‹ Histoire universelleChapitre 218 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. XV · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. XV

bourgs S. Germain; les deux frères de Soucelles4 en Anjou, sortans l'espée au poing, percèrent quarante hommes du guet, presque autant de sergens et bien quatre cents hommes ramassés, et, se faisans faire place à coups d'espée, firent ouverture à plusieurs. La maison saccagée, le Viscomte et sa femme furent menez en prison, où ils moururent de misère comme on faisoit leur procès.

Il y eut encores quelques pillages, au bruit desquels plusieurs villes de France prindrent patron, pillèrent et tuèrent, comme Poictiers, Thoulouse et Aix. Telles voyes de faict permises aux peuples2 en esmeurent une partie à chercher quelques deffenses. Le cardinal de Lorraine emplissoit le bois de Vincennes de prisonniers, comme les sieurs de Soucelles, qu'il fit empoigner en la salle du Roi de Navarre par des archers de la garde, un des fils du comte de Haran 3 pour avoir aidé à faire sauver son frère, le baillif S. Aignan4,

carême de 1559 que, à la suite des rapports de certains espions, une escouade de sergents du Ghâtelet, dirigée par le conseiller Bragelonne, envahit et pilla sa maison. Voir La Planche (édit. Mennechet, f. 32).

1. Les Soubcelles étaient deux frères : l'un d'eux se nommait Anselme et fut compromis dans l'émeute de la maison du Vicomte à Paris. Il appartenait à la maison du roi de Navarre et fut arrêté à Reims, pendant les fêtes du sacre, sous les yeux mêmes de son maître.

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