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Le gouverneur du Canada, le comte de la Galissonnière, fit construire des forts : Beauséjour, Frontenac, Toronto, de Chartres et Duquesne, pour assurer les communications entre les pays du Saint-Laurent et ceux du Mississipi.
Les colons de la Nouvelle-Angleterre et de la Virginie levèrent des milices de volontaires pour détruire le fort
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Duquesne. Ils assassinèrent un officier envoyé pour parlementer, Villiers de Jumonville, mais ils échouèrent dans leur attaque (l754). Le nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, le marquis de Vaudreuil, vengea de Jumonville et chassa les Anglais du fort Necessity qu'ils avaient opposé au fort Duquesne, sur la rive gauche de rOhio. L'expulsion des Français d'Acadie, leur douloureux exode [lire le poème d' « Evangéline » par le poète américain Longfellow)^ les actes de piraterie de Tamiral Boscawen, les insultes faites au pavillon royal dans les Antilles, forcèrent enfin Louis XV à déclarer la guerre (l756).
Il la conduisit mollement en dehors de T Europe. Lord Ghatam, au contraire, considérait la conquête du Canada comme le véritable enjeu de la grande partie qui s'engageait.
Les Canadiens français n'eurent à compter que sur eux-mêmes. Les coureurs des bois, ainsi qu'ils se surnommaient, étaient habitués à tous les dangers, à toutes les privations ; c'étaient d'excellents chasseurs qu'une expédition de quinze mois dans les solitudes glacées où vivent les animaux à fourrures n'effrayait pas. Ils se groupèrent autour du marquis de Montcalm, venu de France avec trois mille soldats.
Montcalm, né en 1712, aux environs de Nîmes, était doué de sang-froid. Très élégant dans ses manières, très distingué dans ses discours et ses écrits, à la fois passionné et réfléchi, il commença par remettre de l'honnêteté dans le commandement. Avec des contingents dérisoires, il parvint à tenir en échec 1 200000 colons anglais, parmi lesquels Washington et Franklin ; avec quelques vaillants lieutenants, les chevaliers de Lévis et de Bougainville, il eut raison de la discorde, de la concussion dont le gouver-
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neur Bigot, de triste mémoire, avait donné Texemple, de la famine, de tous les fléaux. Dès Touverture des hostilités, il s'empara par surprise des forts William-Henry et Oswégo. William Pitt envoya contre lui 3oooo hommes dé Tarmée régulière auxquels se joignirent 60000 miliciens américains, et, contre ces masses compactes, Montcalm lança bravement 5ooo soldats et marins renforcés, il est vrai, de i5ooo coureurs des bois et de quelques Peaux-Rouges. En 1758, il remporta la victoire de Carillon, une victoire à la Pyrrhus, car les rangs des vainqueurs allaient s'éclaircissant.
Bougainville vint à Versailles réclamer des renforts. Berryer, le ministre de la marine, l'arrêta net dès les premiers mots : « Monsieur, lui dit-il, quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries I »
Sans perdre patience, Montcalm enrôla des indigènes et put mettre en ligne 5 5oo combattants pour essayer d'arrêter les trois armées de Prideaux, d'Amberst et de Wolf, fortes de plus de 5oooo hommes bien équipés et pourvus de munitions. Il sauva la citadelle de Niagara et gagna la bataille de Montmorency ; mais, épuisé de tant de fatigues et entouré d'un cercle de feu, il fut vaincu et tué sur le plateau d'Abraham, à la journée de Québec, le i3 septembre lySg. Les Anglais perdirent, de leur côté, le général Wolf, et, pour honorer également les deux illustres chefs qui étaient tombés ensemble, ils les enterrèrent dans le même tombeau.
Le marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle- France, résista encore quelque temps à Montréal. Un ordre formel de Louis XV l'obligea à capituler. « Enfin, s'écria M"® de Pompadour, le roi dormira tranquille ! »
Le roi ne se piquait pas de faire la paix en marchand. Il s'empressa, au traité de Paris, de livrer à Tinsatiable
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264 HISTOIRE SOMMÀIRK DU GOUMERCB.
Angleterre toutes les colonies de TAmérique du Nord habitées par 82 000 Français, et, comme si ce n'était pas assez d'un tel sacrifice, il fit don au roi d'Espagne, son inutile allié, de la Louisiane déjà florissante, de la Louisiane qui renfermait 7000 de nos nationaux et qui faisait avec Saint-Domingue un commerce d'environ cinq millions de livres par an. L'Angleterre ne consentit à cette cession qu'après avoir enlevé à l'Espagne la presqu'île de la Floride. Ainsi elle parvenait à ses fins, ainsi elle dépossédait les Français d'un continent où ils auraient dû dominer, où leur race s'est perpétuée malgré les événements politiques, où ils avaient démontré à leurs détracteurs qu'ils possèdent aussi bien que les autres peuples les qualités nécessaires à la colonisation.
Saint-Pierre et Miquelon, deux rochers ; le droit de pêche sur le grand banc de Terre-Neuve ; le privilège contesté du French-Shore (rivage français), voilà tous les vestiges de notre ancienne suprématie dans cette partie du monde. Les Anglais, intelligemment, laissèrent à leurs nouveaux sujets leur religion, leurs lois, l'usage de leur dialecte, leurs biens.
Le traité de Paris, en outre du Canada et des Indes, avait donné à l'Angleterre les îles Grenade, Saint- Vincent, Tabago et la Dominique aux Antilles.