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CHAPITRE Xm

DÉLIVRANCE DE VIENNE PAR CHARLES DE LOimAINB ET JEAN SOBIESKi; INGRATITUDE DE LA COUR IMPÉRIALE.

Après avoir organisé la défeose de la capitale avec Starhemberg, Charles de Lorraine en était sorti pow rassenibler des troupes et venir la dégager. Dès le mois de mai, une alliance avait été conclue entre l'empereur et le roi de Pologne : cefeii-là promettait de fournir soixante mille combattants, celui-ci garante mille. Jean Spbieski avait été déterminé à cette union politique par sa femme, Marie^Casimire delà Grange, fille du marquis d'Arquien. Ayant demandé pour son père à Louis XIV le titre de duc et pair, et n'ayant pu l'obtenir , elle se vengea en tournant les armes de son mari contre les Turcs, au ptofit de Léopold. Tous Hes électeurs et princes d'Allemagne avaient été sommés de secourir leur suzerain. Le marquis de Brandebourg était seul resté indifférent à cet appel , malgré son 4'enom militaire. L'Autriche réunit sous ses drapeaux vingt-sept mille soldats , la Pologne vingt-six mille; la Saxe en fournit onze mille quatre cents, la Bavière onze mille trois cents, les cercles de Franconie et de Souabe huit mille quatre cents. Ces troupes diverses formaient un total de quatre-

vingt-quatre mille huit cents hommes^ dont trente-huit mille sept cents fantassins, quarante-six niille cent cavaliers, avec cent quatre-vingt-six bouches à feu. L'armée fédérale tenta heureusement plusieurs opérations avant de marcher sur Vienne.

Que faisait Léopold, tandis que le sort de l'Empire et celui de sa famille étaient livrés aux chances d'une effroyable guerre? Essayait-il de conjurer les malheurs qui le menaçaient? Déployajt-il une activité digne de sa haute fortune? Veillait-il au salut, aux intérêts des populations que , depuis soi) couronnement, il gouvernait d'une manière cloaque jour plus impérieuse? Non, toute sa sollicitude était pour son auguste personne* Il venait d'atteindre Linz , quand une estafette lui apporta la fausse nouvelle que les Turcs avaient dépassé Vienne et s'avanceraient, selon toute apparence, jusqu'au lieu de refuge où il se cachait. Reprenant sa course effarée, le vaillant despote ne fit halte qu'à Passau, sur le territoire de la Bavière* Pendant deux mois, qui furent pour lui comme un temps de loisir, il se proniepa au bord du lac de Traun, dans le magnifique pays qu'on nouime SQlzjiammergut ; il s'occupa de ipédailles, d'horloges, de curiosités , suivant ainsi l'exemple de son aïeul Rodolphe II; il modelait et giuillochait des cierges de luxe , rédigeait enfin des chronogrammes. Un peu rassuré le 25 août, il retourna dans la ville de Linz, avec sa femme et ses conseillers auUq^es.

Cependant l'heure était venue de recourir Vienne, si on désirait empêcher les ^§)^n:ijtes de s'en rendre maîtres. Les alliés franchirent le Danube à Tuln, que

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le général musulman avait eu la sottise de ne point occuper. C'était le 7 du mois de septembre. Les montagnes du Wienerwald, qu'il fallait traverser, auraient été funestes aux Chrétiens, pour peu que les Mahométans eussent posté des troupes dans leurs gorges étroites , braqué de rarlillerie sur les hauteurs. Avec l'insouciance des barbares , ils n'avaient pris ancune de ces mesures. Le soir du 11, l'armée fédérale atteignit donc, sans avoir perdu un homme , le front des collines. Ils déployèrent, au sommet du Léopoldsberg , un vaste drapeau rouge orné d'une croix blanche, qui fut salué par les Viennois comme une promesse de délivrance. Une joie inexprimable régnait dans la ville , les habitants se pressaient sur les remparts. L'anxiété , les fatigues , les maladies enlevaient tous les jours trente ou quarante bourgeois; la garnison avait -perdu six mille hommes, le prix des vivres était quadruplé, les* Turcs gagnaient tous les jours du terrain : il fallait en finir.

Comme la nuit tombait, un cavalier traversa le Danube à la nage pour porter un billet au duc de Lorraine. « Ne tardez pas, cher seigneur, lui écrivait Starhemberg, ne perdez pas une minute. » Des fusées, qui partaient de la cathédrale, semblaient répéter cette prière dans leurs splendides hiéroglyphes. D'autres fusées sillonnèrent le ciel, en guise de réponse , et trois coups de canon résonnèrent sur les montagnes. La batterie la plus voisine rendit aux libérateurs ce salut militaire. Plusieurs centaines de mille hommes passèrent la nuit dans une attente inquiète et solennelle.

Lorsque le jour parut, le matin du 12 septembre, un épais brouillard d'automne voilait à demi les crêtes des montagnes, devenait plus dense sur leurs flancs, cachait les terres basses et le Danube. Le clocher de Saint-Étienne dessinait une vague silhouette dans ce brumeux océan. A mesure que s'éclaircissaient les vapeurs, un majestueux tableau frappait les regards des alliés. Ils apercevaient au loin les murs ruinés de la ville, les tranchées des Infidèles, qui continuaient leurs travaux de siège comme s'ils avaient la certitude de repousser les bataillons germaniques, et, plus près, sur^ lés buttes, dans les vallons, cent mille hommes rangés en bataille.

Tous les princes fédérés entrèrent dans la chapelle du Léopoldsberg, où le capucin Marco Aviano, confesseur et ami du monarque régnant, célébra la messe. Outre Jean Sobieski et son fils Jacques, qui fut armé chevalier par son père après le service divin ; outre Charles de Lorraine, Télecteur de Saxe, le margrave Louis de Bade^ qui devint si fameux plus tard, le comte Sylvain Caprara, le prince de Salm, on y voyait un jeune seigneur d'une petite taille et d'une faible complexion: il n'avait pas encore vingt ans, et allait, ce jour^là, faire ses premières armes, lui qui devait commander pendant un demi-siècle toutes les forces de FAutriche, acquérir une gloire immortelle, et briller dans l'histoire comme le plus habile général que -cette puissance ait mis à la tète de ses troupes^: c'était le prince Eugène de Savoie. Louis XI Y lui ayant refusé un régiment, il venait de passer au service des Habsbourgs. Comme Charles de l/)rr8ine,

qu'une injustice idu roi de France avait awn attaché à Léopold, il avait fait ses études pour «entrer dans l'ËgUse. Les trois personnages les plus iBi|)Drtante de Tarmée, les trois libérateurs dei'ËwjHce^se trouvaient don^ réunis sur le Wienœ*wald.par suite d'une triple faute commise à Versailles.

<juand toutes les cérémonies préalable lu^mt terminées, cinq coups de canon donnèrent k signal de l'attaque, et les régiments, les escadrons éeeeendirent les croupes des montagnes, dans Ja Jwwère rose du matin. Avec leurs drapeaux^ leurs oosl^nsies variés, ils formaient un spectacle imposmA et ipittoresque. L'aile gauche était commandée par le 4uc de Lorraine, le centre par rélecteur de Bavière et le prince de Waldeck, l'aile .droite par Jean Sobieski. Les trompettes et les cymbales faisaient retentir l'air, éveillaient tous les échos des montagnes.

Une vive canonnade et le bruit de la mousqpieterie annoncèrent bientôt que Taclion s'engageait près du Danube, sur la gauche des alliés. Les Musulmans occupaient Nussdorf^ s'y étaient retranchés dans les maisons et les jardins. Les troupes impériales les délogèrent, les contraignirent à se replier sur Heiligenstadt. Us en furent chassés comme de leur précédente position. Vainement le pacha de Mésopotamie^ Osman-Oglou, qui menait l'aile droite des Tlurcs, fit cinq charges désespérées contre les lansqueaets et Icstrabans; les chrétiens repoussèrent avec énergie les hordes musulmanes. Eux-mêmes, cependant, se trouvaient tenus en échec par une énorme batterie dressée près de Dœbling, au-dessus d'un chemin

creux. Elle foudroyait les bataillons allemaiHiS) jonebait la terre de cadavres. La lutte ne dura pas moios de sept beures. Les Impériaux et les Saxons enlevèrent à la fin ce poste redidutaUe. L'aile droite det Istamites fat alors culbutée, mise en déroute; il était cinq beures du soir quand les Infidèles renoncèrent au combat ei chercbèrent leur salut dans la fuite. •

Les vainqueurs poussèrent droit devant eux, s'éfaiBcèrent jusqu'aux murs de la ville* Le margrave de Bade atteignit la porte écossaise (Schottenthor), à la tète des dragons et au bruit des fanfares. Le gouverneur Starheraberg vint l'y saluer, et promit d'exécuter inuuédiatemeQt une sortie sur une autre point du champ de bataille.

Les BavaroiB du.oeBtre,les Polopais de l'aile droite avaient eu à vaincue des difficultés de terrain, à traverser des forêts. Ib commencèrent donc Tattaquc seuiement vers le milieu du jour. Sobieski se trouva ea face d'une i«doute importante, qui l'arrêta tout ooiirt. La cavalerie célèbre, qui formait la plus grande ffeartîe de son armée, ne pouvait tenter unç esealade, CHiporter des retranchements : elle recevait immobile la mitraille musulmane. Il fallut que des regim^its autrichiens, que les Bavarois, conduits par le prince de Waldeck,lui prêtassent main-forte : ils enlevèrent la grande redoute turque, et les escadrons pokmais, délivrés de eet^bstacle, se précipitèrent sur l'éaaemi avec une double fureur. Ils pénétrèrent dans le camp des Islamites^ où ils se rencontrèrent avec les impériaux, vers six heures du soir.

La déroute des Mahométans était devenue gêné-

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raie. Saisis de terreur, ils fuyaient dans toutes les directions. Leur chef résista encore une demt*heure près de Saint-Ulrich, puis fut cntrainé. Les soldats quîpoccu paient les tranchées, ayant vouhi tenir ferme, tombèrent sous l'épée ou les balles des vainqueurs. Les dragons impériaux et les lanciers polonais pourwivirent les bandes éparses jusqu'aux premières ombres du crépuscule.

Sobieski et Chartes de Lorraine firent rester leurs milices sous les armes pendant toute la nuit, pour être en mesure de repousser une attaque. Le lendemain, on livra le camp des Infidèles aux troupes victorieuses.

Elles y firent un butin inouï. Trois cent soixantedix canons, une multitude d'étendards, quinze mille tentes, dans un bon nombre desquelles le dernier repas était encore servi, cent mille mesures de blé, dix mille boeufs, dix mille moutons, cinq mille chameaux tout chargés, d'immenses provisions de bouche eldeguerre, devinrent la proie des Allemands et des Polonais. L'or, largent, les parures, les objets de prix abondaient tellement, que les milices abandonnèrent le reste aux Viennois. Ceux-ci accouraient en foule par les portes, par les brèches, pour piller à Tenvi. Beaucoup cherchaient, au milieu des décombres, les restes de leurs maisons, et avaient peine à en trouver la place ; mais les caves regorgaient de denrées, qui fournirent aux propriétaires les moyens d&les reconstruire. Jean Sobieski obtint en partage les tentes de Kara-Mustapha, qui occupaient, dit-il lui-même, un espace grand comme Varsovie ou Léopol. Il y trouva des richesses sans nombre, entre autres des harnais splendides, des

ceintures, des carquois ornés de rubis et de saphirs, Gkiq cents enfonts chrétiens, que les Turcs avaient arrachés à leurs parents et n'avaient pu ^umener dans Irar retraite, furent le lot de révèquf' le Kolonics. Le prêtre courageux leur donna des sn\(is pater*

Ce qui abondait le plus dans le camp islamite, c'était le café. L'usage depuis lors en devint général parmi les Viennois. Un Polonais, appelé KoUschutzky, ayant bravé plusieurs fois la mort pendant le siège pour porter des messages au duc de Lorraine, fut autorisé à ouvrir une boutique, où les amateurs viendraient boire la décoction toute préparée.

Le soir même de la bataille, Charles de Lorraine députa le comte Âuersperg, son adjudant; vers Léopoid, pour lui annoncer la victoire : depuis le 35 août, l'empereur, moins effrayé, habitait Linz. Il s'embarqua sur le Danube et prit terre à Nussdorf. Le matin du 14 septembre, il monta un cheval de luxe et fit une entrée solennelle dans la capitale, apr^s avoir traversé le camp islamite au bruit des cloches et au grondement du canon. Devant la porte Stuben (Stubenthor) , la même par laquelle il s'était enfui le 7 juillet, le conseil municipal vint lui offrir les clef» de la ville. Léopold alla ensuite remercier Dieu d'un triomphe auquel il avait lui-même si peu contribué : Tévêque Kolonics chanta le Te Deum à la cathédrale. L'électeur de BaVière et l'électeur de Saxe dînèrent avec l'empereur.

Le roi de Pologne n'assistait pas au festin. Lui aussi avait fait la veille son entrée dans la capitale et

ente&du la mesBê dam Téfflise des Augmiins. Mois il avait dû hnmédiatemeiit oondoire son armée loin de ia ville. La nialpropreté des Turcs^ les immondices de tout genre, les nombreux cadavres et la chiriear excessive de raalomne avaient empesté ia banlieue ; la vermine et les mouches y pullulaient. Sobieski^ alla prendre position au bourg de Sdiwechal. Le duc de Lorraine fut aussi contraint de Inir le mauvais air et de camper ses troupes à Mansdorf,

Le 15 devait avoir lieu Tentrevue des deux monarques. Mais Léopold éprouvait à cette occasion de graves scrupules. Sobieski, après tout, n'était qu'un roi électif, et, pour ne pas compromettre sa dignité, un souverain héréditaire ne pouvait agir avec trop de circoûspection. « Gomment raccueillerai-je? » demanda le prince au duc de Lorraine. — « Et comment l'accueilleriez- vous, si ce n'est à bras ouverts, 4ui répondit le général français, puisqu'il vous a eauvé? » Mais l'étiquette l'emporta sur la reconnaissance. Un point tourmentait spécial^nent Léopold; donnerait- il la main droite à son libérateur? Le oérémonial lui permettait cette condescendance avec les rois héréditaires, mais les empereurs d'Allemagne ' n'avaient jamais honoré ainsi un monarque électif. La prémion de ces ridicules simagrées avait en partie contribué au prompt éloignement du souverain polonais. Il fut enfin décidé que les princes se rencontreraient à cheval, ee qui les dispenserait de se serrer la main. Us avancèrent effectiveaiefit l'un vers l'autre aa petit galop ; tous deux portèrent en même temps la main à leur coiffure. Une lettre de Sobîedii

<x>n(ieiii «iie^eacription de l'eatrevae, eC «on 4émei- ^age, dasB uo eas pareil, dok faire autorité.

« L'électeur de Bavière accompagnait seul Léope4d , (Pâectew de Saxe l'ayairt déjà quitté. Cinquante personnes à cheval, ministres et fonctionnaires de la oour, lormaMait ea suite. Des irompettes le précédaient ; une eoinpagnie de gardes et dix serviteurs à pied mardiaîeat derrière lui. Je ne vous ferai point le portrait de F'cmipereitr, Hesi bi^i connu. Il montait un cheval bai d'origine espagnole, portait un justaucorps brodé, «n chapeau à k. française, orné d'uue agrafe ainsi •que de plumes rouges et blanches, «m baudrier où élincelaient des rubis <et des dtamniits, U4de ^péenon moins riche. Je 4ui adressai mes oonpliments en 4atin >et d'«ne manière ooaciae. ii me répondit 4»iis le même îdiGine des phrases toutes préparées. Nous trouvant ainsi face à face, je iai puésentM «dim i)[is, qui s'avança et le ssdua. L'empereur «e f>orla imème ^s la main à son chapeau. Je demenrai comme terivfié. I/éopold s'est montré aussi reide eavem hs3énateurs et hetmans, bien mieux, envers son parent, le {H'ince palatin de Betz. Peur >évi ter ie scanMe et les propos de la S&fàe, j'adressai encore au souverain quelques paroles, puis je tournai mon isheval : nous nous saluâmes, et 'je cepris le chemin du oamp* t/e vaïvode de GaNîeie montcai mon armée à l'^empereiir, suivant son désir ; maris nos soldats furent irrités ée •sa contenance : ils se plaignent amèrement de ce qu'il n'a pas daigné Jeur ibémoigner la mioîiidre gcaAitude pour leurs fatigues et ieuBs privations, même par un »mple <Hmp de ebapean. Depuis son départ, tout a

soudain changé : il semble qu'on ne noua connaisse plus. On ne nous donne ni fourrage ni {Nrovisions. Le pape a envoyé» à cet effet, de l'argent que Tabbé Buonvisi a reçu; mais le prêtre se trouve retenu dans la ville de Linz. »

Levons tous les voiles de cette monstrueuse ingratitude. Sobieski ajoute : « On nous traite comme des pestiférés ; tout le monde nous évite, au lieu qu'avaot la bataille, mes tentes, qui, grâce à'Dieu, sont cependant assez vastes, contenaient avec peine la foule des visiteurs. Ce n'est pas une des choses les moins curieuses qui nous soient arrivées ici, que nous ne sa^ cbions point où nous en sommes, ni ce que nous allons faire. Il await été dans Tordre, je crois, de me demander comment je me propose de continuer la guerre. Mais on ne s'adresse pas à moi. Tout le monde est découragé : nous voudrions n'avoir pas secouru l'empereur et que cette race hautaine fût confondue à jamais. » Non moins blessé que le roi de Pologne, l'électeur de Saxe était parti avec ses troupes.

Starhemberg, défenseur de Vienne, fut seul traité comme ses services le méritaient. L'empereur le nomma feld-maréchal, ministre d'État et membre du conseil aulique ; le vaillant capitaine reçut en don un hôtel, une bague précieuse et 100,000 thalers; il. fut d'ailleurs autorisé à mettre dans ses armes la flèche de Saint-Étienne, un mur et un L doré, initiale du mot Léopold. Le roi d'Espagne lui envoya le collier de la Toison d'or, le pape une lettre de félicitations. . Kolonics obtint, en récompense de

son zMe et de son courage, la pourpre romaine.

L'ingratitude révoltante de Léopold fut sans doute l'œuvre du parti clérical. L'ordre espagnol voulait rester maître du monarque et ne permit à aucune influence de dominer la sienne. Les libérateurs de l'Autriche en fussent devenus les personnages les plus importants, si le prince leur avait témlUgné la reconnaissance qu'ils avaient le droit d'espérer. Starhemberg seul n'était pas redoutable; on relevait soudain d'une position médiocre à une position émi* nente ; les jésuites, par l'étendue même des grâces qui lui étaient accordées, s'en faisaient une créature.

On accusait le héros polonais d'ambitionner pour sou fils Jacques le trône de Hongrie, et cette imputation calomnieuse l'affligeait vivement. Mais qui l'a^ vait imaginée? Dans quel dessein faisait-on courir un pareil bruit? On s'en servait comme d'une arme de guerre pour atteindre un but secret. Le duc de Lorraine, contre lequel on ne manifestait aucun soupçon, n'était pas mieux traité. « Le pauvre diable, écrivait le roi de Pologne, n'a ni dépouilles de l'ennemi, ni gratification de l'empereur. »

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