‹ Histoire tintamarresque de Napoléon IIIChapitre 14 sur 104 · LOUIS · texte numérisé non relu

LOUIS

On conçoit sans peine tout ce qu’un semblable pèleri-

nage réveilla de joie et d’espoir dans le coeur des deux touristes.

Mais la reine Hortense avait l’esprit trop pratique pour nager longtemps et laisser nager son Ms dans le bleu des souvenirs.

Chemin faisant, ils se livraient à une douce propagande dans les campagnes qu’ils traversaient.

Us entraient dans les chaumières et collaient sur les murs des portraits coloriés à un sou du petit Caporal.

Ils se mettaient à table avec les paysans ; et au dessert, Louis chantait le Beau Danois.

Quand le prince rencontrait des petits enfants revenant de l’école, il les arrêtait, leur donnait des liards en

leur disant que si l’empereur revenait, il y aurait deux jeudis dans chaque semaine.

S’il trouvait un invalide sur son chemin, il lui offrait une chique, lui parlait d’Austerlitz et voulait absolument lui porter sa jambe de bois jusque chez lui.

Enfin, après avoir parcouru cent endroits de la France où ils n’avaient pas plus besoin de passer pour se rendre en Suisse que l’omnibus des boulevards n’aurait de raison pour aller doubler la presqu’île de Gennevi Hiers, le prince Louis et sa mère arrivèrent à Arenenberg (Suisse), convaincus que le crétinisme n’était pas encore assez éteint en France pour que l’on renonçât à l’espoir d’y acclimater à l’occasion des plébiscites bonapartistes.

La Série : 50 centimes

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Par TOUGHATOUT

PARIS

DEPOT DE VENTE AU BUREAU DE L’ÉCLIPSE

3* Série

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