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L'EUROPE A LA FIN DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

dlialie et des Pays-Bas flamands. En 1718, Charles VI avait privilégié la riche Compagnie d'Ostende, qui inquiéta un moment le commerce anglais dans les Indes.

Le noyau des domaines impériaux était Tarchiduché d'Autriche. La Styrie, la Carinthie, la Carniole et le Tyrol s'y rattachaient, formant un premier groupe. Le royaume de Bohême et de Moravie constituait un second groupe ; les pays de la couronne de Hongrie : royaume de Hongrie, royaume de Croatie, royaume de Slavonie et Confins Militaires, principauté de Transylvanie, un troisième. La conquête du banat de Temesvar sur les Turcs et l'annexion de la Galicie et de la Lodomérie complétaient cet ensemble imposant, auquel on pourrait encore ajouter les villes forestières de Souabe et le Brisgau.

A tout prendre, l'empereur d'Allemagne était redoutable. Depuis 1780 jusqu'en 1790, celui qui régna s'appelait Joseph II, le frère de Marie- Antoinette de France et de Marie-Caroline de Naples. Il a été un prince philosophe, bourgeois d'allures, autoritaire et chimérique. Son despotisme éclairé ne fut pas heureux. Il rêvait de créer un État moderne ^ laïque et fortement centralisé, mais il alla trop vite en besogne. Coup sur coup, il prétendit imposer la langue allemande à tous ses peuples si divers, supprimer les droits de la féodalité, fermer les couvents, abolir les douanes intérieures, accorder l'égalité à toutes les religions, faire supporter l'impôt par tout le monde, exiger de chacun le service militaire, etc. Pour ranimer l'industrie et le commerce, il fonda des manufactures, améliora les ports de Fiume et de Trieste, appliqua un système protectionniste à outrance. Toutes ses entreprises échouèrent ou n'eurent qu'une durée éphémère.

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30i HISTOIRE SOMMA.IRE DU COMMERCE.

8® L'Espagne. — Comme le Saint-Empire, TEspagne n'était plus que Tombre d'elle-même. Elle ne se soutenait que par ses splendides colonies des Indes occidentales, c'est-à-dire la Floride, La Louisiane, le Mexique, TAmérique centrale, les plus belles des Antilles (Cuba, Porto- Rico, la moitié de Saint-Domingue), toute l'Amérique du Sud, à l'exception du Brésil. Elle conservait en outre les Philippines en Océanie et quelques comptoirs en Afrique. Mais sa situation économique était lamentable. Les privilèges de la compagnie de la Mesia, propriétaire d'énormes troupeaux de moutons et de chèvres, ruinaient l'agriculture; l'industrie et le commerce, anéantis par l'expulsion des Morisques sous Philippe III, et par les tristes effets de l'exploitation des colonies, n'avaient pu refleurir, malgré les louables efforts des ministres de Charles III : d'Aranda, Florida-Blanca et Campo-Manès. On doit à ces réformateurs, élèves des philosophes français, la construction de quelques belles routes, l'ouverture du canal d'Aragon, la liberté du commerce des grains, l'unification des monnaies, la restriction du droit d'asile et des autres avantages d'un clergé trop puissant. Vers 1789, l'Espagne n'en était pas moins une puissance irrémédiablement déchue. Sa population était tombée à 8 millions et demi d'habitants, moins que celle de la Pologne. La Banque Saint-Charles à Madrid, fondée en 1782 par le Français Cabarrus, au capital de 78 millions, ne fit jamais que végéter.

9*^ "Le Portugal . — Le petit Portugal qui avait repris en i64o, avec son indépendance, ses colonies du Congo, du Mozambique et du Brésil, ses comptoirs des Indes et de Macao en Chine, était loin d'avoir conservé l'avance qu'il avait prise au seizième siècle. Sous le règne de

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