Ee novembre 15G
feu, enterrer vifs, et d'autres ausquels ils mettoyent sur le nombril quelques barbots, couverts d'une escuelle; ces bestes entroyent dans le ventre, et fut cette douleur nompareille ; on leur donnoit loisir afin qu'ils se peussent desdire en la langueur de la mort.
Ces choses, avec le bruslement de quelques vieillards à petit feu, sont déduites par les meilleurs historiens de ce siècle, catholiques et personnes principales au plus notable sénat de l'univers. Ils y adjoustent, avec plus ample description de toutes les choses que j'ai dites en sommaire, les coustumes et mœurs de ces peuples, et surtout leur soin de la chasteté, avec l'exemple d'une jeune fille qui, s'estant despestrée de ceux qui la vouloyent forcer, se précipita de la montagne1. Ceux-là escrivent encores une grande suite de cruautés qui, au lieu d'estonner ce peuple, eslevoyent leur constance et les firent résouldre aux armes, et, par elles, à des victoires.
Le prince trouva si difficile à dompter ces peuples qu'il emprunta du roi Maugiron, avec dix compagnies de gens de pied, et la Mothe-Gondrin 2 avec quelque gendarmerie. Les Vaudois assiégèrent, au nez de ces François, la forteresse qu'on avoit bastie contr'eux à Villars, et au huitiesme jour l'eurent par composition. Le lendemain, la Trinité, qui venoit au secours des assiégés, fut arresté, un jour entier, par ces païsans, cependant qu'on démolissoit. Et puis, l'armée de sept