‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 85 sur 316 · Sence ou censé, métairie · texte numérisé non relu

Sence ou censé, métairie

leur fut inutile. Moussi, avec quarante salades, ayant rallié les trente de Douville, n'eut peine que de poursuivre l'estonnement qu'avoit donné Gadancourt. A la veuë de Viliers-Coterez1, qui tenoit pour les fuyars, ils prenent résolution et rendent combat. Mais, quoi que les royaux ne fussent que la moitié des autres, ils maintindrent leur avantage et poursuivirent leur victoire jusques à la barrière du chasteau. Les royaux, ayans perdu à ce combat deux gentilshommes2 et quatre soldats, laissent sur la place cinquante morts, entre ceux-là Bellefont, Le Bua, les officiers des compagnies de chevaux-légers, quatorze portans tiltre de capitaine.

Presque de mesme pays est l'affaire de Villefranchesur-Meuze3, où commandoit Trémelet avec trois compagnies de gens de pied et une de gens d'armes. Il y avoit en ce pays un capitaine Gaucher, grand coureur, hazardeux en ses courses, et qui, n'ayant pas esté propre à s'avancer en honneur par le vrai mestier du soldat, s'estoit rendu plus redouté et renommé qu'honoré par les prises hazardeuses qu'il faisoit. Ce notable bandeur avoit une invention que j'ai estimée devoir estre descrite pour faire voir comment ce siècle, remarquable par les valeurs qu'il a produites, l'est aussi par les diaboliques inventions que ces courages de fer ont mises en usage. Pour ce que cet ingénieux se trouvoit parfois surchargé de prisonniers, qui le contraignoyent de retourner au logis premier que

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