‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 17 sur 224 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

« argentiers1 ». De même, il laisse au Siège de Montauban de Joly l'énumération des ricochets et des caprices bizarres des projectiles tirés par les assiégeants.

Il est pourtant une catégorie d'anecdotes qu'il recueille avec piété, si menues soient-elles : ce sont celles qui ont pour héros d'humbles combattants. Il rapporte, par exemple, tous les actes de dévoûment des Montalbanaises pendant le siège de leur ville (chap. xvn). Il cite à Tordre du jour la chapelière de Villebourbon qui, ayant combattu, emmené et pansé son mari blessé, retourna au combat et mérita le titre de capitainesse ; la femme qui, ayant eu un bras emporté, le mit en son giron et retourna aux coups de pierre; une autre qui, ayant reçu un coup de pique dans le ventre, « fut veue s'en retourner supportant la pique avec les deux mains » ; une fille nommée Marthe de Garnus qui, dans une sortie, au siège de Montauban, encloua un canon. Ce sont là de ces actions « qui sortent du commun » et qu'il se faisait un devoir de rapporter pour assurer aux humbles la vraie solde méritée par leur héroïsme : le renom2.

Son gibier, comme eût dit Montaigne, c'était les faits de guerre. Il a pu laisser en blanc le chapitre de la paix de Montpellier. Mais on sent, à de nombreux indices, que rien de ce qui était d'ordre militaire ne le trouvait indifférent. A vrai dire, il ne s'attache ni à connaître, ni à faire comprendre les plans de campagne. Pourquoi la guerre a-t-elle eu pour théâtre telle région plutôt que telle autre? Quels motifs ont imposé la préparation de tel mouvement de troupes ou de telle opération? C'est ce qu'il omet souvent

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