‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 247 sur 316 · Henri de Lorraine, duc de Bar · texte numérisé non relu

Henri de Lorraine, duc de Bar

4. Rappel de l'inconstance de Antoine de Bourbon et de la constance de Jeanne d'Albret.

grande quantité de courriers que le mareschal de Biron recevoit en secret à Dijon, ses exécrations et menaces ordinaires, les reproches de ses services, quelques espérances qu'il donnoit aux siens, les fréquens voyages de La Fin à Yvrée, où il s'enfermoit avec le duc de Savoye et l'ambassadeur d'Espagne, ceux de Roncas et de lui, et peu de jours après à Somme4, sur le Pau. Tout cela mit la puce à l'oreille du roi.

Or, en cette dernière assemblée de Somme, La Fin apprit trois choses ; l'une , que le partage de son maistre, là où il devoit prendre le sien, estoit mal cautionné; l'autre, que les réformez, sur la diversion desquels on espéroit plus de facilité, ne vouloyent point toucher à la main, et, à la tierce, que le duc de Montpensier avoit horreur d'aider à mettre en pièces la monarchie, establir plusieurs rois en son royaume et exterminer les princes du sang, desquels il estoit. La Fin donc, troublé de ce qu'il avoit fait, apporta des difficultez à ce qu'on lui avoit proposé, monstra son estonnement, donna du soupçon et receut de la crainte par avertissement ou autrement; si bien que, convié à retourner, il se contenta d'envoyer Renazé2 en sa place, que le duc fit serrer à Quiers3, sollicitant en vain l'autre de leur venir expliquer quelques difficultez. Le mareschal de Biron, averti de s'en méfier,

1. La Fin, au nom de Biron, avait conclu à Somme un traité avec le duc de Savoie et avec Fuentes.

2. Rénassé ou Renazé, secrétaire du s. de la Fin, ou plutôt son compagnon de débauche, joua un rôle très important dans le procès du maréchal de Biron, qui, au commencement du procès, l'avait cru mort (Lettres de Henri IV, t. VI, p. 96).

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