Yves d'Alègre, baron de Millaud
5. Le gouverneur d'Auvergne avait fait de Riom (Puy-de-Dôme) sa place d'armes (De Thou, liv. XGV).
de faire haster l'infanterie qui estoit sur les dents. Il y avoit au ravelin et à la muraille de la ville deux barrières, deux ponts-levis et deux portes à percer. Le premier pétard à la barrière du ravelin fut posé sans estre veu, quoi qu'il fist grand jour; ayant fait bon effect et donné l'alarme à la courtine, garnie à la merci des harquebusades, qui tuèrent quelques soldats. Le second pétard et l'esquipage, pour passer, joua son jeu ; et à ce bruit accourut Sainct-Héran et ceux qui estoyent derrière. La Croix marche froidement à la seconde barrière, laquelle il mit en pièces pour espargner son troisiesme pétard, lequel, comme il falut porter au grand pont-levis, trouva que sa fusée estoit tombée en rompant la barrière. Il se résolut de la refaire, non seulement à la merci des harquebusades, mais des coups de pierre qui l'accabloyent, ce qu'il fit; et cela donna loisir à ceux d'Yssoire de barriquer derrière le pont et de crever la voûte pour assommer ceux qui passeroyent. Mais La Croix, porté deux fois par terre de coups de quartiers et, à la seconde, son casque jette hors de la teste d'un coup, tout blessé se releva, ramasse et racommode son pétard, le plante au pont-levis, le jette au dedans et la porte quant et quand. Là se présentèrent force hommes armez de la ville, soit à la rue, soit au-dessus, pour accabler. Nonobstant, Randan ne demeura guère à se jetter sur l'amas de bois et de pierre, et, après quelque deffense à coups de haiebardes, cette noblesse, s'entrepoussant, gagne la rue, où le capitaine Bussi1 rendit beaucoup de combat.