‹ Histoire tintamarresque de Napoléon IIIChapitre 27 sur 104 · DEUXIÈME SÉJOUR EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉJOUR EN ANGLETERRE

Ce second séjour en Angleterre ne fut marqué par aucun événement digne d'être raconté.

Louis- Napoléon y reprit ses petites occupations de conspi rateur forai n .

1 1 publia son manifeste des Idées napoléoniennes , dans lequel il brisait l’apologie du premier Empire.

Ce document, dont le mot de la fin était à peu près celui-ci : « Seul représentant de l’honorable maison fondée par mon oncle en 1804, pour la mise en purée de 300,000 Français par an, j’espère que la France voudra bien me continuer la confiance, etc... etc..., » ne laissa aucun doute sur ses intentions nouvelles.

Ce fut cette époque que Louis-Philippe choisit, pour faire revenir pompeusement eu France, les cendres de l’Empereur.

Il y a des gens qui sont toujours pleins d’à-propos.

C’était le seul moyen dont Louis-Philippe pût disposer pour rendre le fils d’Hortense intéressant.

Il l’employaavec cette sérénité particulière aux joueurs de piquet, qui ont trois as dans la main et 11e trouvent rien de plus malin que de jouer dans celui qu’ils 11’ont pas, pour que leur adversaire puisse faire facilement la carte.

L’effet 11e manqua pas de se produire. L’arrivée des cendres de l’Empereur fut exploitée par le chauvinisme; et deux journaux que le prince fonda à Paris, préparèrent les esprits à la nouvelle parade de Boulogne, que nous allons raconter.

Avant d’entreprendre cette narration, disons, — c’est essentiel, — que la propagande qu’entretenait le prince depuis deux années, avait absorbé sa fortune tout entière.

Ses deux journaux, surtout, lui avaient coûté son château d’Arenenberg, ce qui 11e prouve pas qu’ils eussent un nombre considérable d’abonnés.

Ces deux feuilles étaient extrêmement violentes.

Les rédacteurs 11’avaient point d’appointements fixes ; mais ils étaient grassement payés, selon le nombre de gros mots, d’insultes et de provocations qu’ils avaient insérés dans leurs articles.

Tous les trois mois, le rédacteur en chef s’absentait pendant huit jours.

On imprimait en tête du journal qu’il était allé présenter ses devoirs à Son Souverain.

La vérité est qu’il était allé lui présenter sa note.

Le hasard a mis entre nos mains une de ces pièces de comptabilité.

Nous nous faisons un plaisir de l’offrir à nos lecteurs.

DOIT le prince Louis-Napoléon au journal le °°°, pour soins donnés à sa cause pendant le trimestre d’avril, mai, juin 1840, et dont le détail suit :

Dépenses matérielles : papier, impression,

employés, etc . 55,823 » c.

Avoir traité un républicain de sale mufle , tous les jours, pendant trois semaines. 1,500 »

En avoir traité un autre de ramasseur de

bouts de cigares . 200 r

Gratification au rédacteur °°°, pour article provoquant en duel le démocrate . 50 »

Gratification au même rédacteur pour trois coups de pied au cul reçus du même

démocrate . 30 »

Un coup d’épée donné par le rédacteur en chef lui -même au sans-culotte 00°, qu’il avait préalablement traité d’ivrogne. 350 »

Envoi de témoins pendant le trimestre à trente-cinq porcs de socialistes, et trente-

cinq vacations de deux hommes . 105 »

Blanchissage d’une chemise pour chacun

desdits témoins . 18 25

Total . 58,070 25 c.

On comprendra sans peine pi’avec de pareils frais de publicité, le prince Louis dut vite voir la lin de sa bourse.

C’est ce qui arriva vers la fin de juillet 1840, et le décida a tenter 1 entreprise de Boulogne, dont nous allons esquisser à grands traits le récit.

23e Livr

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