‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 278 sur 317 · Camille Gajétan, patriarche d'Alexandrie et nonce · texte numérisé non relu

Camille Gajétan, patriarche d'Alexandrie et nonce

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médecin de Tolède, grand personnage, qui feisoit des cures si extraordinaires qu'on le soupçonnoit de magie. On le trouva à Madrid. Celui-là et les autres, avec le licencié Vergara, ayant donné ordre à faire meurir l'apostume, la firent ouvrir et en tirèrent grande quantité de mauvaises humeurs. Mais, après ceb, il lui survint quatre autres apostumes aux quatre coins de Testomac, lesquelles furent toutes ouvertes semblablement pour soulager le malade en les purgeant. Â cette ouverture, les médecins furent ^frayez, pource qu'au lieu du pus qui avoit paru aux autres absez, il sortit une très grande quantité de poux, qui creurent en telle abondance que tous les chirurgiens ne pouvoyent venir à bout de Tespuiser. Us délibérèrent de le mettre sur le costé pour faire plus facilement tomber cette vermine, et y avoit bien de la peine à tourner S. M. dans son lict, ne se pouvant faire autrement qu'en faisant soulever son corps par quatre hommes, tenans des draps, coulez par-dessous, cependant que deux autres nettoyoyent les poux et r'accommodoyent le lict.

Dix jours avant sa mort, il lui arriva un grand paroxisme qui dura cinq heures, de façon que desjà on lui voyoit défaillir les esprits vitaux ; dont avint qu'à Madrid phisieurs seigneurs se préparoyent desjà au deuil. Sa Majesté retourna à soi, et, en la présence de l'archevesque et de ceux de la chambre, elle dit assez haut : c Mes amis et vassaux, il ne me sert de rien que vous vous faschiez et affligiez pour le recouvrement de ma santé, parce qu'elle ne dépend plus des remèdes humains. Ce qu'il faut faire, c'est que vous regardiez de bonne heure à ce qui convient

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