‹ Histoire sommaire du commerceChapitre 65 sur 69 · L'EUROPE A LA FIN DU DIX-HUITIÈMB ÇIÈCLK · texte numérisé non relu

L'EUROPE A LA FIN DU DIX-HUITIÈMB ÇIÈCLK

Joseph I*"", le marquis de Pombal, le Richelieu portugais, fit en vain des réformes inspirées des réformes françaises. Il se servit de moyens violents et illégaux; il fit le bien à coups de hache. Il réorganisa Tarmée et la marine, rebâtit Lisbonne, aux trois quarts détruite par le tremblement de terre de 1755, expulsa les Jésuites, diminua considérablement la puissance de Tlnquisition, éleva les tarifs d'entrée sur les marchandises anglaises, et voulut ainsi se soustraire à la tyrannie commerciale du traité de Méthuen. Bien peu de ces améliorations lui survécurent.

lo* lia Hollande. — Parmi les autres Etats secondaires, la Hollande, pas plus que l'Espagne et le Portugal, n'avait progressé; au contraire. Il lui restait bien de grandes et riches colonies : les Indes néerlandaises, une partie de la Guyane et quelques petites Antilles, Tîle de Ceylan et le cap de Bonne-Espérance, mais les Anglais n'allaient pas tarder à lui prendre ces deux dernières.

11® Le Danemark. — Le Danemark uni à la Norvège, et plus grand qu'aujourd'hui de tout le Sleswig-Holstein, était avant tout un pays agricole. Le passage du Sund par les navires étrangers lui procurait d'assez beaux revenus. A la fin de la période des temps modernes, des réformateurs : Ernest Bernstorf , le célèbre Struensée et André Bernstorf, au nom de leur souverain, Frédéric V, avaient relevé la condition des paysans, organisé l'instruction publique, recréé la marine.

12** L'Italie. — Partagée entre diverses nations et plusieurs princes, la péninsule italique devait continuer à être le champ de bataille des Européens pendant la Révolution. Outre les Etats de l'Eglise, on y distinguait :

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au nord, la vieille République de Venise, avec ses établissements de Dalmatie, des Iles Illyriennes et Ioniennes; le Milanais, appartenant aux Autrichiens ; les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, fief d'un Bourbon d'Espagne, l'infant don Philippe, qui avait pris des conseillers français : Du Tillet et le philosophe Gondillac. Le duché de Modène, la république génoise sont également à citer. Formé du Piémont, de la Savoie, du comté de Nice et de l'île de la Sardaigne, le nouveau royaume dont Turin était la capitale, ne laissait pas prévoir quelles seraient ses glorieuses destinées: pour le moment, il n'était guère qu'une proie offerte aux Français dès leurs premiers mouvements offensifs en Italie. Dans le centre, la Toscane, administrée jusqu'en 1790 par Léopold, frère de Joseph II d'Autriche, à qui il devait succéder, connut une prospérité rare due à la politique libérale de son grand-duc. Léopold y mit en pratique les théories humanitaires exposées par l'immortel Beccaria dans le Traité des délits et des peines, un des plus beaux livres du dix-huitième siècle. Il abolit la peine de mort et adoucit les rigueurs du code pénal : signes heureux des temps nouveaux. Il diminua la gabelle, fit dessécher la Maremme et décréta la liberté du commerce.

Nous ne parlerons que pour mémoire d'Etats minuscules, tels que la république de Lucques, de la principauté de Piombino et de l'île d'Elbe, de la commanderie de Malte, aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, depuis qu'ils avaient été chassés de Rhodes par lesTurcs (seizième siècle).

C'est dans le sud de l'Italie que se trouvait l'Etat numériquement le plus important : le royaume des Deux- Siciles. Gouverné, lui aussi, par un Bourbon d'Espagne, il comptait 5 800 000 habitants, presque autant que la Prusse. Un ministre de ce Charles VII, qui fut plus tard

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roi d'Espagne sous le nom de Charles IV, Tanucci, s'inspira des idées de Beccaria. 11 ordonna la rédaction du code Carolin, expulsa les Jésuites, abolit la dlme ecclésiastique, soumit les prêtres à Timpôt, encouragea les beaux-arts, honora le créateur de l'histoire philosophique, Vico, et fit de Naples non seulement une ville de plaisirs, mais encore un des foyers intellectuels de T Europe.

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