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les choses eschangées qui seront déclarées ci-après.
5. Aussi est convenu que ledit sieur duc rendra et restituera effectuellement et de bonne foi audit sieur roi ou à celui ou ceux qui seront à ce commis par S. M., le lieu, ville et chastellenie de Chasteau-Daufin, avec la Tour du Pont et ce qui est ocupé par led. duc ou les siens, dépendant du Daufiné, en Testât qu'il est à présent, sans y rien desmolir, affoiblir ni endommager en aucune sorte ; et délaissera toute l'artillerie, poudre, boulets et autres munitions de guerres, qui se trouveront dans lesdites places au temps présent. Pourront néantmoins les soldats, gens de guerre et autres qui sortiront desdites places, faire emporter tous leurs biens meubles, à eux apartenans, sans qu'il leur soit loisible de rien exiger des habitans desdites places ou plat pais ni en oster aucune chose apartenante ausdits habitans.
6. A esté aussi accordé que ledit sieur fera abbatre et desmolir entièrement le fort de Besche-Daufin, qui a esté construit pendant les guerres, et fera payer ledit sieur duc, pour le passage ci-dessus réservé, la somme de cent mille escus de trois francs pièce, monnoye de France ou la valeur, en cette ville de Lion, à celui ou ceux qui auront charge de Sa Majesté.
7. Et moyennant lesdites cession et transport, et toute l'artillerie, poudres et munitions conquises, qui demeureront entièrement à Sa Majesté, et, moyennant aussi tout ce que dessus est dit, ledit sieur roi se contente pour le bien de paix de laisser et transporter audit sieur duc, comme, par ses présentes, Sa Majesté lui cède, transporte et délaisse à ses héritiers et successeurs tous les droits, noms, raisons et actions, et
généralement tout ce qui peut estre prétendu par les rois et daufins de France à cause du marquisat de Saluées, ses appartenances et despendances, ensemble sur les places de Cental, de Mont et Roques-Sparviere, sans en rien retenir et réserver. Et a led. sieur roi quitté et remis aud. sieur duc toute l'artillerie et munitions qui se sont trouvées esdites places du marquisat de Saluées en Tan 1588.
8. Promet aussi ledit sieur roi faire rendre et restituer audit sieur duc, effectuellement et de bonne foi, ou à celui ou ceux qui auront charge de lui, tous les pais, places et lieux qui se trouveront avoir esté saisies et occupées depuis l'an 1 588 sur ledit duc et qui sont à présent possédées par Sadite Majesté ou par ses serviteurs, le tout en Testât que lesdits lieux sont à présent, sans y rien desmolir, affoiblir ni endommager en aucune sorte.
9. Restituant lesdites places, pourra ledit sieur duc transporter toute l'artillerie, poudres, boulets et autres munitions de guerre, qui se trouveront èsdites places au temps de la restitution . Pourront aussi lesdits soldats, gens de guerre et autres qui sortiront desdites places, faire emporter leurs biens meubles à eux appartenans, sans qu'il leur soit loisible de rien exiger des habitans desdites places ou plat pays ni emporter aucune chose appartenante ausdits habitans.
10. Et se fera ladite restitution de part et d'autre ainsi qu'il s'ensuit; c'est assavoir : aussi tost que les ratifications du présent traité auront esté fournies, ledit sieur duc fera remettre en la puissance dudit sieur roi ou de celui ou ceux qui auront charge de Sa Majesté, la citadelle de Bourg avec l'artillerie,
poudre, boulets et toutes lesdites munitions de guerre qui seront dans lesdites places. Et ladite restitution faite, ledit sieur roi fera aussi restituer les villes, chasteaux de Ghambéri, Mommeillian audit sieur duc; lequel, incontinent après, fera rendre le Chasteau- Daufin et tout ce qui en dépend, comme dessus est dit, et fera desmolir le fort de Beche-Daufin. Lesquelles choses estans parfaitement accomplies par ledit sieur duc, la valée et vicariat de Barcelonnette et de toutes les autres places et lieux, promis par ledit présent traité, lui seront entièrement rendues dans un mois après, et lui sera donné seureté raisonnable à son contentement.
Il y a encores seize articles de styles communs aux autres pacifications qui n'ont pas esté dignes de l'histoire.
Ici nous laissons l'entreprise de rendre un compte général, estans maintenant hors du siècle belliqueux. Seulement ne pouvons-nous, en bonne conscience, laisser les matières de remarque imparfaites si vous avez eu le goust du commencement. De cette sorte est la conjuration du mareschal de Biron, à laquelle participoyent des plus grands de la France, comme porte le discours suivant.