, el ceux qui survivaient étaient justement des Chaussier et des Raudot, des médecins! ses anciens ennemis ! et il était d’ailleurs manifeste que leur esprit triomphait dans l’Académie nouvelle : la Littérature y était complètement délaissée. Il vint pendant huit mois, assez régulièrement, puis 1l ne vint plus
qu'aux séances publiques ©. On ne retrouve dès lors son nom que
1. Déjà l’année précédente la paix avait été troublée par des querelles de médecins (Le Roux contre Enaux et Chaussier, qu'il accusait de s'être approprié sa méthode curative de la rage, puis contre Maretl, au sujet de la variole, Registres de l’Acad., XIV, p. 308, 511, 526, ete.). — Où l’abhé Deberre a-t-il vu que « Guyton de Morveau et Maret s'étaient mis à la tête du parti des mécontents, et menaient une vive campagne contre Ruffey » ? (p.283). ë
2, Corresp. de Buffon, Il, p. 211 (lettre du 23 janvier 1786).