LIVRE SECOND, CHAP. XIV
nepveux de Colligni * . A tout ce qui leur touchoit fut respondu par le Roi avec beaucoup d'honneur. Mais ce prince instruict2 ne mascha point à ce vieillard que c'estoit à lui à céder de dignité aux Guisars, leur déférer la charge des armées et la primauté du conseil ; joinct à cela un reproche de la Roine3, qu'il avoit dit au Roi son mari que Diane, sa bastarde, femme du mareschal de Montmorenci, son fils aisné, estoit seule de tous ses enfans qui lui ressembloit4. Ayant paré à cela comme il put, il eut sa plainte pour remède, et pour retraite Ghantilli5.
Tout d'un mesme coup, on despesche en Espagne les princes de Gondé6 et de la Roche-sur-Yon7, l'un pour recevoir le serment de la paix, l'autre pour porter l'ordre, commissions qui n'estoyent pas incompatibles. Le cardinal de Lorraine, sur-intendant des
la mort du roi. Chantonay fixe la date (Lettre à Philippe II, du 16 août 1559; orig. espagnol; Arch. nat., K. 1492, n° 66).
1. Les trois frères Goligny étaient fils de Louise de Montmorency, propre sœur du connétable.