‹ Histoire sommaire du commerceChapitre 15 sur 69 · L'ITALIE ANTIQUE · texte numérisé non relu

L'ITALIE ANTIQUE

diens. — Puissants par leur marine, mais affaiblis par leurs dissensions, ils commencèrent à décliner depuis leur défaite de Gumes (474)» œuvre des Grecs de Sicile et des Grecs de la Grande-Grèce coalisés. Les Romains allaient prochainement achever leur défaite et les incorporer par la prise de Véii (4o5) et la victoire du lac Vadimon (809).

L'Etrurie fut ravagée, dépeuplée, transformée en déserts et en marécages, exemple terrible qui frappa d'épouvante les ennemis de Rome. Et pourtant, les Romains devaient quelque reconnaissance aux Etrusques : c'est d'eux qu'ils avaient pris des mœurs, des coutumes, des institutions, jusqu'à des rois; c'est d'eux qu'ils avaient tiré, en partie, leur religion primitive. — L'art divinatoire, les combats de gladiateurs, les sacrifices humains, l'habitude d'exécuter de grands travaux d'utilité publique comme les égouts, les canaux de drainage, furent introduits à Rome par des lucnmonSy nobles venus d'Etrurie, dont trois parvinrent à la monarchie.

Les Etrusques savaient admirablement cultiver la terre, la débarrasser des flaques d'eau ; creuser des nécropoles, des hypogées comparables, par leur grandeur, à ceux des Egyptiens ; travailler le fer, le bronze et l'argile. — La collection Campana, au Musée du Louvre, présente des merveilles de l'art étrusque : terres cuites, vases vernissés, lampes funéraires, qui se vendaient chez les Latins et même chez les Grecs. Le commerce de cette nation était fort étendu et l'on a retrouvé des pièces de monnaie frappées àPopulonia, dans des villes de la Pologne.

Jusque vers le milieu du quatrième siècle avant Jésus- Christ, c'est-à-dire jusqu'au moment où Alexandre le Grand commence ses conquêtes, et où la puissance rom£(ine accomplit ses premiers progrès,- le vieux monde,

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riverain de la Méditerranée, était partagé entre ces trois grandes races colonisatrices : les Grecs, les Etrusques et les Phéniciens de Garthage. — 11 convient de parler de ceux-ci avant de passer à l'histoire romaine.

Les Carthaginois. — Parmi les colonies lointaines de Tyr, les principales, celles d'Utique et de Gadès, remontent à Tan iioo avant Jésus-Christ; Garthage, à Tan 800. Une princesse, Elissar, surnommée Didon (la fugitive), pour échapper à Tavarice et à la cruauté de son frère Pygmalion, roi de Tyr, avait entassé ses trésors sur une flottille et était venue les mettre en sûreté sur un point de la côte de la Zugitane (Tunisie), que Ton appela Karhadohât (la ville nouvelle), ou Kart-ago (la forteresse de la mer).

A partir du septième siècle, Garthage supplanta sa métropole en Afrique et plus tard, à la chute de Tyr, elle recueillit les marchands et les armateurs qui craignaient le joug des Perses ou des Macédoniens.

Protégée par la citadelle de Byrsa, à la fondation de laquelle se rapporte une légende célèbre ; en amphithéâtre sur un golfe bien abrité ; pourvue d'un port militaire et d'un grand port marchand, Garthage devint une nouvelle Tyr, plus vaste et plus peuplée que l'ancienne. Aux temps de sa splendeur, elle compta 700000 habitants. Elle hérita des anciens comptoirs phéniciens de Sicile, de Sardaigne, des Baléares et d'Espagne; elle y en ajouta de nouveaux, surtout le long de l'Afrique Mineure, depuis la Grande Syrte jusqu'aux confins du Maroc actuel. — Tripolitaine, Tunisie, Algérie, Maroc reconnurent sa prééminence. Elle essaya même de rétablir les anciens établissements de la côte occidentale d'Afrique : tel fut le but de l'expédition de Hannon, au cinquième siècle.

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I/ITALIB ANTIOUB

Hannon partit de Carthage avec 60 galères à 5o rames portant des colons, des armes, des provisions ; il franchit les colonnes d'Hercule, doubla le cap Soloeis (cap Cantin), aborda dans l'île de Cerné, au sud des îles Fortunées ; vit l'embouchure du Sénégal, le cap Vert et s'avança jusqu'à l'île Sherboro (Sierra-Leone), qu'il appela île des Gorilles parce qu'il dut y combattre des sauvages velus, pareils à de grands singes. — La relation de son voyage, dite Périple de Hannoïiy fut écrite sur un mur du temple d'Eschmoun, à Carthage, où un étranger la copia et la sauva de la destruction de la ville par les Romains.

A peu près à la même époque, un autre Carthaginois, Himilcon, passant lui aussi les colonnes d'Hercule, marchait vers le nord de l'Europe et visitait les îles CEstrymnides, qu'on croit être les fameuses Cassitérides des premiers Phéniciens.

La république de Carthage consacra toutes ses forces à l'expansion coloniale. Elle tira d'énormes revenus des mines de la Sardaignc et de l'Espagne ; elle se maintint fortement dans l'ouest de la Sicile malgré les elForts des Grecs; elle accapara le commerce de l'intérieur de l'Afrique. Par ses emporia, échelonnés sur les deux Syrtes, comme la Grande Leptis, elle attira les caravanes qui charriaient les dattes, la poudre d'or, l'ivoire du Sahara et même du Soudan.

Malheureusement tout était subordonné à l'argent dans cette ville de grand négoce. Une ploutocratie égoïste et cupide y dominait. Les chefs des cent principales maisons de commerce y exerçaient une autorité analogue à celle du Sénat à Rome; mais tandis que les sénateurs romains avaient des idées justes, des vues intelligentes, les Cenlumvirs de Carthage ne se déterminaient guère que par la considération étroite de leurs intérêts matériels et immé-

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