CETTE ANNOTATION DU SECRETAIRE : « CANAILLE MAIS PAS DRÔLE
A Arenenberg, Louis-Napoléon apprit la mort do son cousin, le duc de Reichstadt, fils de Napoléon Ier.
Sa douleur fut immense.
Nous avons longtemps cherché à quoi nous pourrions bien la comparer pour en imprégner nos lecteurs.
Ce que nous avons trouvé qui approchât le plus de ce chagrin, c’est la désolation dans laquelle est plongé un jockey qui se voit sur le point de n’arriver que second au grand prix de la ville de Paris, en apercevant celui qui le dépasse rouler par terre à trente mètres du poteau d’arrivée.
1 I- 1 I vu.
I ,o premier inouvemënt de Louis-Napoléon, en apprenant cette fatale nouvelle, fut de s’écrier en sanglotant :
— Je vais donc pouvoir poser ma candidature.
Ce fut à cette époque que parut le premier volume du prince : Les Rêveries politiques.
Elles eurent un certain succès ; mais il faut dire que les Rêveries d'un étameur de Furpillc n’avaient pas encore paru dans le Tintamarre ,
Les Rêveries politiques étaient un amalgame de théories sociales, de systèmes gouvernementaux, de plans de constitutions, etc., etc., dans lequel il y avait à boire et à manger.
Quelque chose qui rappelait par la forme le prospectus d’un marchand de vulnéraire, bon pour les coupures, les entorses, les cors au pied et les fluxions de poitrine; et qui, par le fond, ressemblait à ces professions de foi électorales (pii permettent de manger le vendredi sans, faire gras et les autres jours sans faire maigre.
Dans ses Rêveries politiques, Louis-Napoléon n’hésitait pas à se donner comme républicain en théorie.
Mais, on pratique, il demandait le rétablissement de l’empire.
— Un prince prétendant, disait-il, peut convenir que la
République est ce qui nous divise le moins; mais il lui est difficile d’oublier que la monarchie est ce qui lui rapporte le plus.
Et partant de là, il ébauchait un projet de constitution, qui devait tout concilier, et dont les bases étaient celles-ci :
« Les trois pouvoirs de l’Etat sont : le peuple, le Corps législatif et l’empereur.
<( Le peuple nomme les députés.
Si- HISTOIRE TINTAMARRESQUE DE NAPOLÉON III
(( Les députés font les lois.
« L’empereur s’assoit dessus.
« De 'cette façon, tout le monde est content. »
Pendant que le prince Louis-Napoléon éditait son premier prospectus, la Cour d’assises de Paris, le 20 avril 1832, jugeait deux réfugiés compromis dans un complot.
Le nom de la reine Hortense et celui de son fils furent tant soit peu mêlés à ces débats ; mais, soit que le gouvernement français ne jugeât point à propos d’insister sur ce fait, soit que la reine Hortense eût, selon sa coutume, pris toutes ses précautions, l’affaire fut éteinte en ce qui les concernait.