ÉDUCATION DE LOUIS-NAPOLEON
Après la restauration de Louis XVIII, la reine Hortense resta quelque temps à Paris, où elle se remit à intriguer de nouveau.
Mais le gouvernement français ne tarda pas à l’envoyer voir en Suisse si le marronnier du 20 mars avait des feuilles.
Elle se fixa à Constance, s’y fit construire un château avec l’argent qu’elle réclama à Louis XVIII pour sa part de collaboration dans la ruine de la France, et s’y installa avec son fils, dont elle fit commencer l’éducation par le général Bertrand, a précepteur dont on dut se contenter n' en ayant pas trouvé un qui s'appelât Robert Macaire )). (trombinoscope, n°s 11 et 12.)
Le général Bertrand ne contribua pas peu à développer
chez son jeune élève l’idée qu’il devait un jour reprendre la suite des affaires de son oncle.
Le jeune prince eut ensuite pour précepteur M. Narcisse Vieillard, qui lui donna les premières notions d’artillerie qui ont fait une si puissante notoriété à Napoléon III.
On sait en effet que l’ex-empereur jouissait d’une réputation énorme comme artilleur, et qu’il l’a parfaitement justifiée plus tard en inventant, dans le plus grand mystère, à Meudon, des mitrailleuses qui fonctionnaient publiquement en Prusse depuis cinq ans.
Outre les leçons de ces maîtres, le jeune prince suivait les cours d’un collège avec plus d’exactitude que de succès.
HISTOIRE TINTAMARRESQUE DE NAFOLÉOiN 111
Quand il n’était que le 2 36 de sa classe, c’était fête le soir à la maison.
Simultanément, il se livrait à tous les exercices du corps, qui donnent ordinairement à l’homme la souplesse, la force et l’élégance, mais 11e réussirent à faire de lui qu’un petit rabougri, trapu, empâté, mastoc et ayant tout juste la noblesse d’allures d’un tailleur qui a eu les jambes croisées pendant vingt-cinq ans.
11 apprit aussi plusieurs langues étrangères, entre 'autres l’allemand, ce qui lui permit plus tard de rendre son épée à Guillaume dans ce gracieux idiome, et de ne pas déshonorer la langue dont s’était servi Cambronne pour refuser de rendre la sienne.
La reine Iiortense 11’était pourtant pas entièrement satisfaite de son fils.