‹ Histoire secrète du gouvernment AutrichienChapitre 30 sur 36 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

RÉTABLISSEMENT DE LA DOMINATION CLÉRICALE EN AUTRICHE *. LE CONCORDAT. EFFET Qu'lL PRODUIT DANS TOUTE l'aL- LEMAGNE.

A la mort de Marie-Thérèse, à l'avènement définitif de l'empereur Joseph II, presque annulé jusqu'alors par sa mère, commence une nouvelle époque dans l'histoire d'Autriche, Les idées françaises montent sur le trône, essayent de régénérer la monarchie; mais partout elles soulèvent une formidable opposition. Avant de mourir, le messie couronné voit ses meilleurs projets échouer l'un après l'autre, éprouve l'amère douleur de révoquer lui-même ses plus salutaires ordonnances. Léopold II maintient encore un certain nombre de ses réformes, mais il cesse de vivre en 1792, et alors, avec le chancelier Thugut, avec l'empereur François II, l'ancienne politique ceint de nouveau la couronne, exerce de nouveau sa détestable influence. Les jésuites, chassés de l'empire, avaient laissé derrière eux leur système : il continua de gouverner en. leur absence les populations qu'il avait abruties, les hautes classes qu'il avait démoralisées. Quand l'ordre sortit du tombeau, dans les

premières années de notre siècle, il put s'enorgueillir de voir son œuvre encore debout. Il ne s'agissait plus que d'en reprendre possession, de s'installer comme autrefois au milieu de ce monument, où régnaient toujours la peur, l'ignorance, la misère, la bigoterie et l'idiotisme ; où il^ pouvaient retrouver sur les dalles les traces du sang qu'ils avaient répandu. Ils ne négligèrent, ils ne dédaignèrent aucun moyen pour y parvenir, comme on se le figure sans peine. Et leurs efforts ont été couronnés de succès. Ils dominent, à l'heure qu'il est, le gouvernement autrichien, ils lui ont fait accepter le pacte religieux de 1855, et maintenant ils poussent l'Autriche contre le Piémont, parce que la Sardaigne les a bannis, le 25 août 1848, et a confisqué tous leurs immeubles (1).

Il entrait dans mon dessein de raconter cette série d'événements curieux et tragiques, de suivre pas à pas la cour de Vienne, depuis 1780 jusqu'en 1859. Mais les travaux historiques ne s'improvisent point : il faut déjà un temps considérable pour lire les documents et pour les méditer. Je publierai donc la se^ conde partie de mon ouvrage sous un titre spécial : L Autriche contemporaine. Qu'il me sufiîse, pour le moment, d'offrir au lecteur une étude sur le Concordat, sur la famille impériale et sur les projets de l'Autriche (2).

(1) Voyez le Manifeste du pape, lancé contre le Piémont en 1855.

(2) Nous reproduisons ces chapitres tels qu'ils ont paru dans le Siècle : les événements sont si près de nous qu41 serait inutile de changer le temps du verbe.

Le concordat autrichien, signé le 18 août, promulgué le 5 novembre 1855, a eu pour première conséquence de réveiller en Allemagne les passions théologiques. Le pays de Jean Huss, de Luther et de Mélanchton, a été troublé de nouveau comme par rapproche et le début d'un orage dont on ne peut ni prévoir la fin ni mesurer la violence. Les luthériens, les calvinistes, les sectes nombreuses sorties de la Réforme, expriment toutes leur anxiété. On ouvre les fenêtres, on se lient sur le seuil des portes, et Ton regarde les nuages sombres qui défilent dans le ciel avec des bruits sourds entremêlés d'éclairs. Les souvenirs effroyables de la guerre de Trente-Ans se raniment dans toutes les mémoires. « Que va-t-il advenir? se demande-t-on d'une voix triste. Un autre Wallenstein, un autre Tilly, un autre Ferdinand 11 vont-ils saccager l'Allemagne, vont-ils, coname leurs prédécesseurs, faire recule/ d'un siècle et demi la civilisation? »

Le concordat autrichien est, en effet, l'acte de soumission le plus humble, l'hommage le plus illimité que le Saint-Siège ait encore obtenu d'un pouvoir temporel. Depuis le dur hiver de 1077, où le Rhin demeura gelé du mois de novembre au mois d'avril, et où l'empereur Henri IV passa trois jours, nus pieds, en chemise, sans prendre de nourriture, dans la cour du château de Canossa, implorant son pardon du fanatique Grégoire Vil, le monde n'a rien vu de semblable ni même d'analogue. Les partisans du concordat n'essayent point d'en cacher, d'en atténuer l'extrême importance. J'ai là, sous les yeux, une

brochure publiée à Vienne sans nom d'auteur, et qui a toute l'apparence d'une pièce officielle ; on y trouve ces phrases remarquables : « D'amples concordats, touchant à des questions de principes, ont réglé, en 1851, les affaires spirituelles de l'Espagne et de la Toscane; mais la convention autrichienne du 18 août dernier a une bien autre importance et est vraiment unique dans son espèce ; elle annule complètement les prétentions du pouvoir temporel, suscitées en Allemagne par l'exemple de l'Église gallicane, et rend au catholicisme ses droits primitifs, .depuis longtemps violés (1).»

Le début de cette brochure^ne paraîtra pas moins curieux hors de l'Autriche :

(T Le concordat est un acte qui marquera dans l'histoire de notre empire. L'empereur §1 le pape se félicitent également de l'avoir signé : il substitue une paix définitive à un long et fâcheux malentendu.

« L'empereur a lieu de se réjouir : il a fait un acte de magnanime équité, dont le souvenir sera pour lui comme une glorieuse couronne jusque chez nos derniers neveux, et le placera entre Constantin et Charlemagne, illustres dans l'histoire à cause de leur générosité envers TÉghsc orthodoxe, source réelle de toute leur grandeur [worin wesentlich ihre ganze grœsse wurzelt). Le souverain pontife a également lieu d'être content : il doit espérer que, de cette nouvelle semence, naîtra et fleurira un meilleur avenir pour l'Autriche. Ce que Pie VI tâcha d'obtenir

(1) StxMiien ueber dcis œstreichis :he Concordat^ Wien, 1836, page 41,

dans un mémorable et difficile voyage^ la grâce du ciel vient de l'accorder à Pie IX. Si le concordat de 4448 avait été aussi radical, la prétendue Réforme, avec ses effroyables perturbations et ses sanglants résultats, n'eût peut-être pas agité le monde. »

Voilà certes une déclaration des plus significatives. Un pacte que Ton juge assez fort pour avoir pu comprimer, au seizième siècle, l'immense révolution du protestantisme, s'il avait été conclu avant cette époque, a nécessairement une valeur et une portée considérables : l'historien, l'homme d'État, doivent l'examiner de près. Quant aux ultramon tains, aux vrais croyanUy nous dit l'auteur anonyme, ils l'accueillent avec un sentiment de triomphe et avec des cris de joie.

11 excite c|pz leurs adversaires et même chez un bon nombre de prêtres orthodoxes, une émotion bien différente. Sur le sol de l'empire, dans le reste de l'Allemagne, dans toute l'Europe calviniste et luthérienne, en Suisse, dans le Piémont, une clameur inquiète s'est élevée, pareille aux avertissements des sentinelles sur les bastions d'une place investie. Les uns n'ont pu voir sans trouble et sans indignation cet abaissement de la couronne ^ cette twlontaire abdication de la souveraineté impériale (1) ; les autres déplorent la nouvelle puissance dont elle arme les jésuites, dominateurs séculaires d'un peuple malheureux ; d'autre3 encore regrettent que l'empire se soit

(1) Kous nous servons ici des termes mêmes par lesquels le gouvernement autrichien constate l'effet produit sur les dissidents.

aliéné pour jamais les sympathies de l'Allemagne luthérienne. Le gouvernement, disent ceux-ci, a perdu toute indépendance politique et ne sera désormais que le feudataire du Saint-Siège ; bien mieux, répondent ceux-là, il fléchit le genou devant la France, dont le pape reçoit les ordres et subit l'influence souveraine, car il lui doit le rétablissement du trône pontifical. Certains publicistes, au contraire, jugent cette grave mesure un acte d'hostilité secrète envers nous, de si étonnantes concessions devant Her et enchaîner Rouie aux intérêts de l'Autriche. Plusieurs feuilles la' considèrent comme une ligue entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel , formée dans le but d^âppesantir le joug qui opprime la nation. Les patriotes suisses en redoutent pour leur pays les effets indirects. VOpinione (de Turin) a été jusqu'à dire* que l'empereur d'Autriche n'aurait point la faiblesse d'exécuter une pareille convention. Bref, tous les hommes éclairés jettent le cri d'alarme, pendant que les feuilles ultramontaines, l'ï/wïV^r^ et le Journal de Bruxelles y entr'autres, allument des feux de joie et dànserit alentour, comme les Hurons autour des bûchers où allaient périr leurs ennemis.

Mais les récriminations les plus vives sont celles que font entendre les Prussiens. Le concordat leur semblé un piège tendu au protestantisme, une bassefosse où il doit périr, au moins dans les vastes domaines deTempereur François-Joseph. On n'y trouve pas un mot concernant les luthériens et les autres sectes reformées, nulle stipulation en leur faveur. Un tel silence est du plus mauvais augure. Le pacte du

^18 août ajoute doac un principe de discorde à ceux qui animaient déjà Tun contre l'autre les deux grands États germaniques.

En Autriche même, les plaintes ne manquent pas. Un bon nombre d'individus, soit laïques, soit ecclésiastiques, restent fidèles aux maximes de TËglise gallicane, introduites dans le pays par Joseph II , et répandues dans l'Allemagne du nord depuis vingt ans lorsqu'il monta sur le trône. Nicolas de Hontheim, vicaire-général de l'archevêque de Trêves, fit paraître, en 1763, un ouvrage intitulé : Justini Febronii De statu Ecclesiœ et légitima potestate Romani pontifiais y liber singularis; c'est-à-dire : « De l'état de l'Église et de l'autorité légitime du pontife romain, en un seul livre, p*atJustinusFebronius. » Febronius, comme on le voit, était un pseudonyme que prenait le pieux auteur. Il a servi à dénommer ses partisans, que l'on appelle en v Allemagne les Fébroniens. Son système a pour base les principes formulés par Bossuet : 1* Indépendance complète des souverains dans les affaires temporelles ; les chefs de l'Église ne peuvent les déposer, soit directement, soit indirectement, ni dispenser leurs sujets de l'obéissance ; 2° autorité suprême des conciles, promulguée à celui de Constance, dont les décrets ont été approuvés par le Saint- Siège lui-même, observés dans leur esprit à toutes les époques par l'Église gallicane : or, ces décrets portent expressément que si le pape ou toute autre personne refusait de se soumettre aux décisions des conciles, on doit leur infliger une pénitence proportionnée à leur entêtement, et les punir comme ils le méritent^

en sorte que Fan recoure, s'il est nécessairey aux autres voies de droit ; 3* quoique le pape exerce l'influence principale dans les questions de foi, et que ses décrets s'adressent à l'ensemble des fidèles, son jugement n'est pas infaillible, s'il ne s'appuie sur le consentement de l'Église tout entière ; 4" l'autorité apostolique ne peut enfreindre les lois inspirées par l'esprit de Dieu et consacrées par le respect général des hommes ; les principes, les coutumes et les institutions établies dans les royaumes, dans les Églises particulières, doivent rester inébranlables.

Telles furent les déclarations des prélats français en 1682. C'était une révolution démocratique au sein de l'Église. Le pontife romain perdait son autorité absolue, se trouvait repoussé du monde temporel dans Iq monde religieux, et là, on organisait contre lui une espèce de suffrage universel. Le privilège de faire et de publier les lois fondamentales lui était enlevé ; quand le corps ecclésiastique avait besoin de statuts nouveaux, une assemblée constituante pouvait seule les voter. Le pape leur refusait-il obéissance, on était en droit de. le punir. Le clergé, si hostile en politique à la démocratie, la jugeait donc bonne et profitable danslesein de l'Église; l'aristocratie des prélats et le peuple des clercs inférieurs se soulevaient contre leur ehef, contre leur monarque tonsuré. En vertu de principes républicains ils se partageait son autorité suprême. A voir le rôle que Bossuet joua pendant cette lutte, croirait-on qu'il fût si humble et si servile en face de Louis XIV? C'était pour affranchir le roi, pour augmenter ses privilèges, qu'il se montrait en-

nemi du pouvdr afesôltf dans le dômdrie ëcdélàiâstîque, réformât la constitution de Grégoire Vï!, renversait du trô'ne pontifical îa théorie du droit divin, et lui substituait le consentement universel.

La doctrine gallicane obtint donc l'assentiment dé Febronius, qui la développa et la fortifia de plusieurs maximes nouvelles : il détruisait, ou peu s'eii faut, la juridiction des papes, leur droit de châtiment; coUfërait à l'autorité civile la direction et la surveillance des séminaires, l'investiture des dignités pastorales, et, autant que possible, l'administration des biens * ecclésiïistiques. Les protestants accueillirent avec faveur un système qui rapprochait le catholicisine dé leurs idées. Les princes archevêques de Mayence, dé Trêves, de Cologne, tous trois électeurs du Sàiift- Empire, et rarchevêque de Salzbourg le trouvèrent aussi à leur gré, parce qu'il les affranchissait de là suprématie romaine. Pendant Tannée 1786, ils ^eurent à Ems une conférence, où ils l'adoptèrent définitivement et résolurent de le mettre en pratique.

Depuis quelques années déjà, il remuait toute l'Autriche. A peine monté sur le trône) eti 1780, l'empereur Joseph II, ce missionnaire couronné de la philosophie française, voulut appliquer les nïaximes' proclamées chez nous pa^ les pétlseurs du dix-huitième siècle. Il publia son'édit de' tolérance, qui éta- ! blissait la' parfaite égalité des cultes. Les protestants,

j jusque-là persécutés, eurent le droit de pratiquer pu-

I bliquement leur religion : le monarque leur fit même

! élever dès temples. Les juifs furent déclarés admis-

; cibles à tous les emplois. Pour lès catholiques, on les

sépara autant que possible (ie. la cour de Rome, eu donnant force de loi aux principes du fébronisme^ ou, si l'on veut, de l'Ëgliise gallicane. Les évèques ob^ tinrent Tautorisation d'accorder les dispeo&es que Ton demandait jusque-là au siège apostolique. Les bulles ambitieuses qui commencent par ces mots : Cœna domini et UnigeniiuSy fuirent annulées. L'em^ pereur ferma sept cents monastères et employa leurs revenus au profit du clergé séculier, imposa aux nonnes des travaux charitablei^^défenditle.commeroe' des indulgences, des-/ amulettes et des prières. Le» nombre des ecclésiastiques, pendant son règne, fiit réduit de trente-six mille* Enfin, il raya du bréviaire Toraiaon adressée à Grégoire VII, qui rappelait, de* puis si longtemps, l'humiliation de Henri IV.

Tant d'innovations, effectuées aussitôt que décrétées, troublèrent profondément la cour romaine. Le pape écrivit lettre sur lettre à l'empereur : ses remontrances ne produisirent aucun effet. Pie VI prit alors la résolution de partir pour Vienne, d'aller personnellement conférer avec le disciple révolutionnaire de la France. La démarche de Henri IV et la scène de Canosga eurent leur contre-partie : au onzième siècle, le pouvoir temporel avait courbé la tète devant l'insolence du pouvoir clérical; c'était maintenant l'Éghse qui comparaissait devant le trône de l'empereur, lui soumettait une requête et sollicitait ses bonnes grâces. •

Joseph II, comme Grégoire VII, se montra inexor^ rable. Le pape fut reçu avec des marques de déférence, avec la politesse des temps modernes, mais

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n'obtint pas de concessions. L'œuvre du monarque philosophe resta debout; ni l'invasion française, ni le congrès de Vienne ni les trente-trois années qui suivirent ne l'ont ébranlée. Elle forma le code ecclésiastique de l'empire jusqu'à l'année 1849. Le 23 avril 1850 seulement, un rescrit du prince actuel y porta une première atteinte; le pacte nouveau Ta détruite de fond en comble.

Mais, après soixante-dix ans d'existence, une institution ne disparaît pas tout à coup sans laisser de traces. Le fébronisme ou le joséphismey comme on l'appelle encore, a donc dans les États autrichiens un grand nombre de partisans, qui blâment le concordat. Le gouvernement ne peut dédaigner leurs objections, car elles s'appuient sur des principes respectables et déjà sanctionnés par l'usage. Il leur fait répondre en attaquant l'Église gallicane et les tendances religieuses des Bourbons. Cette polémique, avouons-le, est conduite avec beaucoup d'intelligence et d'adresse ; elle compose le fond des brochures et des articles de journaux publiés sur les bords du Danube. La France, qui ne s'en doute pas, sert de but aux ultramontains allemands.

Le clergé secondaire n'a pu lire sans inquiétude le traité conclu avec le siège apostolique. Il garantit au clergé supérieur toutes sortes de droits et de privilèges, mais ne renferme aucune stipulation en faveur des simples ecclésiastiques, ne leur laisse aucun refuge contre l'oppression et l'arbitraire. Leurs chefs peuvent les appeler à des fonctions lucratives, ou les révoquer, les punir, les enfermer, suivant leur ca-

price. L'article H est ainsi conçu : <( Les» évêques auront toute liberté d'infliger les peines désignées par les sacrés canons, ou autres qu'ils jugeront convenables^ aux clercs qui ne porteraient pas un costume ecclésiastique décent, conforme à leur ordre ou à leur dignité, ou qui, d'une manière quelconque, mériteraient le blâme, et de les incarcérer dans des monastères, séminaires ou édifices spéciaux. » C'est l'organisation du despotisme épiscopal. Nul recours, nul appel en cas d'abus et d'injustice. Les victimes n'auront qu'à baisser la tête et a soufirir en silence. Un certain nombre d'hommes politiques forment une dernière classe de mécontents. Pamâi eux se trouve M. de Bruck, le ministre des finances. Les prodigieuses concessions faites au gouvernement pontifical les remplissent de crainte. Le concordat leur semble gros d'orages et la cour de Vienne dominée par une illusion fatale. L'empereur, suivant eux, a constitué dans ses États une puissance qui étouffera bientôt la sienne, ou lui disputera du moins la suprématie. Des luttes prochaines sont inévitables. Quelles graves perturbations peuvent sortir d'un pareil conflit! Dès le mois d'avril 1856, les premiers coups de tonnerre grondaient à l'horizon. Un Synode fut convoqué par l'empereur, qui voulait y faire présider l'archevêque de Vienne ; Pie IX convoqua ce même synode , sans mentionner la circulaire ministérieUe, et prétendit y donner la haute main au nonce apostolique. L'archevêque Othmar ne devait y paraître que comme membre de l'Église. On trouva un subterfuge pour aplanir le différend,

mais la guerre n'en était pas moins commencée. Nous passons sous silence le trouble apporté dans rinstruction publique, dans la librairie, dans les unions projetées par les familles et subordonnées maintenant aux décisions des évèques. A l'inquiétude générale se mêlent une foule d'inquiétudes et de griefe particuliers.

Le gouvernement autrichien ne dédaigne ni les objections ni les plaintes, comme on serait tenté de te croire. Il y répond, au contraire, dans des articles, dans des brochures soigneusement élaborés. Ces opuscules révèlent toute la portée du concordat, expliquent les intentions de l'Autriche, font connaître ses espérances et ses projets. On ne peut les étudier avec trop d'attention. Ils prouvent que le pacte i*écent est un des phénomènes intellectuels et politiques les plus graves, les plus curieux de notre époque.

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