‹ Histoire sommaire du commerceChapitre 63 sur 69 · L'EUROPE Â LA FIN DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

L'EUROPE Â LA FIN DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

M"' Geoffrin, fit vers 1789 de grands changements dans Tordre social de son pays. Ennemi des privilèges aristocratiques, il avait décidé que tous les Suédois seraient égaux devant la loi et admissibles aux fonctions publiques. Il avait aboli la torture, interdit la mendicité, organisé des maisons de travail pour les pauvres valides, proclamé la tolérance religieuse, encouragé les travaux publics, l'exploitation des mines de fer et de cuivre, et protégé les lettres et les arts. Il mourut tragiquement en 1792, victime d'une conspiration des nobles, que ces changements inquiétaient.

5** La Pologne. — La malheureuse Pologne figurait encore sur la carte de TEurope en 1789, mais combien diminuée ! Sa population s'élevait encore à 9 millions d'habitants, mais le premier partage de 1772 lui avait enlevé toutes ses anciennes conquêtes. L'Autriche lui avait pris les palatinats de Cracovie et de Sandomir avec la majeure partie de la Podolie ; la Russie lui avait dérobé la Courlande et la presque totalité du palatinat de Minsk ; la Prusse enfin s'était attribué la Posnanie et toute la PoiTiérélie, à l'exception de Dantzig. Les deux autres partages de 1798 et 1796 allaient la faire disparaître du nombre des nations, mais non sans une héroïque résistance qui permit à la France, ne l'oublions pas, de prendre l'offensive contre la coalition des spoliateurs.

Voilà comment l'Europe chrétienne reconnaissait les services rendus au moyen âge par la Pologne, boulevard où s'étaient brisées les invasions mongoles. Sans frontières naturelles, sans gouvernement solide, l'infortunée patrie des Sobieski portait la peine de ses imprudences, de ses fautes, de son anarchie intérieure : dure leçon pour les États où régnent le trouble et la discorde 1

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6° Turquie. — Quant à la Turquie d'Europe, démembrée elle aussi à la paix de Carlowitz (1699) et à la paix de Passarowilz (1718), elle comprenait encore toute la péninsule des Balkans et la Grèce, sauf quelques districts vénitiens et le Monteneg^ro ; elle débordait largement sur la rive gauche du Danube et occupait la Roumanie entière et la Bessarabie : le Dniester lui servait de limite de ce côté. Sa population était la plus forte de TEurope : 5o millions d'habitants. Au dehors, elle régnait sur l'Asie Mineure, sur l'Egypte, et nominalement, dans le Maghreb; toutefois cette grandeur était plutôt apparente que certaine. Restée asiatique plus qu'européenne, elle devait servir d'enjeu aux autres Etats qui s'occuperaient de la fameuse question d'Orient.

Nous compléterons ce tableau par quelques traits relatifs au Saint-Empire germanique, à l'Espagne et aux États secondaires.

7° Le Saint-Empire romain. — Morcelée à l'excès, comptant plus de 34o États rangés en dix cercles, la vieille Allemagne avait perdu toute force d'action. La Prusse et l'Autriche commençaient à s'y disputer l'influence. La qualité impériale conférée à l'élection par huit personnages dont trois ecclésiastiques : les archevêques de Trêves, Mayence et Cologne, et cinq laïques : le duc de Saxe, le roi de Bohême, le roi de Prusse, le comte palatin du Rhin, et l'électeur de Hanovre, n'avait cessé d'appartenir à l'antique famille des Habsbourg depuis 1272. Elle n'était que nominale. Heureusement pour l'empereur qu'il possédait des États héréditaires considérables, peuplés de 20 millions de sujets et fournissant un revenu militaire de 79 millions de livres; ce qui lui permettait de surveiller ses possessions lointaines

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