Voir p
5. A rapprocher de ce passage des Tragiques, Princes, l. IV, p. 76 sur la Vérité :
« La voicy par la main, elle est marquée en sorte Qu'elle porte un couteau pour celuy qui la porte. Que je sois ta victime, o céleste Beauté, Blanche fille du ciel, flambeau d'Éternité! »
INTRODUCTION. xix
Sur quelles garanties il accordait sa confiance à certains témoignages, nous l'ignorons. Mais nous pouvons voir, dans la rédaction de son Histoire, comment il en usait avec les mémoires qu'il retenait comme d'authentiques et indiscutables documents. Il ne se contentait pas de les compiler. Il méprisait les ouvrages historiques, où l'on ne trouve « que des enfilûres de mémoires1 ». La matière empruntée à autrui, il la distribue d'abord selon un plan personnel, qu'il n'établit pas sans tâtonner longtemps, si nous en croyons les modifications apportées successivement, dans le manuscrit, à l'ordre des chapitres. Dans le cadre esquissé, ou adopté, parfois il n'hésite pas à placer des fragments assez longs d'un mémoire ou d'un document original, sans y rien changer. Tel est le cas pour le discours de Rohan2, qu'il reproduit in-extenso comme un acte de négociation, ou encore pour certaines parties de la relation de Vignoles. Parfois aussi il abandonne son original, parce qu'il ne satisfait pas toute sa curiosité. Il a, par exemple, une attention particulière à connaître les effectifs des troupes et il coupera le récit de Vignoles par cette note : Ici, la garnison*. Il n'a, d'ailleurs, pas pu combler la lacune qu'il marquait dans le mémoire de Vignoles. Enfin, il arrive parfois que les mémoires originaux rebutent sa curiosité, et alors il les abrège, ou plutôt il les ampute largement. C'est qu'il tient pour indignes de Y Histoireles détails singuliers qui abondent dans les « histoires particulières ». On n'attendra pas de lui une description de l'entrée triomphale de Louis XIII à Toulouse : cela n'a d'intérêt que pour les tapissiers ou les
t. Préface de YHistoire universelle. Voir éd. de Ruble, t. I, p. 2.