‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 40 sur 224 · Il le devint en · texte numérisé non relu

Il le devint en

6. François de Bonne, duc de Lesdiguières, était alors gouverneur du Dauphiné. Sur ce personnage, voir la thèse de Dufayard, le Connétable de Lesdiguières, Paris, 1892.

qu'il changeât de religion, ce que ceste condition lui avoit fait pour lors refuser ; mais le maintien de son élévation le faisoit déclarer ouvertement partisan contre les réformez. Ce qu'avant prouver par ses armes, il montra par escrits contre l'assemblée, lui refusant le témoignage de la foi du Roi, escrit, signé et confirmé entre ses mains, portant que, au cas que l'assemblée ne receust contentement dans six mois, le Roi leur donnoit licence et autorité de se rassembler sans nouvelle permission.

Les ducs de Rohan et de Soubize1, son frère, qui avoient travaillé à faire ployer l'assemblée, comme voians naitre toutes les défections qui parurent bien tost, se résolurent néammoins de n'abandonner le parti2. Luines, leur alié3, lors fait connestable, n'espargna ni promesses, ni menaces, ni le Roi plusieurs lettres pour les ébranler, et le dernier messager, qui

1. Benjamin de Rohan, seigneur de Soubise (1583-1642), était le frère cadet d'Henri de Rohan.

2. « Les ducs de Rohan et de Soubise son frère, qui s'étoient opposés à la tenue de l'assemblée générale et s'étoient efforcés de la faire séparer, voyant une telle déroute, se résolurent de n'abandonner le parti. Le connétable, qui étoitleur allié, envoie vers eux pour les ébranler; mais ni ses promesses ni ses menaces ne purent rien sur leurs consciences ni sur leur foi. Le dernier messager fut Arnaud, mestre de camp, qui leur apporta lettres du Roi pour les persuader de se départir de leur résolution et leur remontrer leur perte et que le premier siège devoit être Saint-Jean-d'Angély; mais ce voyage étoit à deux fins : car, ne pouvant rien gagner sur ces deux frères, il avoit charge de communiquer avec Auriac, maréchal de camp, qui étoit à Saint-Julien, à un quart de lieue de Saint-Jean... » (Mémoires de Rohan, t. I, p. 185).

3. Luynes avait épousé, en 1617, Marie de Rohan, fille d'Her cule de Rohan, duc de Montbazon.

fut Arnaud1, leur fit sentir que de ee pas il alloit faire marcher d'Auriac2, mareschal de camp, au siège de Saint-Jean3. Toutes ces choses ne purent entamer leur fermeté.

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