LIVRE QUINZIÈaRl, €HAP. XVm
pcnr ensevelir mon oorps. MaioteDant, attendant que je vouft laisse, je veux que vous me fassiez venir le prinoe, qui sera Uentost vostre roi, et que vous mV portiez le cercueil dans lequel je doi estre enseveli, et, au haut de l'effigie, vous mettiez la couronne royale, laquelle cependant vous pouvez garder dans ce petit bu£fet. > Gela fut ainsi fait, et, en la présence du prince et de Tinfante, sa mère ^ , appella Jean Rayer ^ de Velasco et lui dit : < Vous souvenez-vous pas d'un petit cofre que je vous donnai à garder y a quelque temps? > — c Oui, Sire, > respondit-il. Lors il lui dit qu'il lui apportast ledit cofifire, qui estoit fort petit, et, estant ouvert, ils en tirèrent une pièce de très grande valeur, laquelle Sa Majesté commanda estre donnée à l'infante, et lui dit : c Ma fille Isabel, mut chère, reçoi cette bague que ta mère m'apporta, je te la donne pour mon partement de ce monde. > Et, se tournant vers le prince, il lui dit : c Mon fils, as-tu agréable que je la donne à ta soeur? > — c Oui, Monsieur, dit-il, voire tout ce que j'ai. > Le roi fit beaucoup de cas de cette parole, et lors Sa Majesté com«manda qu'on cerchast un autre papier qu'il avoit là et, le donnant au prince : c Tu verras là, dit-il, les moyens de conserver ton royaume. » Il fit tirer aussi un fouet de discipline, qui estoit sanglant par les bouts, et, le levant en haut, dit : c Ce sang est de mon sang, non toutefois proprement du mien, mais de celui de mon père, que Dieu absolve, qui avoit accoustumé de se servir de cette discipline. Et, afin que l'on sache combien il estoit religieux, je l'ai voulu déclarer. > Il fit