‹ Histoire sommaire du commerceChapitre 26 sur 69 · U FÉODALITÉ · texte numérisé non relu

U FÉODALITÉ

châteaux forts. « Pas de seigneur sans terre, pas de terre sans seigneur y>, voilà la formule du gouvernement féodal.

Du cinquième au dixième siècle, les souverains bar* bares, comme les Mérovingiens, avaient coutume de récompenser' leurs leudes par des donations de terrains, soit à titre définitif, sous la condition du service militaire, soit à titre temporaire ou viager : de là la distinction entre les alleux et les bénéfices. Les possesseurs de bénéfices parvinrent à transformer leurs propriétés imparfaites en propriétés allodiales plus complètes. Le traité d'Andelot, en 587, et la Constitution perpétuelle de 6i4 consacrèrent ce changement. Toute propriété importante devint un fief^ ainsi nommée du mot feod (foi), parce que, en retour des avantages qu'elle lui conférait, le propriétaire engageait sa foi au souverain, au dispensateur de ces libéralités.

Mais à mesure que le nombre des fiefs augmentait, le domaine royal diminuait, de sorte que bientôt les derniers des Mérovingiens et les faibles successeurs de Gharlemagne n'eurent plus de terres à distribuer. On déclara fiefs certains revenus, certaines charges, certaines fonctions. — Lorsque, au neuvième siècle, commencèrent les invasions des Normands, Charles le Simple, incapable de défendre les petits propriétaires, les engagea luimême, par redit de Mersen (847), à se recommander à un propriétaire plus en mesure de les protéger. L'édit de Pistes, en 862, ordonna de réparer ou de construire des châteaux forts. L'édit de Kiersy-sur-Oise, en 877, du même monarque impuissant, attribua aux fils du fonctionnaire qui mourait au service du roi le fief et les honneurs paternels, c'est-à-dire qu'il leur assura l'hérédité des charges. La propriété avait engendré la souveraineté.

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8i HISTOIRE SOMMAIRE DU COMMERCE.

A la place d'un Etat, il y eut une infinité de petits Etats, dans lesquels chaque seigneur était maître et exerçait Loua lerf droits régaliens, c'est-à-dire royaux. Une sorte de hiérarchie s'établit entre ces propriétaires : les uns furent suzerains, les autres vassaux, sans que ces termes nouveaux impliquassent une supériorité ou une inférionlè nbaolue. Les cérémonies de V hommage, du serment de fidélité et de YinvesiUure réglèrent les rapports, les devoirs et les droits réciproques du suzerain et du vassal, louiS lc3 deux seigneurs au même titre.

Rien de plus compliqué que le mécanisme de la société féodal le. Bornons-nous à remarquer qu'on distingua dès le rlixiéme siècle trois classes bien tranchées : celle des nobies, auxquels il faut rattacher les prêtres; celle des non nobles ou roturiers, ou vilains, ou manants; enfin, celle des serfs.

l.cs nobles étaient généralement d'intrépides soldats, àù valeureux chevaliers, combattant pour un idéal d'honneur, mais, à l'ordinaire, violents, orgueilleux et tyranniques. Ils vivaient dans un luxe grossier, achetant lorsqu'ils n'avaient pas pu se les procurer par la force, des chevaux, des armes de prix, des fourrures, des oiseaux de proie dressés à la chasse; ils s'occupaient presque excluisivement de guerres, de brigandage, de duels, de tournois^ et, parla conquête ou par les mariages, ils ajoutaient une comté à un duché, un marquisat à une comté, une biironnie à un marquisat.

L'hiiitoire officielle du moyen âge est remplie de leurs exploits ou de leurs crimes. Les droits féodaux (droits de déshéf once, de relief, de rachat, de forfaiture, de gardenoble, de tutelle, de mariage, de service militaire, de juridiction et aides féodales) déterminaient les relations entre tous ces seigneurs.

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