‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 19 sur 224 · Voir p · texte numérisé non relu

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5. Cf. Vignoles : « De sorte qu'il y eût eu du désordre, si Vignoles ne s'y fût rencontré, qui le reçut et arrêta les ennemis avec trente gentilshommes qui se trouvèrent avec lui et quelque infanterie, » et d'Aubigné : « Ils ramenèrent le duc si vite que les meilleurs eussent payé Vhoste sans l'arrivée de Vignoles avec trente gentilshommes et quelque infanterie, qui démêla, la noise. »

xxii INTRODUCTION.

même, la phrase molle et d'une gravité quelque peu académique de Rohan subit sous sa plume une transformation analogue. Rohan disait de l'Assemblée du Bas-Languedoc que, jugeant son autorité ébranlée (par l'autorité de Rohan), « elle la voulut maintenir par une autre voie1 ». D'Aubigné transpose dans son langage militaire : « Elle employa vert et sec pour déquiller le duc de Rohan. »

D'Aubigné s'est moqué de ces historiens qui se sentent des termes d'écoliers et n'ont rien vu en soldat2. A travers les relations les plus pâles, il a vu la guerre en homme de guerre et il le montre partout. Non seulement il use de termes techniques, et du vocabulaire des professionnels, parle d'une infanterie qui « reconnaît les assietes » qu'on appelle aujourd'hui, ajoute-t-il, des « postes »; d'une cavalerie qui « aboie » la « queue » d'une troupe ; d'un chef habile qui fait couler son armée en secret; d'un terrain de contrescarpe mal esplané; des lattes (côtés") d'un bastion ; mais il recourt volontiers à des locutions familières qui appartenaient à l'argot des troupiers. Des places du parti réformé qui se rendent dès que la première a cédé, il dit qu'elles se déboutonnent successivement. Soubize, trop téméraire à entrer en campagne, « tàte un brouet qui était bien chaud ». Il dit des barricades abandonnées qu'elles furent quittées « à maudit soit le dernier ». Il montre les soldats « écartés comme perdreaux » par une fusillade ; un Réformé qui, s'étant jeté à la nage, est canardé dans l'eau par les ennemis ; un historien prolixe qui a étendu le parchemin, etc. Toutes ces locutions familières donnent à son style cet « air de guerre », ce caractère soldatesque qu'il tenait pour la couleur propre à un récit de ce genre.

\. Éd. Petitot, t. I, p. 202.

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