‹ Histoire secrète du gouvernment AutrichienChapitre 15 sur 36 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

LE COMTE TÉKÉLl. INVASION DE L AUTRICHE PAR LES HONGROIS ET LES TURCS ; SIÈGE DE VIENNE. •

Cependant) le jeune comte Tékéli avait Hait ses premières armes dans les rangs des patriotes. Vers la fin de Tannée 1677, il leur amena deux mille hommes, et prit, en passant, la ville de Nagibania, que les impériaux avaient abandonnée. Ce nouveau champion était ua homme distingué sous tous les rapports : sa haute taille, sa belle figure, son esprit, son agilité, sa bonne grâce fixaient l'attention, prévenaient* en sa faveur. A ces dons naturels, au courage , au sang - froid , il unissait une expérience précoce : grandi dans l'infortune elle Tessentiment,il avait fait, dès sa plus tendre jeunesse, le dur apprentissage de la vie militaire. Il connaissait et parlait avec la même facilité le hongrois, le latin, l'allemand et le turc. Des biens immenses que sa famille possédait dans la Hongrie septentrionale et dans la Transylvanie, les derniers n'avaient pu être saisis par Léopold et lui assuraient l'influence toujours précieuse d'une grande fortune. Sa conception rapide, son esprit organisateur, une fermeté de caractère

indispensable au milieu des batailles, le destinaient à exercer partout un ascendant irrésistible.

Dès qu'il parut sous les drapeaux hongrois, il devint l'objet de toutes les espérances. Il n'avait que vingt et un ans lorsque la retraite de Teleky, par suite de son désaccord avec les capitaines français, détermina les proscrits à le nommer leur général en chef. Son premier soin fut d'augmenter ses forces, de pousser la' guerre avec une ardeur nouvelle et des moyens décisifs. Une proclamation appela aux armes tout individu capable de tenir une épée ou un ftisil ; les bandes éparses, qui coiAbattaient sans discipline, eurent ordre de le rejoindre. En très-peu de temps, viugt mille hommes accoururent, el des pelotons ralliaient sans cesse l'armée de l'indépendance. Tékéli voulut diriger seul ces masses belliqueuses, sachant bien que la décision, l'unité, la rapidité sont indispensables dans les luttes sanglantes.

Les milices qu'il commandait se trouvaient alors bien supérieures en nombre aux légions impériales. Le jeune chef parcourut triomphalement tout le nord de la Hongrie, toute la chaîne des Carpathes. Les villes s'empressaient de l'accueillir, l'aidaient à chasser leur garnison, ou lui ouvraient leurs portes après un simulacre de résistance. Immobile dans un camp retranché, non loin d'Éperies, le général Wûrben n'osait tenter le sort des batailles avec une armée trop inférieure. Il laissait ravager la campagne autour de lui, jusque sous les murs de Kaschau, et regardait d'un œil morne la fumée des incendies par lesquels les Hongrois signalaient leur marche. Bien-

tôt les émigrés fondirent sur Kremnitz, ville que les mines d'or et d'argent exploitées dans le voisinage rendaient importante, et s'y installèrent sans peine. Outre les lingots, ils y trouvèrent cent quatre-vingt mille ducats de métal monnayé, ce qui leur fut d'un grand secours. Par les vallées des quatre fleuves hongrois, ils dominaient le chemin des plaines et menaçaient déjà Presbourg, quand Léopold conclut un armistice avec eux ; mais les négociations qu'il entama n'étant pas conduites avec sincérité, n'amenèrent point la paix. La guerre recommença plus effrayante qu'auparavant. Les excès de tout genre qui s'y commirent ne tardèrent point à faire éclater la peste, et le mystérieux'fléau joignit ses ravages aux destructions des hommes. Pendant quatre années, la malheureuse Hongrie endura de telles souffrances que le tableau seul en révolte l'imaginatipn. Quel effet devaient-elles produire sur les contemporains? Quels remords ces calamités inouïes auraient dû faire naître dans l'âme des persécuteurs, s'ils avaient été capables de pitié! Les jésuites, les conseillers de Léopold, demeurèrent impassibles comme les sphinx du désert.

En 1682, le chef des mécontents se ligua donc avec les Turcs, pour abattre enfin l'orgueil et punir la cruauté de la maison d'Autriche. Le grand-vi^ir Kara-Mustapha, d'une part, Emeric Tékéli, de l'autre, firent des préparatifs effroyables, mirent sur pied ' trois cent mille hommes, et le fanatique- empereur trembla dans les murs de Vienne.

Dans l'hiver de 1682-1683, les hordes musul-

mânes se rassemblèrent à Andrinople. Il en arrivait deTAâie, de TAfrique, des extrémités de l'Empire. Mais l'Europe fournissait le contingent le plus redoutable, les janissaires et les Kalmouks. On sait au juste quel était l'effectif de l'armée, d'après le rôle trouvé dans la tente de Kara-Mustapha. Deux cent soixante mille hommes de troupes régulières finirent par camper autour du belliqueux vizir. Un nombre immense de pourvoyeurs, de valets, de chameliers, accompagnaient cette foule bruyante aux costumes splendides.: Le Grand-Seigneur lui-même arriva bientôt, environné d'une pompe extraordinaire. On concevra son luxe quand on saura que cent voitures portaient les femmes du sérail.

Après un pluvieux hiver, le sultan accompagna l'armée jusqu'à Belgrade, où il arriva le 12 mai. Soixante mille hommes la rallièrent à Esseg, sous la conduite de Tékéli : trente-trois mille Hongrois, douze mille Tartares, quinze mille spahis et janissaires de la Hongrie mahométane composaient ce renfort, qui seul aurait pu effrayer TAutriche. Quarid elle eut dépassé la frontière, la belliqueuse multitude s'avança comme une trombe, exerçant partout d'effroyables ravages : elle incendiait les maisons, coupait les arbres, massacrait les hommes, capturait, pour les vendre, les jeunes filles et les enfants. Des colonnes de flammes et de fumée signalaient en tous lieux son passage.

Quelles forces pouvait opposer l'empereur à une si terrible invasion? Léopold n'avait sous les armes que trente- trois mille soldats commandés par un gé-

Déral français, l6 brave et habile Charies de Lorraine. Dans mie diète tenue à (Xdenbourg, les magnats dévoués à l'Autriche avaient promis que \e peuple hongrois se lèverait en masse : il leor fut difficile de recruter trois mille hommes. Une partie de ces troupes dut former les garnisons de Raab^ Komorn, Léopoldstadt. Le reste, c'est-à-dire environ douze mille fantassins et onze mille chevaux, alla se poster au sud-ouest de la première ville, épiant rapproche d'un ennemi tellement supérieur en nombre que sa force rendait absurde tout espoir de résistance.

Le vizir laissa l'armée autrichienne à sa gauche, et alla mettre le siège devant Raab, pour suivre l'avis de son conseil de guerre; mais ce fut une sim{rfe démonstration, car il aurait voulu marcher droit sur Vienne, et saisit la première occasion venue d'effec-» tuer son dessin. Charles de Lorraine, qui le surveillait, détacha son infanterie vers la capitale par l'tle de Schutt, terrain spacieux qu'isolent deux bras du Danube. Engager ces troupes dans une lutte aurait été les conduire à la boucherie : mieux valait cent fois les abriter derrière les murs de Vienne et renforcer la garnison. Lui-même se retira lentement avec la cavalerie, par Altenbourg et Kitsee. Mais, non loin de Petroneil, un détachement de quinze mille Tartares l'assaillit à Timproviste. Frappés de terreur, les Allemands rompirent leurs lignes : beaucoup d'entre eux prirent même la fuite. Les Kalmouks enlevèrent aussitôt une partie des bagages, notamment la vaisselle plate, que le duc de Saxe-Lauenbourg, le

du6 de Croy et le général Caprdra traînaient après eux, suivant Thabitode de Tépoque. Charles de Lorraine et son état-major, désespérés de cette catastrophe, se jetèrent au milieu de leurs troupes, et, par leur énergie, leur activité, leur sang-froid, parvinrent à rétablir Tordre. Les Musulmans furent d'abord tenus en échec, puis vaillamment repoussés ; mais un jeune duc d'Aremberg et Louis de Savoie, firère aîné du célèbre prince Eugène, restèrent morts sur le champ de bataille. Le détachement victorieux dut continuer sa retraité.

Le jour même, quelques fuyards atteignaient la capitale et répandaient le bruit que les infidèles avaient exterminé tous les régiments autrichiens. Léopold, conseillé, dit-on, par un de ses ministres, résolut immédiatement d'abandonner la ville; sa seule préoccupation fut d'accélérer son départ. L'auguste évasion commença le soir, à huit heutéîJ. L'impératrice, Éléonore de Neubourg, qui se trouvait dans une situation intéressante, accompagnait l'empereur avec l'héritier présomptif de la couronne, alors âgé de cinq ans, les conseillers auliques et tout le personnel de la cour. La camarilla tremblante avait été, les larmes dans les yeux, prendre congé du bourgueniestre Liebenbeï^. L'immense cortège traversa le Danube pour suivre la rive gauche, et se dirigea vers Linz. Deux cents cavaliers galopaient autour du carrosse impérial. L'eflfroi du monarque ayant gagné toute la noblesse, toute la bourgeoisie, sauf quelques exceptions, les hautes classes ne songaient qu'à fuir. Pendant six heures, les voilures qui emportaient l'a-

ristocratie viennoise défilèrent sur le pont du Danube. Un certain nombre de personnages, préoccupés uniquement de leur salut, ne prenaient rien avec eux; d'autres surchargeaietit leurs véhicules, et, dans leur frayeur, poussèrent tellement les« chevaux que les malheureux quadrupèdes tombèrent morts. Surpris par les Turcs, ces avares perdirent leurs biens avec la vie. Tous ceux qui se dirigeaient vers le sud éprouvèrent le môme sort. En deux jours, soixante mille personnes abandonnèrent la ville. Comme il n'y restait plus aucun moyen de transport, bon nombre d'hommes timides furent contraints de se résigner, d'attendre l'ennemi dans la prière et les Tarmes. Tels étaient les sentiments d'héroïsme quelesHabsbourgs savaient propager autour d'eux (!)•

A sa première étape, dans la petite ville de Korneubourg, la famille régnante put voir au loin les flammes déwrer le nionastère des Camaldules, situé sur le Kahlenberg et incendié par des fourrageurs turcs. Séparée de ses bagages, elle eut peine à se procurer assez d'œufs pour déjeuner, tant la confusion était grande. Le deuxième jour, elle atteignit Krems au milieu de transes perpétuelles : des escadrons tartares pillaient la campagne avec une audace inouïe ; les paysans s'attroupaient sur le passage du monarque et lui adressaient les plus insultants reproches. Le lendemain de son départ, le prince CKarles de Lorraine entra dans la ville, à la tête de la cavalerie, au son des trompettes et des cymbales; son

(1) Mailath^ Geschichte der stadt Wim, pages 192 et 193,

arrivée, le secours qu'il amenait, relevèrent le courage abattu des Viennois. Peu de temps après, le trésor impérial fut embarqué sur le Danube et conduit à Linz.

Le 12 juillet, toutes les forces turques parurent en vue de la capitale. Les flammes, qui se rapprothaient et formaient presque un cercle autour de la ville, annonçaient depuis quelques jours leur arrivée. Le 1 3 au matin, les spahis s'avancèrent en demi-lune, cernèrent Vienne au Sud et à rOuest.Comme midi sonnait, un fort détachement arriva jusqu'aux faubourgs. Starhembere, le gouverneur, avait tout préparé pour y mettre le feu ; il donna l'ordre de les livrer aux flammes, et dirigea en même temps une vive canonnade contre les Turcs. Toutes les constructions suburbaines furent sacrifiées, malgré l'importance de quelques-unes; mais ce sacrifice nécessaire faillit causer la ruine de la ville. Un fort vent d'Ouest poussa tout à coup les flammes vers l'enceinte de palissades et vers les monceaux de poutres accumulés derrière,* jusqu'aux murailles; une activité prodigieuse put seule les empêcher d'atteindre les maisons. Le soir de ce même jour, l'infanterie du prince Charles entra dans la ville par le Nord.

Le matin du 14, le soleil levant éclaira les vingtcinq mille tentes qui formaient le camp des Infidèles. On remarquait dans le milieu, à son éclat et à ses dimensions, la tente du grand-vizir. Elle était verte et contenait plusieurs salles pour les repas, le sommeil, la prière, les fêtes, les délibérations ; de riches tapis en couvraient les parois et le sol ; on y voyait

des foBlaiB68 jailljisswtes^ de^ baias, une mém^Gne, un {)arterre ; }a soje^ le velours» l'or et l'argeot y brîlisiiwi ^n profusion ; les diamwits «eit l^s perjles^ qai en brodaient quelques parties, valaient un million de florins. L^ nième luxe distinguait les tentes dressées powl^ga des janissaires» tes principaux émirs d'Ëur rope, d'Asie et d'Afrique, les hospodars des provinces danubienne^, le vaïTode de Transylvanie^ et^ enfin, pour le p^-emier instigateur de cette foraiidable expédition, Emeric Tékéli.

Ge «peotacle répandit dans }a vaUc ^inq^iétude .et reiFroi;. La garnison, supputée bcmune par honw^^ ne formait que vingt et un mille neuf c^nt soixante combattants. Tous c^ux qm poi^vaiant porter les .^rmes s'étaient cependant unis aux-itooupies irégulièités,. Les étudiants composaient uiie légion de sept cents miiitciens, commandée par le recteur de l'Université. La bourgeoisie supérieure avait fourni deux mille huit cent trente-deux volontaires; les cQrdon,niers, les .hôteliers, Jes bouchers «et brasseurs^ les divers états enfin, des bataillons proportieiûnés à leur impoEtanoe. Les serviteurs de la couir, en fonctions ou en aretradte., réunirent sôus îles drapeaux un corps de mille individus. Mais ces contingents étaient la Iwblesse même, en cosaiparaison des forces qui bloquaient la ville, les Turcs .ayant une armée seize fois plus^ncmibreuse.

Dès le commencement de l'année , cependant , on avait pris des mesures, euisouvwir du.siége de 4529.. Un impôt du c^tième avait été mis sur la wblesse et le clergé. Chaque maison, dans Yienne et dans la

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banlieue ^ avait xlù fournir un homme pour travailler aux fortifications. Il était enjoint à chacpie faabiiaat de se procurer des vivres pour wae année entière, sinon d'aller demeurer .ailleurs. On avait nivelé Jes buttes , rasé les monuments qui dominaii^t la ville, fait préparer 30,000 pieux à palissades. L'anivée des barbares stimula le zèle et augmenta l'activité de la population. Elle s'élança vers les remparts. Le boufr* guemestre Liebenbe^^g donna l'exemple , et roula «m des premiers une brouette pleine déterre. Dès le 46, deux cents pièces de canon hérissèrent les m^orailles. Les juoinesâbandonnaient leurs couvents, négligeaient leurs psaumes, pour -mettre la main .à l'oeuvre, (ki eût dit l'équipage d'un navire battu par la temf^ète et menacé d'une ruine prochaine. Toutes les toitures en bardeaux furent démolies, quatre cents bourgeois enrôlés pour éteindre les incendies qu'allumeraient les bombes et obus. On enterra la poudre dans des caveaux^ dans les cryptes des églises, et on mur^ toutes les ouvertures qui n'étaient pas absolbument indii^ensables. Les jésuites, se reiayimt à tour de rôle 9 entretinrent nuit et jour deux vedettes dans la cathédrale, )pour observer les mou^nents de l'ennemi. Eux, qui étaient les premières caKos de l'invasion , purent constater ainsi par leurs propres yeux les effets de leurs cruelles manœuvres.

Les Turcs cependant continuaient leurs opérations hostiles. Le général Schulz occupait^ avec un 4étûchement^ le faubourg de Léqpoldstddt. Le 17^ les bfidèles l'en expulsèrent, et la capitale,, dès lors, se trouva complètement investie., {«es sectateurs -an

Prophète avaient amené avec eux une artillerie considérable: ils étaient fort habiles, d'ailleurs dans Fart de creuser les mines. Tous Tes deux jours au moins, une explosion faisait sauter quelque ouvrage extérieur. Aussitôt les Islami tes s'élançaient vers la brèche, escaladaient les ruines fumantes , et parvenaient en haut des murs, où ils plantaient souvent leurs étendards à queues de cheval. Une lutte acharnée, une indomptable bravoure, étaiçnt- nécessaires pour les tenir en échec, pour les culbuter des remparts. Le 23 août , ils pénétrèrent dans le bastion du château (burgbastei); le 26, quarante janissaires ayant fait irruption dans la ville, furent tués par le général Scharfenberg.

Le gouverneur déployait heureusement un courage personnel à toute épireuve, et une fermeté invincible. Le jour , la nuit , on le voyait partout : il prenait à peine quelques heures de repos entre deux levers de soleil. Il avait un admirable auxiliaire dans Léopôld Kolonics, ancien chevalier de Malte, qui, après avoir étonné par son héroïsme au siège de Candie, s'était dégoûté des luttes militaires , avait reçu les ordres et portait la mitr^omme évèque de Neustadt. A l'apgroche des Musulmans, l'odeur de la poudre ayant ranimé son ardeur guerrière , il courut s'enfermer dans Vienne. Il y remplissait les fonctions de gouverneur civil, administrait les hôpitaux, soignait les blessés, fortifiait le cœur des mourants jusque sous la mitraille, veillait aux approvisionnements, dirigeait les secours contre les incendies, employait les femmes, les vieillards, les enfants à des travaux indispensables,

mais sans péril, enfin répandait autour de lui sa calme et intrépide valeur. La situation de la ville n'en était pas moins des plus précaires : elle semUait même irrémissiblement perdue. Dans ces heures d'anxiété suprême, le gouverneur montait à la flèche de Saint-Étienne et y trouvait les jésuites en observation. Le gardien montre encore la pierre où il avait coutume de s'asseoir, d'où il examinait avec tristesse le camp prodigieux des Turcs.

La population était peu favorable aux disciples de Loyola. Elle les accusait d'avoir décidé , organisé la persécution, réduit les Hongrois au désespoir, amené sous les murs de la ville cette formidable invasion, qui menaçait , en même temps que l'Autriche, toute l'Europe occidentale.

Mais Vienne ne devait pas tomber au pouvoir des Infidèles, les Habsbourgs ne devaient pas perdre leur couronne : leur empire et eux-mêmes furent sauvés par une de ces chances miraculeuses qui étonnaient déjà les politiques il y a deux cents ans, et qui ont depuis lors retenu vingt fois sur le bord de Tabîme le gouvernement autrichien.

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