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LES DOCTRINES ÉCONOMIQUES AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Aux approches de la Révolution, la France régnait dans le monde par ses penseurs, ses écrivains, ses ar^ listes. Déchue militairement et politiquement, elle conservait la suprématie intellectuelle et morale acquise au siècle précédent.

Les philosophes : Montesquieu, Voltaire, J.-J. Rousseau, etc., précurseurs de la Révolution, s'occupaient moins alors de métaphysique et de psychologie que des moyens d'améliorer le sort des hommes ; ils combattaient ridée d'autorité absolue et réclamaient pour les peuples la liberté politique, la fraternité sociale. Parmi eux, ceux qu'on appelle les encyclopédistes, les Diderot, les d'Alembert, s'attachaient à réhabiliter le travail manuel, à prouver sa noblesse. On se passionnait pour tout ce qui développe le bien-être, la richesse ; pour tout ce qui affranchit des lois tyranniques de la nature.

Enfin les économistes, ceux qui nous intéressent ici, recherchaient les moyens de rendre libres TindusCrie et le commerce.

La science nouvelle^ comme on appelait l'économie politique, date du dix-huitième siècle et est bien d'origine française. Jean Bodin, Fénelon, Boisguilbert, Vauban, Law et son secrétaire Melon avaient écrit des ouvrages sur certaines questions d'ordre économique, mais leurs théories étaient comme éparses et ne formaient pas un corps de doctrine. C'est dans les réunions mondaines du Club de l'Entresol et du salon de M*"' GeolTrin, que de brillants causeurs, du genre de l'abbé Galiani, commen-

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