‹ Histoire Secrète de l'Académie de DijonChapitre 49 sur 52 · ÿ en avait environ 4.600 (F. Baudot 9, art. médailles · texte numérisé non relu

ÿ en avait environ 4.600 (F. Baudot 9, art. médailles

elle a formé à grands frais un magnifique cabinet qui renferme des morceaux curieux dans tous les genres. Ayant fixé son séjour dans sa terre d'Agey, située à quatre lieues de Dijon, elle y a planté des jardins qui font l'admiration des connaisseurs !.

… M. de Ruffey aurait désiré associer M"° de Rochechouart à l'Académie, où elle aurait brillé par son goût et ses talents, et encore plus par sa générosité ; mais M. l'évêque de Troyes, qui n'a jamais su rien faire à propos, fit le Lort à cette compagnie de s'opposer à la réception de cette dame, disant qu'il ne convenait pas que son nom parût sur la liste des académiciens avec celui d’une femme : ce qui fit dire avec raison qu'il ne craignait les femmes qu'à l'Académie. I avait l'exemple de l’évêque de Béziers, prélat de mœurs régulières, qui n'a pas eu les mêmes scrupules pour la réception de M"° Le Paute à l'Académie de

Béziers ?. »

Personnes dont M. de Ruffey sut exciter la générosité...

Il obtint des Élus de Bourgogne l'Armorial des gentilshommes de cetle province qui sont entrés aux États (imprimé à Dijon par Defay, gravé par Durand: rédigé par M de Courtivron, de Thésut et de Tournay, avec une préface du président de Brosses). Critique sévère de cel ouvrage : il est mal exécuté; les listes qu'il contient sont informes et peu fidèles...

Il a été question plus haut de M'S de Courtivron (n. 55) et de Tour-

nay (n. 53).

4. Marie-Gabrielle de Pons-Praslin, veuve de Henri-Anne de Fuligny- Damas-Rochechouart. Elle avait rassemblé dans sa propriété d’Agey (diocèse de Dijon, bailliage d’Arnay-le-Duc), dont elle avait elle-même dessiné les jardins, un cabinet d’hisloire naturelle, le plus riche de la province. Morte en 1779 (Courtépée, éd. 1848, IV, p. 49-50 ; Mercure dij., p. 287). Sa libéralité à l'égard de l'Académie (environ 600 médailles) fut célébrée par François de Neufchâteau, son jeune protégé, dans les vers lus à l’Acad. le 15 décembre 1765 (Mém. de l’Acad., I, p. 357).

2. Nicole-Reine La Brière Le Paute (1723-88), femme de Jean-André Le Paute (1707-89), horloger du roi à Paris et auteur du Traité d'Horlogerie (1755, suppl. 1760). La France Lilléraire cite d'elle en 1769 une Carte de l'éclipse annulaire du 1°" Avril 1764, avec l’explication (lue à l'Acad. de Dijon le 20 mai 176%, Reg. Il, f. 114); divers mémoires lus à l'Académie de Béziers, et dont les extraits ont paru dans les Mercures ; une Table des longueurs des pendules, dans le Traité d'IHorlogerie de M. Le Paute (p. 6# et 314).

L'évèque de Béziers, membre de l'Académie de cette ville, était M. de Roquefort (ibid., p. 62).

142 RICHARD DE RUFFEY

« M. de Thésut.… a de l'esprit, de la politesse et de l'usage du monde ; dans sa jeunesse son air et son ton étaient un peu trop maniérés, mais l’âge a corrigé ce défaut. Il a cultivé les Lettres avec succès et fait plusieurs traductions d'ouvrages anglais utiles et agréables ; on lui doit une traduction de lettres anglaises sur la minéralogie et la métallurgie pratique, de Diederic Eric, imprimées à Paris in-12 chez Durand en 1752. M. de Thésut a été de la Société de M. de Ruffey, où il a lu quelques ouvrages. Fait pour être de l'Académie de Dijon, on s'empressa de l’admettre dans ce corps en qualité d’honoraire ; comme il fait son séjour ordinaire à la campagne, il a peu assisté aux séances académiques et n'a pas même envoyé d'ouvrages... Longtemps amoureux de M"° de Clugny, chanoinesse d'Alix !, il a eu la constance de l'épouser, malgré de fréquentes infidélités et la perte de sa beauté; il a fallu faire casser les vœux qu'elle a prétendu avoir été forcée par ses parents de prononcer... ? »

M. de Ruffey obtint encore des Élus « la grande carte de la Bourgogne en quinze feuilles, faisant partie de la carte générale du royaume de France dressée par M. de Cassini et autres astronomes et géomètres

de l’Académie des Sciences... », et des magistrats municipaux « le nouveau plan de leur ville, dressé par... et gravé à Paris par Latré »,

(ornements de M. Le Jolivet; carte de Dijon dressée par De Noinville, gravée par Inselin *.)

« M. Le Goux avait les qualités les plus grandes et les plus essentielles : il était bon citoyen, bon ami, bon parent el bon maitre. Il avait de la vivacité et de l'agrément dans l'esprit et de la noblesse dans les sentiments ; son bon cœur, peut-être l'envie de briller et de mieux faire que les autres, le rendait généreux jusqu'à la prodigalité... » Mais, « né naturellement gâté et volontaire, le commerce des femmes avait achevé de le gâter entièrement ; accoutumé à les dominer avec tyrannie, 1l voulait étendre son empire sur tous ceux qui l’approchaient

ME=AATSE

2. De Thésut, en son château de Verrey, H. N.R. 1762 (Milsand), chevalier d'honneur 1721 ; résigna en 1748 (Armorial de la Ch. des Comptes, p.95). Le titre complet de l'Armorial auquel il collabora est : « Catalogue et armoiries des gentilshommes qui ont assisté à la tenue des États généraux du duché de Bourgogne de 1548 à 1682 », Dijon 1760, in-fol. (Galerie bourg., IIT52p 218) ”

3. Le nom laissé en blanc par Ruffey est celui de Miquel. Quant à la carte du duché de Bourgogne, elle avait été dressée et exécutée{1763) par Seguin.

et souffrait impatiemment la plus légère contradiction... Trop léger pour rien approfondir, il n'avait de toutes choses que des idées superficielles et souvent relatives à sôn humeur et à sa façon de penser. On a remarqué... qu'il ne choisissait pour amis et pour amies que des personnes extrêmement bornées, trouvant en elles plus de complaisance, plus de disposition à lui applaudir et à croire aveuglément aux paradoxes qu'il se plaisait à débiter. M. de Ruffey s'était déterminé à ne le contredire en rien. Pénétrant toute le parti qu'on pouvait tirer d'un aussi bon patriole pour l'avantage de l'Académie, il réussit à lui faire accepter une place d’honoraire.….. »

EX plus loin : « M. Le Goux a toujours aimé les arts... Il a manié le pinceau avec avantage... [l a bâti plusieurs maisons agréables dont il a fait les plans et les dessins ; mais son inconstance naturelle les lui faisait vendre aussitôt qu'elles étaient achevées. Elle influait aussi sur ses études et sur ses occupations. Il a cultivé la littérature, fait des recherches sur l'Histoire de Bourgogne, composé des dissertations sur plusieurs sujets ; mais la vivacité de son esprit ne lui permettait pas de rien faire de correct ni de méthodique. On a de lui un roman agréablement écrit, intitulé « Histoire de Laïs », imprimé à Paris en 1756. Ce roman est son meilleur ouvrage : on y trouve du feu, de l'imagination et de la délicatesse ; quelques tableaux sont bien dessinés, mais respirent trop la volupté et présentent des images trop lascives. Aussi l’auteur avait le défaut d’être peu réservé dans ses propos, surtout devant les femmes ; il en avait encore un plus grand, celui de parler trop hibrement de la religion ‘. » (N. /99.)

1. Legouz de Gerland, grand bailli du Dijonnais, né à Dijon 1695, mort 1174. H. : 1762 (Milsand). Elevé au collège de Clermont, à Paris, compléta ses études par des voyages en [talie'et en Angleterre. Fonda le Jardin botanique de Dijon, donna à l'Académie son cabinet d'histoire naturelle et les bustes en marbre des grands hommes de la province, contribua à l’institution de l'Ecole des Beaux-Arts... (v. H.$S., p.66 et 73). Il a écrit : Histoire de Laïs. Paris, 1756, in-12. Essai sur l'hisloire des premiers rois de Bourgogne et sur l'origine des Bourguignons, lu à l'Acad. le 26 nov. 1669. Dijon (Frantin), 1770, in-4. Dissertalion sur l'origine de la ville de Dijon et sur les antiquités découvertes sous les murs bâtis par Aurélien. Dijon, 1771, in-k. Dissertalion sur la cause physique du déluge, 1°* août 1766 (extrait dans le tome [ des Mémoires de l'Acad. de Dijon, p. r1v el suiv.). Essai sur l'Histoire naturelle (30 janv. 1764, thid., t. I, p. #1). EE ptusieurs manuscrits inédits, v. Galerie bourg., H, p. 132-3. Son éloge par Maret (Dijon, Causse, 1774). Le don du cabinet d'histoire naturelle est de 1664, celui du Jardin botanique, de 1770 ; le prix de dessin fut fondé en 1768 (F. Baudot 2#3, 1000839230)

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Cabinet d'histoire naturelle donné par M. Le Goux.

Description de ce cabinet. Le règne animal et le minéral y dominent, et, dans le premier, la classe des poissons. Abondante collection de coquilles, coraux, cristaux et pétrifications diverses. Le tout dans dix armoires grillées, faites par les soins de M. de Ruffey (il a fait les avances du prix qu'elles ont coûté, et prépare un catalogue raisonné).

Remerciement fait par M. de Ruffey à M. Le Goux au nom de l'Académie.

« Ce remerciement fut court, noble, digne du sujet et applaudi des connaisseurs, M. Hoin lui-même fut forcé intérieurement de le trouver bon, mais, dans un accès d'envie, eut l'insolence de dire que ce qu'il y trouvait de mieux était la partie typographique... !

Sur la proposition de M. de Rufley, l'Académie accorda à M. Le Goux le titre de bienfaiteur, qui lui fut donné pendant plusieurs années sur les listes des académiciens, jusqu'à ce que, « soit par une vraie modestie, soit par un raffinement délicat d'amour-propre », il en exigea la suppression.

94 (205) Éloge de M. d'Anlezy, par M. Michaut.

Imprimé dans le tome I des Mémoires de l'Académie, 1769, mais « élagué, corrigé et retouché par M. Maret. »

« Les réceptions se faisaient dans l’ancienne Académie de la manière la plus indécente : celui qui était reçu se contentait de prendre la

1. Le discours de R. avail été imprimé par Causse, in-8, sous ce titre : « Discours de remerciement fait le 30 juin 176% par M. le président de Ruffey, vice-chancelier de: 1 Académie de Dijon, à M. Legoux, au sujet du présent de son cabinet d'histoire naturelle qu'il a fait à l’Académie. » Il est à la Bibl. de Dijon, 20.845.

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