CHAPITRE XXIV
ABRUTIS >E\IENT, DÉMORALISATION, COUTUMEâ SAUVAGES DE3 AUTRICHIENS AU DIX-HUITIEME SIECLE.
Pendant que les jésuites mutilaient l'intelligence humaine dans les États autrichiens, et engourdissaient le ^>eu de facultés qu'ils ne supprimaient pas, sans pouvoir se préserver eux-mêmes de la léthargie répandue autour d'eux, amélioraient-ils du moins les mœurs, élevaient-ils les caractères, modéraient-ils les passions turbulentes et sauvages? Pas le moins du monde. Les populations, au contraire, semblaient retourner vers l'état barbare, et le tableau qu'offrait alors la monarchie cause maintenant une surprise dont ou a peine à revenir. On croirait qu'il s'agit, non point du dix-huitième siècle, mais d'une époque liien antérieure : l'histoire du moyen âge ne présente pas de plus sombres, de plus étranges spectacles. L'Autriche, on va le voir, ne dépérissait pas moins sous le rapport matériel que sous le rapport intellectuel. Vantez-nous ensuite la prospérité, le bien-être des peuples systématiquement abrutis!.
Jusqu'au règne da Marie-Thérèse, jusqu'en 1740, et même un peu plus tard, les ours et les loups ve-
naient rôder sous les murs des villes, en faisaient le tour. Ils se jetaient sur les hommes armés, les dévoraient, pyis mangeaient, comme supplément de pâture, le cuir de leurs bottes. Plusieurs détachements de cavalerie, attaqués par des troupes nombreuses d'animaux féroces, succombèrent après une lutte désespérée : les soldats et leurs montures devinrent la proie des vainqueurs.
Les bandits ne montraient pas une audace moins grande. Il fallut éclaircir les bois le long des routes sur plusieurs points du territoire, vider les auberges suspectes et y installer des hommes de confiance ; on établit des postes militaires dans les lieux élevés, d'où le regard dominait au loin la campagne; des patrouilles en sortaient et y rentraient à chaque heure de la nuit. Les prévôts faisaient tous les mois une tournée, surveillaient rigoureusement les défilés des frontières, entretenaient des éclaireurs bien payés, qui ne servaient pas à grand'chose : on obtenait de plus prompts, de plus sûrs résultats en achetant quelque traître dé la bande, ou en y introduisant un faux frère.
Une troupe de voleurs, qui s'était fixée près de Vienne, entre les deux montagnes sinistres de Gaunersdorf et de Wolkersdorf, à la fin de la. guerre de Trente-Ans, et qui avait acquis une immense célébrité^ s'y maintint pendant plus d'un siècle. Elle ne put être délogée que sous le règne de Marie-Thérèse; encore fallut-il abattre la forêt, à droite et à gauche de la route, établir un poste de cavalerie sur le point le plus élevé.
Les Zingaris, les Bohémiens nomades, frappaient (le terreur des provinces entières. Pendant l'insurreclion des Hongrois, commandés par le prince Rakoczy, ces tribus errantes passaient pour espionner en faveur des Magyars. Une circulaire adressée à tous les baillis et capitaines leur enjoignait de procéder sommairement contre eux. « Ces vagal)onds étant mib liors la loi, disait l'acte officiel, du moment qu'on pourra les saisir, il suffira qu'ils avouent leur qualité : hommes ou femmes, on les fusillera, sabrera, pendra aussitôt. Les enfants seuls seront épargnés ; on les distribuera dans les maisons de charité, pour qu'ils y reçoivent une éducation chrétienne. » Après le traité de Zathmar, qui mit fin à la guerre civile, beaucoup de fugitifs, de vétérans, s'associèrent aux Bohémiens et continuèrent en détail les hostilités. Les ballades et autres chants populaires ont conservé la mémoire de plusieurs chefs, d'un certain Rajnoha entre aiitres, qui pillait toute la chaîne des montagnes Blanches ; Kovats et Losy, deux -brigands fameux, ont laissé de terribles souvenirs dans les provinces de Liptau et de Thurocs.
Partout, la faiblesse et l'incapacité du gouvernement clérical se trahissaient. Les rues des villes, de la capitale même, n'étaient plus nettoyées : un éclairage insuffisant et maladroit y combattait avec peine les ténèbres. Le sol n'était point pavé, ou l'était d'une manière qui prouvait le retour de la barbarie.
Les mœurs les plus cruelles, les plus sauvages habitudes, régnaient dans ces villes malpropres et malsaines. Les duels, les assassinats en plein jour, les
luttes à main armée ensanglantaient fréquemment la voie publique/ Un général autrichien arrêta la voiture d'un ambassadeur, et voulut le faire descendre pour se couper la gorge avec lui : le diplomate ne fut tiré de cette désagréable situation que par la soudaine arrivée du guet, par la sagesse et la résolution de Tofficier. Peu de temps avant que Charles VI montât sur le trône, le domestique d'une légation ayant été arrêté pour de justes motifs, les heiduques, laquais et postillons du quartier se rassemblèrent, attaquèrent la garde avec tant de violence, qu'elle dut se réfugier dans une auberge et s'y barricader. Les agresseurs, enfoncèrent les portes, délivrèrent leur compagnon; puis, entraînés par leur exaltation furieuse, assaillirent la caserne du Marché-Neuf et la* pillèrent. Une force supérieure, dirigée contre la valetaille, la mit enfin à la raison : un chef de l'émeute fut aussitôt saisi, livré au bourreau et pendu sans autre forme de . procès.
Une cause plus futile encore provoqua une sédition où périrent quelques centaines de personnes (en 1700). Deux ramoneurs, qui jouaient devant la maison du juif Openheiraer, banquier de la cour, se prirent de querelle avec un israélite. La garde urbaine, jugeant que Tun d'eux allait trop loin, le chassa en lui administrant une correction. Les spectateurs s'indignèrent de ce qu'un chrétien fût battu pour un juif, et, comme il y avait marché sur la place Saint- Pierre, lieu de la scène, les polissons, malgré les cris et le désespoir des marchandes, pillèrent leurs œufs pour les jeter dans les fenêtres du banquier. Aux
œufs succédèrent les cçiilloux. Le poste considérable, qui se trouve près de là, regardait tranquillement le tumulte, car on n'aimait point le financier. La multitude s'anima donc peu à peu, envahit Thôtel, vola For, les diamants, les objets précieux , déchira les livres de caisse et tous les papiers, jeta les meubles parles fenêtres et défonça les tonneaux. Openheimer, sa famille et ses employés n'eurent que le temps de fuir dans un souterrain secret, où la foule ne put les poursuivre. Dès que la nouvelle de cette émeute fut connue à la cour, elle envoya l'ordre de la comprimer par tous les moyens. Les sommations ayant échoué, la garde tira sur le peuple, qui se dispersa promptement; mais denombreuses victimes jonchaient la terre. Et comme le tumulte, aysjnt duré jusqu'au soir, avait insepsiblement gagné toute la ville, on braqua des bouches à feu dans les rues et places principales. Le lendeniain, deux chefs du soulèvement, que l'on avait arrêtés à domicile, un ramoneur et un fourbisseur d'armes, furent pendus aux persiennes de l'hôtel : l'exécution terminée, on proclama, au son des trompettes, une amnistie pleine et entière pour tous ceux qui rapporteraient les objets dérobés.
Les duellistes avaient rendu célèbre par leurs combats furieux un endroit de Vienne nommé maintenant la Josephstadt. On s'y tuait à pied et à cheval, au pistolet et à Tépée. Des champions y venaient de fort loin, et l'usage voulait que les seconds prissent une part active à la lutte. Les passants et curieux suivaient fréquemment leur exemple, si bien que les duels se transformaient en escarmouches.
L'esprit querelleur des étudiants, les.haines, les rivalités des corporations, étaient u^e autre source dedésordres. Parmi les gens de métier, ceux qui luantraîent le plus :de turbulence étaient les bouchers, les meçpnSj les tailleurs de pierre, et les pêcheurs. Ils s'ameutaient, ils en venaient souvent aux mains dans les rues : la garde urbaine et le guet (deux troupes différentes) accouraient-ils, les braves industriels leur tenaient tête; de véritables combats effrayaient les citadins paisibles. Une jalousie profonde animait d'ailleurs les deux cents hommes du guet et les soir dats de la garde urbaine : il n'était point rare^ qu'ils prissent parti pour les corps de métier, les uns approuvant celui-ci, les autres défendant celui-là. Une mêlée générale s'ensuivait ; la troupe augmentait le mal, au lieu d'y porter renrède, et les quartiers les plus populeux devenaient des champs de bataille.
Une animosité particulièrorégnait entre les juifs et les cordonniers, artisans d'un caractère audacieux et mutin : n'avaient-ils pas, dès le temps d'Albert I", fait l'étrange menace de combler avec leurs formes les fossés du palais,. comme avec des fascines, et de livrer assaut à la demeure royale? Deux fois encore, sous Charles VI, les compagnons du tranchet engagèrent, dans la capitale, des rixes violentes. La première fois, un certain nombre d'entre eux furent condamnés à un emprisonnement assez long et à des peines corporelles ; les autorités , la seconde fois, montrèrent plus de rigueur. Les deux chefs du sou-* lèvement expièrent, par le dernier supplice leur fougue belliqueuse ; d'autres coupables furent envoyés
aux galères, incarcérés dans des maisons de force. On distribua au reste des prévenus de copieuses bastonnades.
La turbulence des étudiants ne le cédait en rien à Id véhémence guerrière des corps d'état. Ils avaient de fréquents démêlés avec la police. Bretteurs infatigables, ils ne craignaient point la supériorité du nombre ; les chroniqueurs citent un de leurs chefs, un jeune hohime de vingt-cinq ans, qui ferrailla seul contre vingt-quatre soldats du guet, en blessa quelques-uns mortellement et dispersa le reste. La troupe universitaire professait pour les juifs la même haine que les cordonniers, mais elle avait pris en aversion une classe spéciale d'artisans, les tailleurs ; d'innombrables escarmouches mettaient aux prises ces ennemis invétérés. Quelquefois les disciples des Muses, comme on les nommait alors, se plaisaient à braver leurs antagonistes, à leur témoigner leur mépris par Taudace de leurs attaques : cinq ou six champions se ruaient, dans une auberge, sur soixante ou quatrevingts chevaliers du passe-carreau, les mettaient en fuite et mangeaient le festin apprêté pour eux. Nous les avons vus dégainer contre les sergents et interrompre une procession des jésuites.
La passion pour la chasse était si impétueuse chez les nobles, qu'ils traitaient les braconniers avec la dernière barbarie. Les princes ecclésiastiques leur donnaient eux-mêmes l'exemple. On sabrait, on fusillait sur place les maraudeurs; on leur coupait les mains, crevait les yeux; on les attachait vivants sur un cerf, puis on lâchait la bête épouvantée, qui, les
heurtant çà et là contre les arbres, employait tous les moyens pour s'en défaire et leur i^ifligeait un supplice atroce. Au retour, ces lugubres scènes étaient contées parmi les aventures de chasse. Plusieurs toiles et gravures contemporaines nous en offrent des images. ■ La fureur du jeu avait atteint ses dernières limites. Elle ruinait un grand nombre de familles, occasionnait des duels, des suicides et même des sacrilèges. Certains coureurs de tripots, n'ayant plus ni sou ni maille et manquant de résolution pour se tuer, choisissaient ce moyen d'en finir, attendu qu'un seul blasphème était puni de mort. Il fallait de temps en temps rappeler une ancienne loi, qui défendait de jouer sa femme, ses enfants ou un de ses membres, formés par Dieu pour un autre usage.
La débauche se mêlait, du reste, à la violence. Lady Montague rapporte que, dans toutes les maisons de Vienne, on regardait un sigisbéd comme un auxiliaire indispensable du mari. On n'eût point osé inviter une femme à dîner sans ses deux compagnons. Les époux traitaient leurs suppléants avec une douceur, une aménité, une délicatesse admirables, et même avec une sorte de gratitude, comme leur allégeant les devoirs de leur état.
A des mœurs si farouches et si corrompues en même temps, il aurait fallu opposer une clairvoyante administration de la justice, également éloignée de la faiblesse et d'une rigueur excessive. Les magistrats choisis par les moiqes de Saint-Ignace offraient un mélange odieux d'ignorance, d'étourderie et de cruauté. Dans son code pénal, Charles-Quint avait
déployé toute la barbarie qui composait le fond de son caractère, et ordonoé d'affreux tounueutsv Les jésuites conservèrent ces horribles peines. Au bout d'un siède et demi seulement, Marie*Tbérèse, à l'instigation du savant et généreux professeur Son-
' n^i&ls, publia un nouveau code, ayant pour but de tempérer les^iprescriptions du sinistre empereur^Et pourtant, d'après ces lois nouvelles, l'exécution des
. condamnés offrait encore un spectacle digne des cannibales. Ces féroces punitions n^empèchaient point les juges de prononcer leurs sentences avecune impardonnable légèreté. Plusieurs procès criminels permirent à Sonnenfols de constater que des inductions hâtives, basées sur un concours fortuit de circonstances, avaient fait mener au suf)|)liceiin bon nombre de personnes, reconnues innocentes bientôt -après. D'autres individus, aussi exempts de reproche, étaient irrémédiablement mutilés par la torture. Et combien mouraient des suites de l'^afteux interr^atoire ! Un fait triste et singulier, qui causa la plus vive sensation, donnera une. idée de ces procédures. Le cai^ter d'une importante maison, homme très*hononable et très-estimé, s'aperçut un jour qu'il lui manquait une grosse somme d'argent. Aucune tpace d'effractifon d'ailleurs, aucun indice d'un vol subtilement consommé. On le jugea coupable du larcin, et toutes ses protestations furent regardées comme des impostures que terminerait la question. Par bonheur pour
^ le suspect, son frère était un prélat bien vu à la cour. Il se jeta aux pieds de l'impératrice et obtint qu'on attendrait trois semaines avant d'employer la tor-
tîire. Les peuples enfants et les peuples sur le déclin forment les mélanges d'idées les plus bizarres ! le lieutenant de police de la capitiale passait donc pour sorcier; on disait même qu'il était secrètement foi des Bohémiens, et Ton. redoutait d'autant plus sa vigilance qu'on le croyait aidé d'un pouvoir surnaturel. Afin de stimuler son esprit divinatoire, l'ecclésiastique lui* porta de riches présents. On touchait néanmoins au terme du délai, et cette malheureuse affaire ne s'éclaircissait pas. Enfin, comme le lieutenant passait dans une ruelle tortueuse des faubourgs, devant un cabaret mal famé, des cris, des chants, des jurons et un cliquetis de verres frappent son oreille. On célébrait une noce. Il entre, il regarde le marié, qui ne lui est pas inconnu. Aussitôt il se rappelle qu'il a servi longtemps chez le caissier en péril. C'est pour lui un trait de lumière : il se précipite sur le héros de la fête, le saisit à la gorge, l'entraîne dans une salle voisine, et lui crie artificieusement : « Tout est'découvert ! On fouille en ce moment votre logis ; des aveux complets, sincères, détaillés, peuvent vous sauver encore aujourd'hui; demain, il sera trop tard. » Le vaurien surpris tombe à genoux, demande grâce, reconnaît sa faute et restitue la somme presque entière. Il explique ensuite comment il avait profité de sa connaissance des lieux, s'était fait enfermer deux nuits de suite dans l'établissement, et avait sans peine accompli le vol. Ce hasard, cette découverte fortuite put seule préserver d'une mort cruelle un homme de bien, qui n'avait jamais donné prise au soupçon.
Ëaûn, pour termioer ce lugubre tableau, ajoutons que les finances étaient dans un désordre complet, l'armée dans un dénûment qui rendait presque im- |)ossibIes les opérations militaires. La nourriture, les habits, les munitions manquaient à la fois. Quand le temps était venu d'entrer en campagne, les troupes ne pouvaient quitter leurs garnisons ; si elles partaient, si on livrait une bataille, les blessés mouraient faute de chirurgiens. Toutes sortes d'injustices attristaient et décourageaient les chefs. L'un d'eux allait-il à Vienne pour se plaindre, il y passait des mois avant d'obtenir audience. Les solliciteurs, les personnes chargée^ d'affaires languissaient indéfiniment dans les antichambres. En 1705, un ofiicier, venu de l'armée d'Italie, ayant perdu un temps considérable et voyant, un soir, que l'on appelait une foule d'ecclésiastiques les uns après les autres, laissa échapper un juron, et dit tout haut : « César, écoute les gens qui se font tuer pour toi, et non les fainéants qui viennent te chanter des sornettes !»
Voilà dans quel abaissement, dans quelle misère morale et matérielle la domination des jésuites avait plongé le peuple autrichien. Tout languissait, tout périssait à leur contact ou à proximité de leur action. L'ordre étendait sur la monarchie entière une ombre de mort : on eût dit le bohon-upas, cet arbre mystérieux qui tue les animaux, qui stérilise la campagne à plusieurs lieues autour de lui. Mais on ne peut vivre au milieu d'un air pestilentiel sans en ressentir quelques effets. Pendant que les jésuites abrutissaient les populations, ils subissaient une métamorphose
identique. Leur manière d'étudier et d'enseigner de vait produire infailliblement cette conséquence.
Leur théologie insignifiante et obscure, leur philosophie étroite et mesquine, leurs histoires mensongères, arides, sans portée comme saas intérêt ,*lq|ir science futile, ne pouvaient que les endormir eux-mêmes d'un sommeil léthargique > Ceux qui avaient rédigé leurs livres de classe voyaient probablement au delà du cercle borné qu'ils traçaient ; ils choisirent dans leurs connaissances les faits et les principes en harmonie avec leur but. Mais leurs successeurs n'apercevaient plus le même horizon. Ayant été instruits avec les manuels défectueux et trompeurs de la société, ils n'avaient que des idées fausses, restreintes, pernicieuses^ qui égaraient, qui ' débilitaient leur intelligence. Ces maîtres Bveuglés communiquaient sincèrement à leurs élèves une science déplorable.
Des indices manifestes trahirent bientôt leur décadence. Les souverains même qu'ils tenaient assiégés, qu'ils dominaient par Tadresse, furent obligés de recourir à une autre association religieuse, pour les travaux diplomatiques dont ils avaient besoin. Si une affaire, un mémoire, exigeaient une connaissance étendue de l'histoire ou du droit politique, le prince ne pouvait pas en charger un membre de la compagnie. Bien avant Marie-Thérèse, sous Joseph P% sous le long règne de Charles VI, on confiait cette tache aux bénédictins. Leur ordre prenait donc une importance croissante; par l'étude, par le savoir, par le talent, ils éclipsaient peu à peu les jésuites, clans le
temps même où ceux-ci gouvernaient te royaume en usurpateurs.
Les derniers travaux que publièrent les moines, de Saint-Ignace manquent d'intérêt comme de style (jaimis, au reste, ils n'ont su écrire ) ; presque personne ne lut les Commentaires sur l'Histoire d'Albert II ^ par Antoine Sieyerer de Brunnecken, les Essais orc/iéologiques d'Érasme Frœhlich sur la Carinthie, la Styrie et le comté de Gorilz, les Annales des provinces qui avoisinent l'Enns, par Sigismond Galles, Ce fut là leur CQucher de soleil. Ils tombèrent après dans la nuit froide et morne de l'impuissance, ne conservèrent plus que le goût et l'habitude de l'intrigue. Le premier ministre Bartenstein lit alors avancer. les bénédictins, comme une troupe de réserve.