‹ Histoire Secrète de l'Académie de DijonChapitre 30 sur 52 · Tbid., f · texte numérisé non relu

Tbid., f

réticences, de tous les sacrifices douloureux que lui imposaient ailleurs les convenances mondaines et les devoirs académiques ; cest là vraiment qu'il a déversé tout ce qu’il y avait en lui de bile recuite et de rancunes longuement remuées. Écrite, selon toute apparence, au lendemain des événements qui l'éloignèrent de l'Académie !, l'Histoire Secrète est l'expression toute brülante de ses mécomptes et de sa rancœur. Et l’on n'est pas surpris, dès lors, de la trouver si différente de l'Histoire écrite en 1766; on comprend pourquoi l'allure en est si tumultueuse, et l'accent si âpre. Mais on ne s'étonne pas non plus de tirer de ce fatras maint renseignement inédit, maint trait de caractère ou de mœurs.

Tout d’abord sur l’auteur lui-même : sa vigoureuse personnalité s'y détache en plein relief. Et nous pensons moins encore ici à la médaille d’apparat qu'il a gravée de lui-même ? qu’à la figure vraie dont ingénument 1l nous révèle les détails. Richard de Ruffey jugé par lui-même est un parangon d'honneur, de noblesse, de dignité, de dévouement, de sagesse, de persévérance : il méritait des statues. Richard de Ruffey vu à travers son Histoire Secrète inspire des sentiments plus mêlés.

On a pu deviner déjà quel est son travers dominant. Il est bouffi de vanité, et l’idée qu'il a de son importance s'affirme ou se trahit à chaque page. Avec quel orgueil il nous parle de la Société httéraire qu'il avait réunie dans sa bibliothèque et dont 1l était le « chef » ! Avec quelle complaisance il loue le bon ordre, le bon

ton et la politesse qui y régnaient, les sujets utiles et agréables

1. I n'y est question nulle part des graves événements qui, en 1771, aboutirent à la crise parlementaire. Peut-être est-ce l'émotion jetée dans la société dijonnaise par l'exil des Parlementaires et l'établissement du Parlement Maupeou (mai 1771, v. Foisset, Le président de Brosses) qui à empêché Ruffey d'achever les Notes de l'Histoire Secrète. — D'autre part il ne connait pas l'élection de l'abbé Gaillard à l'Académie Française (même année). À plus forte raison ne nomme-t-il point, parmi les académiciens de Dijon rayés de la liste (v. note 150) Gentil et l'abbé Laureau, dont la radiation fut prononcée en 1772 (Extrait du contenu aux Registres, ms. FE. Baudot 243, f° 37).

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