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Chapitre XII

Menées de la France et surtout du mareschal de Biron.

N'y ayant plus qu'exercices pacifiques au royaume, le conseil s'employa à ratifier les traitiez des estran-

gers, comme principalement aux cantons des Ligues unies.

A ces derniers furent employez Silleri et Vie, ambassadeurs ordinaires. Ceux qui en ont escrit disent qu'ils n'eurent point de peine avec les cantons réformez, aux yeux desquels les ducats et ducatons ne brilloyent assez pour les esblouir contre l'amitié de la France, mais les desseins, qui sont héréditaires aux maisons d'Autriche et de Savoye, estant bien reconnus (ce sont les termes des catholiques qui en ont escrit), emmenèrent les petits cantons à la diette de Lucerne1 et d'elle à la générale de Soleurre2, à la fin de janvier3, où tous ensemble renoncèrent l'alliance avec les ennemis des François.

La roine d'Angleterre brûloit d'un grand désir de voir en personne le roi, qu'elle avoit veu en réputation et auquel elle s'estoit fait voir dès son berceau par plusieurs assistances et tesmoignages d'une fraternelle amitié. Cela ne se pouvant pour plusieurs empeschemens, le roi mit en sa place le mareschal de Biron4, l'appellant, par ses lettres d'envoi, le plus trenchant instrument de ses victoires. Mais, en efïèct, il l'avoit choisi pour le destourner de ses chagrins et menées et pour essayer de lui faire changer l'àme

i. Les cinq petits cantons s'assemblèrent à Lucerne le 25 septembre 1601.

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