‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 11 sur 224 · Montpellier · texte numérisé non relu

Montpellier

xii INTRODUCTION.

D'Aubigné a-t-il consulté ces « communiqués » officieux, destinés à soulever la haine contre les rebelles et à réchauffer l'admiration pour l'armée royale? C'est peu probable. Il n'y eût trouvé ni sincérité, ni précision dans les renseignements. Ce n'était le plus souvent qu'une grossière imagerie militaire ou une vaine rhétorique, bonnes pour les nouvellistes parisiens, pour les badauds de la Place-Royale ou de la galerie du Palais.

A un degré au-dessus de ces libelles, qu'il eût dits « sales de flatteries impudentes, de louanges prophétiques, de mesdisances affectées1 », venait le Mercure françois. C'était une chronique de l'histoire contemporaine, dont le premier volume avait paru en 1611 et qui se continuait d'année en année . Elle faisait suite à la Chronologie nomnaire, qu'avait publiée Palma Cayet, un huguenot converti au catholicisme sous le règne de Henri IV. Cette origine suffisait à rendre suspect à d'Aubigné le témoignage du Mercure. Il l'avait récusé dans la préface du tome I de son Histoire'1, parce qu'il s'était montré « partie » et non juge équitable; il reprenait cette condamnation, en termes plus énergiques, dans l'avant-propos de son quatrième tome, rangeant parmi « les flatteurs des bourreaux et les calomniateurs des martyrs ceux qui ont pris le nom de Mercure, que les anciens nous ont présenté pour marchant, menteur et maquereau3 ».

Pour récusable que lui parût le témoignage du Mercure françois, cette chronique avait du moins sur les libelles mentionnés ci-dessus l'avantage d'être un « corps d'histoire ». C'est toute l'histoire de France et d'une partie de l'Europe en 1621-1622 que lui offrait le septième tome de

1. Préface de Y Histoire universelle, éd. de Ruble, t. I, p. 2.

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