Diane de Poitiers
3. Jehan Bertrand, chancelier et garde des sceaux, créature de Diane de Poitiers. Voyez le chap. xiv.
expéditives. Le second mouvement faict de la maison de Guise, qui dès lors practiquoit le vent des peuples et surtout la bonne opinion des ecclésiastiques, qui travailloyent comme juges et parties en ces procès. Ces deux roues, d'accord en plusieurs choses, se servirent du premier président, Magistri4, des présidents S. André2 et Minard, du procureur général Bourdin3, non sans quelque part de l'utilité.
Le roi n'oyoit de tous costés que les progrès des schismatiques, héritiers des Albigeois, qui s'enalloyent comme eux capables d'attendre les armées. Mais, sur tout, il fàloit remédier à la cour de parlement et aux juges lassés de leurs sévérités, ennuyés de brusler, estonnés des constances et reproches de damnation, esbranlés par les raisons, et quelques uns convertis du tout à ceste nouvelle créance, les autres consentans en quelques poincts seulement. L'advis fut de faire tenir une mercuriale, qui est une censure des juges, establie par Louys XII4. Fut advisé que le Roi (survenant
1. Antoine le Maistre, avocat du roi en 1541, président en 1550, premier président le 23 mai 1551, appartenait au parti catholique et était un des adversaires du chancelier de l'Hospital. Le 18 août 1561, il fut suspendu de ses fonctions, par ordre du roi, à cause de son refus d'autoriser l'enregistrement de l'ordonnance d'Orléans, et ne remonta sur son siège que le 9 décembre. Il mourut le 6 décembre 1562, à l'âge de soixante-trois ans (Journal de Bruslard, dans les Mémoires de Condé, t. Ier, p. 65 et 103).
2. Le président de Saint- André était un des plus ardents catholiques du parlement de Paris. La Planche le cite souvent comme un magistrat inféodé au parti des Guises.
3. Gilles Bourdin, d'une famille parlementaire, né à Paris en 1515, jurisconsulte, procureur général au Parlement, fut un des juges du prince de Condé. Il mourut le 23 janvier 1570. Il a laissé divers travaux d'érudition.
4. Assemblée de toutes les chambres du Parlement où se traitaient les questions de discipline et d'ordre intérieurs. Elle était