Sainte-Foy (Lot-et-Garonne
qu'on entretînt à la cour un personnage notable de Languedoc et de Dauphiné, un de Guienne, un de devers la rivière de Loire et un pour le reste de la France; que ces quatre personnes fidèles et de peu d'importance se tinssent près d'un secrétaire d'estat, lors réformé, pour lui donner les plaintes nécessaires et recevoir par sa bouche les volontez du roi; qu'aux événements ils assemblassent en forme de conseil les ministres de l'église de Paris, les seigneurs qui seroyent à la cour pour leurs affaires et quelque valet de chambre du roi ; qu'on fist une levée de deniers par les provinces pour donner une pension de quatre ou cinq mille escus au secrétaire. Et qui voudroit faire un trait plus hardi et de plus grand effect, c'estoit d'en donner une de dix mille à la duchesse de Beaufort, amie du roi, qui estoit de la religion en son âme, tesmoin qu'elle ne se confioit en aucuns de ses domestiques s'il ne faisoit profession de la religion.
Cet eschantillon suffira pour monstrer Testât de la pièce; et ces avis, avec plus longs discours estans leus, un de la compagnie1 opina à son tour qu'on octroyast à l'autheur du mémoire le secret qu'il demandoit au commencement et qu'il n'en fust jamais parlé. Ce qu'estant approuvé, on passa aux autres plus utiles, et le plus petit de tous estant suivi après trois semaines de débats et d'oppositions, principalement par ceux du Languedoc, desquels les conditions estoyent en meilleur estât pour avoir gardé la possession des assemblées par forme d'estats. Enfin, le résultat de plusieurs séances fut aux articles suivans.