Le capitaine se nommait Wipkul
2. Édit de Nantes signé par le roi le 13 avril 1598, enregistré le 2 février 1599 par le Parlement de Paris, le 31 mars par la Cour des comptes et le 31 août par la Cour des aides. Le texte de cet acte est publié dans le tome XV du Recueil des anciennes
du livre et l'œuvre, à la lecture de laquelle je ne convie que ceux que leurs affaires y convieront. Encor vous en aurez les articles abbrégez et conférez avec les secrets, sans vous ennuyer de la préface et style qui sert de peu.
Les deux premiers articles ne sont que pour l'amnistie et exhortation à la concorde. Le troisiesme pour establir l'exercice de la religion catholique par tout. Là, il y a une addition depuis la paix conclue pour interdire la réformée aux esglises et maisons des ecclésiastiques.
Le quatre et le cinq pour leur donner le choix d'acheter les bastimens faits en leurs places profanes ou contraindre ceux qui y ont basti d'acheter le fonds, avec addition pour les lieux sacrez, remis aux commissaires, sans toucher aux matériaux employez aux fortifications qui doivent subsister. — 6. Pour la demeure des réformez en toute liberté par tout le royaume. — 7 et 8. Pour l'exercice de leur religion que peuvent establir tous ceux qui ont fief de haubert1, publiquement; et autres fiefs, en privé, pour trente. — 9 et 10. La mesme permission aux lieux où estoit ledit exercice en aoust 1596 et 1597 ou establi par l'édict de 772. — 11 et 12. Permis aux
lois d'Isambert, p. 170 et suiv. Les questions historiques qui se rattachent à ce grand acte, qui termine l'ère des guerres religieuses en France, sont amplement traitées dans le savant ouvrage de Rulhière, Éclaircissements historiques sur les causes de la révocation de l'Édit de Nantes, 1788, 2 vol. in-4°. Voyez aussi les pièces conservées dans le vol. 4744 du fonds français.
1. Fief de haubert, jurisp. féod., fief dont la possession obligeait les soicrnours à servir le roi à la guerre avec droit de porter le haubert.
2. Traité de Bergerac, 17 septembre 1577. Voyez t. V, p. 33K.
lieux de bailliages anciens un nouveau accordé aux fauxbourgs des villes; et depuis par l'article six, des secrets1, est adjousté que les commissaires, qui establiront ledit lieu, que s'ils trouvent des difficultez, les réformez nommeront trois bourgades, desquelles une sera choisie par lesdits commissaires ; et cela avec plusieurs extanctions ou esgards pour Dieppe, Sanserre, Montagnac, Provence, Beaujolois, Marennes, Oléron et Mets, avec exception des édicts de pacification qui ont prévenu. — 13, 14 et 15. Défenses dudit exercice aux lieux non compris en l'édict, à la cour, de là les monts, à cinq lieues de Paris, ni aux armées, sinon au quartier des chefs qui en font profession.
16. Permission de bastir temples et restitution de ceux qui leur ont esté ostez. — 17, 18. Défenses à tous prescheurs d'user de propos excitans à sédition, baptiser ou nourrir enfans contre le gré des parens, avec addition de mesmes défenses aux réformez. Eux relevez des abjurations, serments et cautions donnez pour cet effect. — 20. Pour les festes. — 21. Pour l'impression et vente des livres. — 22. Pour la réception aux collèges et hospitaux. — 23. Pour les consanguinitez aux mariages. Cet article, expliqué par les 40, 41 et 42 ; par lesquels les mariages des ecclésiastiques sont validez, eux forclos des successions et leurs enfans héritiers des meubles et acquests seulement ; et, pour les degrez de consanguinité, le privilège et jugement réservé au roi. — 24 et 25. Les réformez obligez aux droits d'entrée, payement des
1. Les articles secrets de l'Édit de Nantes, au nombre de 56, ont été réimprimés dans le Recueil des anciennes lois d'Isambert, t. XV, p. 200.
dixmes avec forme de leur serment. — 26. Contre les exhérédations, en haine de religion. — 27. Réception aux charges et honneurs. — 28 et 29. Pour les enterremens. — 30. Establissement de la chambre de l'édict à Paris.
Depuis le 31 jusques au 57. Pour l'assiette de toutes les chambres, mi-parties, leurs jurisdictions, choix de juges, incorporations au parlement, pour les substituts, expéditions de chancellerie, créations de clers de greffe, huissiers, receveurs des amendes, assignations pour les gages, demeure des officiers catholiques, establissement dans six mois, renvoi des procès aux chambres, elles astraintes à garder le style des Parlemens, leurs arrests exécutables par tout; ordre sur les évocations, partages des procès, récusations, examen des présidents et conseillers, distinction de leur droit contre les polices de leurs villes, du lieu et manière d'examiner les officiers réformez, soit par les chambres, privé conseil et commissaires; assignation pour les frais, ordre et séances des présidents et conseillers. Sur ces poincts plusieurs additions aux articles secrets. — 58, 59, 60. Cassations de toutes procédures depuis le règne d'Henri deuxiesme et mesmes durant tous les troubles, si elles ont préjudicié aux réformez. — 61 , 62, 63, 64, 65, 66 jusqu'à 68. Cautions pour les enquestes et jugemens, à ce qu'elles ne soyent en fraudes aux réformez. — 69. Restitution des tiltres. — 70. Les enfans nez hors du royaume déclarez François. — 71 . Descharge des fermiers du domaine. — 72. Restitution des privilèges. — 73. Eslargissement des prisonniers. — 74, 75. Pour n'estre grevez aux tailles. — 76, 77,
78 jusques à 81 . Descharge et validations des deniers levez en diverses manières. — 82. Injonction aux réformez de se despartir des associations de dedans et de dehors et de faire levée de deniers. — 83, 84. Descharge des prises et des obéissances aux arrests. 85, 86, 87. Grimes réservez qui ne sont point effacez par édict. — 88. R'édification des villes desmantelées. — 89. Restablissement des seigneurs en leurs maisons fortes. — 90. Acquisitions des ecclésiastiques nulles. — 91 . Révocation de tous édicts et ordonnances précédentes contraires. — 92 . Injonction aux magistrats de tenir la main à ce que dessus.
Le reste est du style. Cet édict donné à Nante l'an 1598.
Ou corolaire des histoires du sieur d'Aubigné
Dieu, qui n'attache ses grâces à la chair et au sang, m'ayant humilié par un fils dégénéré2, auquel, en la préface de tout l'œuvre, j'avois appresté l'honneur de poser ce chapiteau, m'a relevé d'une main et pro-
1. Cet Appendice a été réimprimé en 1854 à la suite des Mémoires de d'Aubigné par M. Lalanne, avec une savante annotation à laquelle nous faisons de nombreux emprunts.
2. Constant d'Aubigné, baron de Surineau, fils de l'auteur de Y Histoire universelle, né vers 1584, aventurier, désavoué par son père, plusieurs fois condamné pour crimes de droit commun, mort à la Martinique vers 1645. Il avait épousé Jeanne de Gardillac, fille du gouverneur du château Trompette à Bordeaux, où il était prisonnier. Il en eut la marquise de Maintenon et le marquis d'Aubigné, lieutenant général sous le règne de Louis XIV.
longé les jours de ma vieillesse pour sacrer ce dernier présent sur son autel1.
Me voici donc à vous, sequimanes2 lecteurs, avec la liberté d'unir mes jugements aux vostres, en descrivant pathétiquement la douloureuse tragédie qui a pâli mon ancre de mes larmes, donné des accents à mes lignes et cotté mes virgules de souspirs. Si mes desseins n'estoyent pointez qu'à la faveur des humains à leur plaire et les esmouvoir par louanges affettées, à payer d'honneurs et de bienfaits des mercenaires labeurs, je ne me fusse estendu jusques à la catastrophe, que l'instruction des princes, l'exemple à tous prospérans, la vanité des espérances humaines et surtout la gloire de Dieu exigent de mon devoir. Je vous eusse laissez en bonne bouche de tant de valeurs florissantes, de périls changez en prospériez, de ressources des cendres aux throsnes par tant de combats différents en forme et en succès, que la multiplicité ne laisse plus rien à ce qu'on appelle fortune pour inventer. J'eusse arresté vos yeux ravis dans les félicitez de Henri quatriesme, de tant plus agréables qu'elles tenoyent, hors l'esgard à Dieu, hommagément de sa vertu. Mais, ayant pour but principal d'eslever les cœurs plus haut que la terre et mener les esprits dans le Sainct des Saincts, appelle le sanctuaire du Fort, mon bust est de descouvrir au secret de ce temple à quel trébuchet il
1. D'Aubigné, dans le Journal de sa vie (éd. Lalanne, 1854, p. 151), fait do nouveau, en termes éloquents et avec plus de détails, le procès à son fils.
2. Mquimanes, aux deux mains. Peut-être l'auteur a-t-il voulu écrire équitables.
faut peser les miséricordes et les justices de celui qui règne sur les rois.
Reçois donc et retiens, chère postérité, un abbrégé des faveurs du ciel envers Henri IV pour, en leur champ d'argent, marquer le chevron de cinabre1, que l'ordonnance de Dieu, jaloux de sa gloire, y a tracé.
Encor que le labeur de l'histoire fournisse à Testât du passé, je vous en veux laisser un goust par quatre stances du style -du siècle, pour voir en quels termes nostre prince jouissoit de la gloire de son nom, ne craignant point d'y mesler les poèmes à l'exemple de Senèque, de Boèce et de l'arbitre d'élégance ou des ouvrages composites, èsquels le dorique ne refuse point les fleurs du Corinthien. Et puis, nous ne traînons plus ce pezant chariot de l'histoire, où il n'estoit ni aisé ni à propos de faire des valses entre les limons.
Roi, clair astre de feu, qui, de haute naissance, Fis choir sur l'univers, au branle de la France, Ce qu'eut le firmament de guerres en son rond, Ton berceau, signalé de serpens en jonchée, Fit du foudre un jouet, lors que Rome faschée Te mit l'enfer à dos et l'Espagne à ton front.
Devant trois lustres faits, les armes demandées Gravèrent sur ta peau les prétextes brodées ; Tu prins rang aux combats longtemps devant ton rang ; Tu as à face ouverte, et sans effroi, humée Des bataillons croisez la poudre et la fumée, Brossé parmi les fers et nagé sur le sang.
1. Chevron de cinabre, terme de blason. Chevron, une des neuf pièces honorables formée de la barre et de la bande réunies vers le chef. Cinabre, rouge.
Tu te vis talonné de ces bruslans courages, Qui cerchent les combats au travers des naufrages; Tu veins, vis et vainquis; c'est toi qui as 'porté A tes juges, proscrit, le présent de la vie. Ils ont par toi, banni, recouvré la patrie, De toi, leur prisonnier , receu la liberté.
Et puis, pour couronner les tempes honorées De victoires sans règle en l'Europe arborées, Admirable en la paix, comme entre les guerriers, Ta main, qui ne prenoit ta loi que de soi-mesme, D'une branche d'olive agence un diadème, Pressant en un chapeau tes palmes, tes lauriers*.
Sous ces chapeaux d'oliviers, les lions et les ours de la France enchaînez et emmuselez, les renards et les belettes seules troubloyent, mais en cachettes et en ténèbres, le profond repos du laboureur, du marchand et du noble. Ces petites gales de î'Estat n'en altéroyent comme point la générale santé. Ceux qui avoyent accoustumé de demander les récompenses, comme les exigeans, ne les demandoyent plus comme debtes, mais comme bienfaits. Au lieu de dire j'ai obligé le roi, les plus hardis ne mettoyent en jeu que leur devoir acquité. Et, quant aux grands du royaume, le plus proche du premier en marchoit si loin qu'il n'avoit garde de lui escorcher les talons. Les estrangers demandoyent leurs debtes par supplications, non par menaces, et le chapeau bas qu'ils avoyent enfoncé autrefois. Le roi voyoit autour de son lict et de sa table
1. Ce couplet est le premier d'un poème de trois cent soixantedix-huit vers, intitulé : Discours par stances avec l'esprit du feu roy Henri/ quatrième, composé par d'Aubigné. Le poème entier se trouve dans les Œuvres de d'Aubigné, éd. Lemerre, t. IV, p. 313.
une florissante multitude d'enfans, bien que différents de conditions, tous obligez à son appui. Et, chose inouïe aux rois de France, il avoit sous la clef du duc de Suilli cent canons de batterie, les armes de quarante mille hommes, poudres et boulets pour deux cents mille coups en son arcenal, mais en son thrésor vingt-deux millions ; ces richesses comparées aux pauvretez souffertes et ces douceurs aux amertumes du passé. Pour l'excellence de cela, toutes ces armes ne faisoyent que parer la Majesté royale, elle lors n'estant armée que de ses loix.
Or, cependant que sa mémoire emplit l'Europe par les oreilles, il n'a pas laissé les yeux sans actions, ayant, en dix ans de paix, surmonté les bastimens et les labeurs des dix rois qui ayent de suite le plus travaillé pour s'éterniser en pierre et se faire voir à leurs successeurs.
Un seul bastiment qu'il desfit prit le contr'ongle de sa réputation. Ce fut la pyramide que nous vous avons despeinte devant le palais1 , eslevée par l'avis et l'aplaudissement de toutes les cours, à la bénédiction du peuple, à la terreur des assassins, au seul contrecœur des Jésuites, qui, r'appelez de leur bannissement2, non seulement à l'oreille du roi et à son conseil, plus estroit, mais aussi au régime de ses désirs, à la maistrise de sa conscience3 et de lui tout entier,