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place qu'on lui indiquait... M. de Ruffey fit à sa réception le premier discours de remerciement ; mais, comme les anciens et les nouveaux Statuts n'avaient rien réglé sur la forme des réceptions, il jugea qu'il était nécessaire de fixer la forme de cet acte académique... »
« Déclamation » de M. Michaut.
«I accusa M, de Ruffey de vouloir détruire la liberté académique, de tenter d'introduire le pédantisine dans l'Académie, et par des traits d'une éloquence poissarde s’efforça de le prouver... »
97 (248) « Quelques cuistres étrangers... »
L'abbé Joly (v. note 31) et l'abbé Jurain. Celui-ci « était plus honnête homme que M. l'abbé Joly, mais aussi ennuyeux. Il était d'un caractère dur et grossier, fruit d'une éducation négligée et d'un manque d'usage du monde. Il s'adonna aux mathématiques, sciences où les esprits lourds et épais réussissent mieux que les esprits vifs et délicats. Il les enseigna à Dijon et dans ce temps devint pensionnaire de l’Académie ; mais, ennuyé des tracasseries qui troublèrent ses commencement{s, 1l donna la démission de cette place. »
Correspondant de l'Académie des Sciences, professeur de mathématiques à l'Université de Reims, puis au collège de Dijon, il rentra à l’Académie sous le titre de pensionnaire vétéran, après avoir vainement demandé qu’on lui accordât, comme à M. Michaut, une place d’honorare.
« M. Jurain a fait imprimer plusieurs ouvrages : une traduction française d'un livre anglais d'Hartley sur les idées, une Logique, peu faite pour apprendre à raisonner juste et clairement. Il a toujours été fort lié avec M. l'abbé Joly ; on est étonné comment sa probité a pu s'accommoder d’un tel commerce !. »
1. P.: 1741 ; V. : 1769 (Milsand, F. Baudot 243). Mort en 1773 (F. Baudot 9). Les titres exacts de ses ouvrages sont : 1° (traduit de Hartley) Explication physique des sens, des idées, etc. {2 vol. in-12, Reims 1755); 2° La Logique, ou l'Art de penser dégagé de la servitude de la dialectique (Paris — Dijon ? Desventes 1765, in-8). La France littéraire cite encore de lui : Avis sur le nouvel ordre que M. l'abbé Jurain se propose de garder dans les leçons de mathématiques (1753, in-#), et Discours sur la vraie manière de philosopher (175%, in-12). V. France littéraire, I, p. 152 et 209.
M. Lance — Histoire secrète. 10
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98 (219) «Une amie du maître de la maison... » (M. Bouillel.)
« Mme d'Enneval, femme singulière dont la vie est un vrai roman. On n'a Jamais su sa véritable origine : on la disait fille d'un musicien nommé Anquetil...; mais plusieurs raisons pouvaient la faire croire fille de M. de Mongey, conseiller au Parlement de Dijon, qui l’amena de Paris en cette ville, où elle a vécu plus de vingt ans avec lui sur un assez mauvais ton. » Avant un talent décidé pour la musique et jouant supérieurement du clavecin, c'est par là sans doute qu'elle charma le gentilhomme de Normandie qui l'épousa, mais l'abandonna bientôt pour aller jouer le rôle d'aventurier en Portugal...
« Si M d'Enneval.. eut de l'esprit, ce fut aux dépens du sens commun... Son étourderie et son bavardage lui faisaient dire et faire des sottises qu’elle s'efforçait de réparer par de plus grandes. Complimenteuse Jusqu'à la bassesse, ses politesses el ses louanges trop banales ne flattaient personne : c'était recevoir de l'encensoir par le nez... Forcée de vivre de manège et d'industrie, elle imagina de donner à Jouer après la mort de M. de Mongey : sa bonté et sa facilité rassembla bientôt mauvaise compagnie... » [Suivent quelques anecdotes
à son sujet.!
« Réponse apologélique » de M. de Ruffey au « libelle » de M. Michaut.
«Le texte de cette réponse élait ce passage de l'Écriture : Cum his qui oderunt pacem eram pactficus ; cum loquebar 1llis, impugnabant me gralis. M. de Rulfey foudroyail dans cet écrit les calomnies et les paradoxes de M. Michaut et faisait sentir l’indécence et la ridiculité de son insolente démarche... Boileau à dit :
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.
M. Michaut trouva cel admirateur dans la personne de M. Dislan l'aîné... » [Portrait de M. Dislan : l'inconséquence même ; une girouette avait plus de stabilité que son esprit. Indiscret et bavard. Il avait formé une bibliothèque de pièces de théâtre et s'était mis en tête d'en faire une lui-même, qu'il se donna le ridicule de faire représenter à Dijon.…..} « On lui offrit une place à l'Académie s'il voulait en devenir bienfaiteur : 11 ne fut pas assez généreux pour l'aceepter et sut mau-
vais gré à M. de Ruffey du peu d’estime qu'il faisait de ses prétendus talents littéraires... ! »
Commissaires nommés pour examiner les mémoires de
M. de Ruffey et de M. Michaut.
«.… M. de Ruffey choisit M. Gelot, qui pensait bien alors et paraissait attaché à ses intérêts et à ceux de l'Académie ; M. Michaut choisit M. Guyot... » Celui-ci en voulait à M. de Ruffey d'avoir revu et corrigé avec une juste sévérité un discours sur les avantages de l’adversité, que M. Guyot avait promis de lire à une séance publique de l'Académie et qu'il avait bâclé en huit jours.
« Après de grandes discussions, où le sieur Guyot dit beaucoup d’impertinences, il fut décidé que le projet de M. de Ruftey était bon, mais réformable en quelques articles, et qu'il serait nommé un plus grand nombre de commissaires à dessein de former un règlement fixe à ce sujet ; ce qui fut exécuté. Ce règlement roula aussi sur les disputes entre académiciens. »
102 (227) Lettre « détaillée » à M. IHoin.
« M. de Ruffey faisait dans cette lettre l'histoire véridique de toutes les sottises de M. Hoin à l'Académie, lui reprochait son ingratitude et son orgueil, lui conseillait de prendre du moins sa légitime dans la modestie de son père, lui faisait entrevoir les inconvénients de l'orgueil, qui avait perdu Lucifer et M. Varenne... »
1. François Thomas d'Islan, né en 1717, fils de Nicolas Thomas, le directeur de l'Académie, petit-fils de François Thomas, conseiller, qui en 1690 avait hérité de la bibliothèque de M. Chevanes, avocal et secrétaire du roi en la chancellerie de Dijon. En 1752 M. d'Islan fit vendre à Paris 77 manuscrits de celte bibliothèque, dont la plupart furent achetés par M. de Migieu (Omont, Un bibliophile bourguignon au XVIIIe siècle, Paris, 1902, p. 3-4). Quant à la pièce de théâtre dont parle ci-dessus Ruffey, c'était une pièce en un acte : Les Illusions de l'amitié. Elle fut jouée à Dijon le 2 mars 1758, mais, quoique bien jouée, dit Claude Micault, ne réussit pas (Mercure
dij., p. 143).
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103 (229) « Le plus grand sol de l'Académie. »
M. Guyot. « Voici ce qui le regarde dans la lettre de M. de Rufley à M. Hoin : « Pour le sieur Guyot, vous avez été témoin de ses insolences à mon égard dans l'affare de M. du Terrail et en plusieurs autres occasions, C’est un des plus petits ennemis de l'Académie ; le chagrin d'avoir échoué dans la conjuration Michaut vient d'augmenter sa pulmonie et, suivant l'avis de la classe de médecine, nous délivrera bientôt de sa fadeur et de ses platitudes. » M. Hoin avait perdu la tête, de montrer à M. Guyot la lettre en question...
« Une véritable conjuration... »
Elle était composée de M'° Hoin, Michaut, Raudot, Fournier et Guyot. M. Hoin en était le chef.
105 (256) « Des femmes même... »
« Me d’'Auxilly, quoiqu'autrefois amie de M. de Rulfey, dont même il avail élé très amoureux dans sa Jeunesse, protégea les conjurés en faveur de M. Michaut pour qui elle s'intéressait ; elle séduisit M. Rousselot son gendre, un des directeurs, et le força d'embrasser leur paru.
Cette femme, autrefois fort Jolie et encore plus coquette, tira parti de sa beauté pour faire des dupes qui pussent fournir à son goût pour la dépense et les ajustements... Sa table était des plus délicates ; elle tâchait d'y attirer bonne compagnie. Son mari fermait les yeux et s'était fait une habitude d'être commode, ce rôle lui devenant utile dans la modicité de sa fortune.
Me d'Auxilly passait pour avoir peu d'esprit ; elle n'en manquait cependant pas dans le tête à tête, où elle s'était fait un jargon séduisant. M. de Ruffey fitconnaissance avec elle, la trouva aimable et l'aima sans prétention : il était trop jeune et trop novice pour en avoir. Mr d’Auxilly se servit de lui pour rallumer l'amour d’un financier libéral et exciter sa jalousie. M. de Ruffev se lassa de jouer ce rôle et se délacha de cette femme, qu'il avail aimée de trop bonne foi. Klle
quitta cet amant, qu'on nommait M. de Baugé, après l'avoir à demi ruiné... Ayant augmenté el assuré sa fortune, elle épura ses sentiments et visa au bel esprit. Le président Bouhier, quoique déjà fort âgé, conçut pour elle une bellé passion qui dura plusieurs années. L'âge lui ayant enlevé ses agréments, elle s'attacha M. Michaut en qualité de complaisant et de bel esprit ; elle le fixa par l'espérance d'un dîner. quotidien...
M" de Montaugé s'intrigua beaucoup aussi pour nuire à l'Académie et contrartér les projets patriotiques de M. de Ruffey, quoique sa proche parente et qu’elle lui eût l'obligation de la remise d'une succession de cent mille francs qu'il avait faite à son mari. Mais l'amour de sa santé l’'emporta sur la reconnaissance : M. Raudot, un des conjurés, était son médecin ; il la sollicita vivement d'employer son crédit auprès de M. de Fontette, vieux galant de celte dame, pour faire réussir la conjuration. [Celui-ci, à son lour, essaya d'y gagner M. Fleutelot.
M®° de Montaugé avait l'esprit d'une hauteur et d'une aigreur insupportable... Elle était la plus ennuyeuse de toutes les femmes par l'usage où elle était de parler toujours d'elle-même et de dire les choses les plus triviales et les moins intéressantes avec un ton d’emphase et d'importance... Aux défauts de son caractère elle Joignait une bassesse d'âme et un intérêt sordide qui influaient sur toutes ses actions : elle refusait le nécessaire à ses enfants else montrait si mauvaise joueuse qu'on eût dit qu'elle jouait pour gagner sa vie...
Pour ne pas rester fille, elle fut obligée de se rabattre sur un cadet de famille... Malgré les obligations qu'il lui avait de sa fortune, il fut forcé de recourir à des moyens violents pour domptler el corriger son humeur trop impérieuse. La jalousie de son mari, qui n'était pas sans fondement, eut grande part à leur mauvais ménage et à la satisfaction qu'elle eut de devenir veuve. »
106 (270) « La plus indiscrèle des femmes... »
Mn d'Enneval (v. note 98). Elle mourut peu après, en regrettant d'être entrée dans la conjuration contre l'Académie.
107 (241) « Un académicien lui rendit visite... »
M. Trullard, arpenteur de la maîtrise de Dijon. Il s'était aliéné M. de Champrenaut, maitre particulier de Dijon, pour n'avoir pas
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voulu se prêter à certains arrangements {« la probité n'est pas la vertu ordinaire des officiers des maitrises »), et M. de Marisÿ, grand maître des eaux et forêts en Bourgogne, « probablement de part avec lui dans toutes les friponneries qui se faisaient ». Interdit par ce dernier, il en appela au Parlement, qui cassa l'ordonnance ; et M. de Champrenaut dut vendre sa place !.
« Si le projet des conjurés avait pu réussir, l'Académie serait retombée dans le néant. Tous les gens de distinction l’auraient abandonnée pour n'être pas présidés par un polisson... M. de Ruffey sauva l'Académie comme Cicéron avait sauvé Rome en découvrant la conjuration de Catilina. »
109 (26) « M. de Ruffey alla voir... un des directeurs... »
L'abbé Bureau de Livron, conseiller clerc au Parlement, directeur triennal de l'Académie, « honnête homme et de bonnes mœurs, mais d'un esprit des plus bornés. Il était grivois et gros plaisant et grand faiscur de mauvaises pointes dont il amusait la société, n'avant rien de mieux à lui offrir... Il avait pris le parti de se conduire par les lumières de M. Fleutelot 2... »
140 (247) « Un des séducleurs de celui-ci. »
M. Bouillet (v. note 60).
1. Trullard, A.1761:;: N° 479. Mort 1780 (Milsand, FR. Baudot 243: f. 46). Le 1°" vol. des Mém. de l'Acad. contient de lui une « Dissertation sur une nouvelle manière de faire les aimants artificiels » (p. 66). M. Champrenaut (lauteur du Mercure dijonnais écrit Chanrenaut) passa aux Iles vers 1777, devint procureur du roi d'une sénéchaussée et de l’amirauté de S't-Domingue, et mourut vers 1785 (Mercure dij., p. 107, note).
2. Jean Léonard Bureau de Livron, né en 1705, chanoine de l'église cathédrale de Chalon-sur-Saône. Conseiller clerc 1745 (Des Marches, p. 64). Mort, sans doute, en 1765 {el non 1745, comme limprime Des Marches) ; directeur de l’Acad. en 1763 (F. Baudot 2%3, f. 26 ; el non 1764, comme le dit Milsand), remplacé en 1766 par Gauthier (Milsand, Notes et documents, liste des directeurs), £
1144 (279) « Un académicien dont il connaissait la faiblesse. »
M. Chardenon. « M. Hoin l'avait séduit autant par de beaux mensonges que par son ton important et impérieux. »
112 (251) « Un des plus zélés... »
M. Gelot (v. note 28).
« M. de Rufley.….. avait eu quelque dessein de faire élire M. de Brosses chancelier, parce qu'il avait remarqué qu'il avait envie de l'être... Mais l'absence de M. de Brosses l'obligea de prendre un autre parti !... »
114 (254) Quatre directeurs présents à l'assemblée :
M. Fleutelot, l'abbé de Livron, M. Colas et M. Rousselot.
M. Colas, avocat général, était « un homme froid, plat, fade et peu spirituel, qui passail une partie de son temps à faire de la tapisserie et du filet chez des bourgeoises... » Médiocre orateur, « il ne craint pas de piller M. Daguesseau et les autres écrits des grands maitres ». …Assidu aux séances de l’Académie pendant la première année qu'il y fut directeur, «il s'ennuya de n'y rien comprendre et cessa d'assister aux assemblées ordinaires ? ».
M. Rousselot, maire de Dijon et en celte qualité cinquième directeur, avait succédé à M. Marlot. Fils d'un bourgeois gentilhomme, qu'on appelait le marquis Rousselot, et mari d’une femme chez qui l'art wâtait les dons de la nature, « M. Rousselot fil peu parler de lui tant qu'il ne fut que maître des comptes ; mais le crédit de M. le
4. Le président de Brosses deviendra vice-chancelier de l'Acad. en 1770, à la place de Ruffey, et chancelier en 1772, à la place de Poncet de la Rivière.
2. Élienne-Henri Colas (1732-1799). Avocal général, 1753. Entra dans les ordres en 1784 et devint doyen de Vézelay (Des Marches, p. 175). Il avait succédé, comme directeur, à Quarré de Quintin.
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comte de Vienne, amoureux de sa femme, lui ayant procuré la place de maire de Dijon, il eut l’occasion de développer ses talents, d'avoir des vues utiles et de les remplir à la satisfaction du public ». Estimé du prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, « il obtint la place utile de secrétaire des États de Bourgogne !».
115 (255) Réclamation des directeurs contre ‘les nouveaux statuts.
L'Académie s'en trouva bien. « En abolissant les nouveaux statuts, ils mirent l'Académie dans l’heureuse nécessité d'en refaire d’autres, beaucoup plus avantageux à cette compagnie et presque destructifs de l'autorité des directeurs... »
116 (258) Proposition parliale et captieuse décidée en faveur de la cabale.
I s'agissait de diminuer le nombre des voix contraires à M. Michaut. C'est ainsi que ies voix de MM. Picardet frères ?, et celles de MM. Maret, onele et aeveu, ne furent comptées que pour deux voix...
4. Nicolas-Claude Rousselot, maître ordinaire à la Chambre des Comptes depuis 1745, vicomte-mayeur de 1763 à 1770 ; secrétaire én chef des États de Bourgogne en 4770. (Mercure dij., p.170, note; cf. Armorial de la Ch. des Comples, p. 271.)
2. Claude Picardet, né à Is-sur-Tille en 1727, conseiller à la Table de marbre à Dijon ; À. :1756; P. : 176% (Milsand). C’est lui que Voltaire voulut faire passer pour l’auteur du Droil du Seigneur, quand il eut renoncé à faire endosser à Legouz la paternité de cette comédie (v. les lettres à Damilaville, 24 août 1761, et à d'Argental, 7 septembre ; il écrit dans cette dernière : « J’ai demandé à M. de la Marche » fle président Fvot de la Marche, dont Legouz était parent) « le nom de quelques académiciens de Dijon mes confrères ; il m'a nommé un Picardet. Picardet me parait mon affaire. Je veux que Picardet soit l’auteur du Droit du Seigneur. Picardet est mon homme! Voici donc la préface de Picardet; puisse-t-elle amuser mes anges ! » (éd. Beuchot, LIX, p. 591). À l’Académie de Dijon il lut notamment un Poème géorgique, en six chants, sur les Fleurs, et un mémoire, imprimé dans les Mém. de l'Acad., €. IE, p. 130: nb sur les écoles où l’on enseigne l'art du dessin (30 juillet 1767). Enfin en 1784 il fut nommé directeur du Jardin botanique (F. Baudot 243, f. 54).
Henri-Claude Picardet, né à Dijon en 1728, chanoine de l'église S sain(- Jeans AMMTICREPES 1763 : V.:1786 (Milsand). Écrivit ous ouvrages sur éducation (Dijon, 1756 et 1763); son Histoire des deux Abd Enunes est un roman moral destiné à l'instruction de la jeunesse. Avait entrepris la
Un directeur, ami de M. Michaut :
M. Rousselot.
118 (264) Il y eut six voir pour M. Michaut :
MM. Rousselot, Bouillet, Hoin, Guyot, Raudot et Fournier. 11920267)
« M. Michaut n'osa se montrer pendant plusieurs jours ; son aventure... fit l'amusement de toute la ville : on ne l’appela plus que le président Michaut... On le chansonna malignement... » [Suivent trois chansons, qui plurent, dit R., par leur naïveté et leur vérité, et qu'il commente avec complaisance : nous n'avons pas les mêmes raisons de leur être si indulgents.] « 11 parut une autre plaisanterie ingénieuse au sujet des troubles de l'Académie, qui caractérisait parfaitement ceux qui les avaient excités. Elle était intitulée : Extrait des observations météorologiques faites par l'Académie de Dijon:en l’année 1764 :
Vents qui ont soufflé contre l’Académie :
LAIT ONE EE sr M. Hoin.
Le vent de traverse.......... M. Raudot.
Fébventidessalennerr mer M. Michaut.
Éeventduiponent 20%" .: M. Guyot.
Fe NeUtICOUNIS PER MENNES M. Fournier.
Éezéphrescr Re re M. Bouillet, »
M. le marquis de la Tour du Pin, commandant en Bourgogne.
« Il est d’une maison qui prétend descendre des anciens dauphins du Viennois, dont elle porte les armes écartelées avec celles de La
Grande apologétique, où réfutation de toutes les hérésies ; mais sa mauvaise santé lui fit abandonner cet ouvrage. Prieur du village de Neuilly (les-Dijon), y avait fondé un prix de vertu, « institution qui, pour un autre sexe, rivalisait avec la cérémonie de la rosière ». (Girvault, Essais sur Dijon, p. 906.
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Tour. Le Parlement de Dauphiné a refusé d'autoriser cette prétention. Son père, qui portait le nom de La Charce, avait épousé une Choiseul et demeurait en Bourgogne dans sa terre de Fontaine-Française... » Ayant peu d'ordre et de conduite, il laissa à ses enfants la fortune la plus médiocre. L'ainé, dont il est ici question, « était d'une belle figure et, joignant à un nom distingué des talents et du mérite, épousa M'e Bertin, dont la dot a monté à plus de soixante mille livres de rente... » Le prince de Condé, qui l’aimait, « lui a écrit des lettres où il développe ses connaissances dans l'art militaire et la bonté de son cœur, qualité rare dans les princes... M. de la Tour du Pin a beaucoup d'esprit naturel, qu'il cultive par l'étude et la lecture des bons livres
.« M. Amelot (intendant), quoique fils d'un ministre d'État, n'avait rien que de médiocre dans l'esprit et la figure. Il aimait les plaisirs et avait peu d’acquis et d'expérience ; un bon secrétaire et un bon cuisinier lui étaient plus nécessaires qu'à un autre intendant pour le faire passer : aussi avait-il su se pourvoir de ces deux passeports ?. »
122 (278) « L'éloquence de leurs discours... »
Celui de M. Amelot « fut trouvé si bon qu'on Jugea qu'il n'était pas de lui, mais d’un de ses secrétaires... »
« I eût été absurde de proposer à quelqu'un de donner gratuitement à l'Académie une somme quelconque : il fallait attacher à cette libéralité un objet de gloire qui flattät délicatement l'amour-propre du donateur... M. de Rulfey s'adressa à M. le marquis du Terrail, son parent, homme riche et généreux, dont il connaissait le goût pour les Lettres et les Sciences, qu'il cultivait avec distinction. I] lui proposa, à l'exemple des La l‘orce, des Villars, des Tallard, des Belle-Isle et
1. H.:1765 (Milsand). Maréchal des camps et armées du roi, commandant en chef en Bourgogne de 1765 à 1789. Sa femme était la fille de Bertin le riche trésorier des parties casuelles, {Mercure dij., p. 186.
2. Amelot de Chaillou, intendant des provinces de Bourgogne, Bresse et Bugey, H. : 9 août 1765 (Milsand).
autres, de fonder dans l'Académie de Dijon, patrie de son père, un prix à perpétuité, dont la distribution annuelle renouvellerait à jamais aux yeux de la postérité la générosité du fondateur et la reconnaissance de l'Académie. M. du Terrail goûta ce projet, mais en remit l'exécution... »
Il était fils de M. Durey de Sauroy, trésorier de l'extraordinaire des guerres, qui d'un mariage secret, puis déclaré, avec Mie d'Estaing, avait eu deux enfants : une fille, qui épousa le duc de Brissac, depuis maréchal de France, et un fils, le marquis du Terrail. Celui-ci, « après avoir servi avec distinction en qualité de capitaine, fut fait colonel du régiment de la reine et par son mérite est parvenu au grade de maréchal de camp. Il avait épousé Mie de Guébriant, dont il a eu plusieurs enfants morts en bas âge ; il épousa en secondes noces Ml: de Crussol Montausier, dont il n'a pas encore de postérité ».
Beaucoup d'agrément et de délicatesse dans l'esprit. A fait de la poésie et même des pièces de théâtre. M. de Rulfey craignait que l'abbé Le Blanc, fort lié avec M. du Terrail, pour se venger du refus qu'on lui avait fait du titre d'honoraire, ne travaillât à ralentir son zèle etsa bonne volonté. M. du Terrail fut flatté de recevoir ce même titre : il envoya à l'Académie plusieurs de ses ouvrages qui y furent applaudis et entama avec elle une correspondance. Un lot de 80.000 francs, qu'il gagna à la loterie de la Compagnie des Indes, acheva de le décider. Agréable surprise faite à l'Académie par M. de Ruffey, lorsqu'il porta à sa connaissance la dibéralité de M. du Terrail ; seul M. Michaut ne sut que balbutier et donna les marques du plus vif saisissement.
« L'acte de fondation d'un prix annuel de 400 fr., faite par M. le marquis du Terrail et dame de Crussol d’'Uzès Montausier son épouse, fut passé à Paris le 9 avril 1766. En reconnaissance de cette donation, l'Académie délibéra d'accorder à l'aîné de la famille de M. du Terrail une place d'honoraire, (ant que la branche des descendants de Pierre Durey, son aïeul, subsisterait !... »
{. Durey, marquis du Terrail, maréchal des camps el armées du roi, el son lieutenant général dans le Verdunois (France litt., 1, p. 86) H. NX. R.: 23 avril 1762 (Milsand). Mort en juin 1770 (F. Baudot 243, f. 35}. Le 1er vol. des Mém. de l’Acad, contient (p. 361) les « vers adressés à M. le marquis du Terrail sur le lot considérable qu'il a gagné à la Ci* des Indes, par M. de Ruffey. » La Table des registres, F. Baudot 9, donne les titres de ses ouvrages. Citons : Le masque, roman (1750, v. France lillératre, [I pe 382); La princesse de Gonzague, roman (4756, chid., I, p. 476), Lagus, tragédie (imprimée el non représentée, 1754, tbid., 1, p. 413), Projet relatif à la noblesse de France (Paris, in-4). En 1763 il envoya à l'Académie un ballet héroïque en trois actes, avec prologue : Les effets de l'amour el de l'amilié. Maret lut son éloge à la séance du 18 août 1774.
M. de Ruffey proposa, lors du choix des sujets de prix, de choisir trois sujets et de laisser à M. du Terrail le choix définitif. M. Guyot l'accusa de vouloir se rendre maître du prix. Il proposa encore d'envoyer une lettre circulaire à toutes les académies du royaume pour leur faire part de cet événement : cette proposition passa de si mauvaise grâce qu'il dédaigna d'en profiter. Enfin M. Maret « témoigna la plus grande répugnance à publier le bienfait de M. du Terrail dans la première séance publique, ainsi que dans les journaux. Il en agit de même en publiant l'Histoire de l'Académie : il fallut que M. de Ruffey lui parlàt et lui écrivit avec la plus grande vivacité et fit agir l'Académie pour l’obliger à faire part au publie de la reconnaissance de ce corps envers M. du Lerrailti
125 (280) « Les femmes méme voulurent s'en méler... »
« Me de Montmort, femme respectable, mais plus opiniâtre que spirituelle, embouchée par M. de Fontette, déclama contre l'abolition de l'ancien prix sous prétexte de sa parenté avec le fondateur, qu'elle n'avait Jamais vu ni connu. »
126 (281) Un magistral qui en jugeait sur le rapport de M. Fleutelot…
M. Fyot de la Marche Neuilly, d'abord garde des sceaux de la chancellerie de Dijon, puis ministre plénipotentiaire vers la république de Gênes. Il avait « des mœurs, de la probité, de l'esprit et des connaissances ; mais son esprit scrupuleusement minulieux le rendait peu propre aux affaires. » Affable et poli, mais cérémonieux à l'excès ; d'ailleurs d'une humeur sauvage qui le dérobait souvent au commerce de ses amis pendant plusieurs semaines. Une sévérité pédantesque le faisait plus craindre qu'aimer de sa femme et de ses enfants ?.
1. Voici en quels termes Marel, dans son Histoire de l'Académie, parle du legs de M. du Terrail : « M. Durey, marquis du Terrail, philosophe généreux et patriole éclairé, non content de cultiver les lettres avec succès, a voulu contribuer encore à leur perfection. Il connaît les bons effets que peut produire l'émulation et s'est associé à la gloire du fondateur de cette académie en fondant, de concert avec Mme de Crussol d'Uzès de Montausier, son épouse, un prix de 400 livres » (Mém. de l'Acad., 1, p. xxxvin).
2. Jacques-Philippe Fyot de la Marche, seigneur de Neuilly (et autres