DKS CROISADES JUSQU'A LA GUERRE DE CENT ANS
mandie, la Flandre achetèrent également les vins de Bordeaux, célèbres depuis Tépoque romaine. Des Juifs portugais, expulsés de leur patrie, vinrent s'établir en Guyenne au treizième siècle, et contribuèrent à sa prospérité. Tant que dura la domination anglaise, c'est-à-dire jusqu'en i453, cette province fut une des plus riches et des plus florissantes. En outre de la vente des vins, elle se livrait à l'exportation du sel, de la résine et du goudron ; à l'importation des grains, viandes et poissons salés, beurre, fromages, métaux, laines, cuirs, draps, toiles, articles de mercerie.
On doit une mention particulière à la ville de Cahors. Les Cahorsins avaient la spécialité des opérations de banque ; ils rivalisaient dans toutes les foires de France avec les Lombards ; ils étaient réputés pour leur habileté financière, et passaient à tort ou à raison pour des usuriers dangereux * .
Enfin, dans le Languedoc et la Provence, le commerce du moyen âge s'était développé à l'époque des Croisades.
Montpellier, la reine du Languedoc^ célèbre par ses monnaies d'or si pures et si loyales, attirait les peuples les plus divers : Français du nord. Italiens, Espagnols, Grecs et Sarrasins. On y vendait toute l'année les draps grossiers de la région des Cévennes, teints en kermès ou en garance, les cuirs de Cordoue admirablement ouvrés, les chefs-d'œuvre de la coutellerie, de l'orfèvrerie, les produits agricoles du fief des comtes de Toulouse : vins, huiles, plantes tinctoriales.
1 . Go en dit autant des Corsins, habitants de Caorsa en Piémont, avec lesquels on les a quelquefois confondus.
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lifli HISTOIRE SOMMAIRE DU COMMERCE.
Le port de Montpellier, Maguelonne, situé sur un étanj^ praticable, abritait les navires en partance pour Tripoli d'Asie et Saint-Jean d'Acre ou de retour du Maghreb. Des routes de terre conduisaient de Montpellier en Champagne et jusqu'en Flandre. La ville comptait 120000 habitants, deux fois plus qu'aujourd'hui. Aucune autre commune n'a pratiqué une politique commerciale plus libérale et plus intelligente. Montpellier n'usa jamais du régime des monopoles ; elle admit la concurrence ; elle toléra la présence des Juifs et des Musulmans, à qui pouvait être même conféré le droit de cité, sous certaines contlitions.
Lûi'squc Philippe III de France eut recueilli l'héritage do son oncle Alphonse de Poitiers, le Languedoc enh-a dans le domaine royal. Montpellier seule lui échappti avec le comté de Mauguio; elle se trouva bien de Tadministration aragonaise, et ne souffrit guère de la création du port d'Aigues-Mortes par saint Louis.
La même observation peut s'appliquer à Narbonne et k Marseille. Narbonne fut une des premières clientes de la République génoise; elle exportait des vins aromatisés et épicés, fort appréciés des gourmets.
tjuant à Marseille, les Croisades lui avaient rendu son importance d'autrefois. La Roche de Marseille où s'embarqua Join ville, où s'était embarqué Richard Cœur de Lion, éLuîL le point de départ de nombreux chats-chàtea.ux^ ^Tos navires de transport à destination des fondoucks de Syrie. Des bateaux plus légers, les iarlanes, faisaient voile vers l'Afrique septentrionale où les maieons di' commerce telles que celle des frères Manduel vendaient les bois, les vins, les huiles, le pastel, les draps et déjà le savon. La réunion de la Provence aux Deux-Siciles favorisa encore l'expansion du commerce
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