Voir p
2. Voir Attache aux deux premiers tomes, éd. de Ruble, t. VI, p. 376-377.
INTRODUCTION. xxi
d'exposer, comme s'il n'avait cure de ce que l'on désigne aujourd'hui du nom général de stratégie. Par contre, il abonde en renseignements sur le détail des actions. Il dit l'état des fortifications, le relief du terrain, les accidents de température, l'armement des troupes, bref tout ce qui intéresse le commandant de petites unités, l'enseigne ou l'homme de troupe plutôt que le maréchal de camp ou le sergent-de-bataille, chef d'état-major. Il ne néglige pas de tirer des événements quelques leçons pour les hommes de guerre. Ici, il déclare quelles sont les tâches les plus difficiles pour un chef1 ; ailleurs2, il rappelle que dans la guerre de mines l'avantage est « au premier qui se loge dans la poussière », après l'explosion. Il ne laisse pas oublier que son entreprise était vouée « à l'instruction des capitaines généraux et particuliers3 ».
« L'air de guerre », voilà la couleur qu'il a voulu donner à son Histoire. Transcrit-il le texte des mémoires particuliers, il les retouche de temps à autre pour leur donner une allure vive et cavalière. Ainsi à quatre reprises, dans l'anecdote du duc du Maine au siège de Nérac4, il modifie les termes du récit de Vignoles qu'il copie, pour donner au style de la vigueur. A la prose terne de son modèle, il a substitué une rédaction plus alerte et plus imagée5. De