‹ Histoire universelleChapitre 231 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. XVII · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. XVII

le mit prisonnier, pour respondre de son accusation, dans une tour d'Amboise1, où ils avoyent desja faict retirer le Roi2, sur les premiers advis d'Italie3. Cette maison forte et ce lieu estroit apportant un grand trouble aux entrepreneurs, le mareschal de Montmorenci fut despêché4 pour amener séparez, du bois de Vincennes, Stuart5, à qui la géhenne ne fit rien dire, Soucelles et le baillif de S. Aignan, soupçonnez d'estre complices. On mande les Ghastillons6, à l'arrivée des-

1. Sic, La Planche. Plus tard le duc de Guise le délivra et lui fît remettre une somme d'argent. Avenelles se retira en Lorraine et y obtint une charge de justice (De Thou, 1740, t. II, p. 775).

2. Le roi était parti le 3 février de Blois pour Amboise et cheminait à petites journées, de château en château, à travers les forêts du nord du Blésois (Lettre de Ghantonay, du 19 février; recueil conservé aux archives de Bruxelles). A la nouvelle de la conjuration, le duc de Guise pressa la marche de la cour et le roi entra à Amboise le 22 février 1560 (Lettre de Throckmorton ; Forbes, t. I, p. 334).

3. L'ambassadeur Michieli mentionne un avertissement qui aurait été envoyé au duc de Guise dès le mois de janvier (Lettre du 28 mars; mss., dépêches vénit., filza 4, f. 32). Le connétable, dans la communication qu'il fit plus tard au Parlement, parle d'un avertissement communiqué au roi par le roi d'Espagne, 1 evêque d'Arras et le duc de Savoie (Collection du Parlement, vol. 81).

4. Le roi écrivit, le 25 février 1560, au connétable de Montmorency pour lui commander de faire conduire à Amboise par son lils, François de Montmorency, les trois prisonniers que nomme d'Aubigné. La lettre du roi est imprimée dans les Mémoires de Condé, t. I, p. 334.

5. Robert Stuart fut soumis à la torture avec tant de violence qu'il eut un bras brisé.

6. Le cardinal de Ghastillon et l'amiral de Goligny étaient restés étrangers à. la conjuration d'Amboise (Lettre de Calvin à Coligny, du 16 avril; Bonnet, Lettres de Calvin, t. II, p. 382. — Brantome, i. IV. \\. 290). Coligny fut appelé à Amboise le 20 ou le î\ février et y était arrivé le 24 (Delaborde, Gaspard de Coligny,

quels l'admirai donna conseil d'appaiser la multitude qu'on craignoit, par quelque édict qui suspendist la persécution des réformez. Cet édict fut faict1, et les Lorrains, qui y consentirent, escrivoyent cependant par toutes les provinces pour faire armer les gouverneurs et lieutenans de Roi, et charger tous ceux qu'on trouveroit en armes. Le prince de Condé ne laisse pas de venir à la cour2. La Renaudie, quelque empeschement qu'il trouvast, ne change point de résolution, mais seulement de jour et de lieu pour la mutation de Blois à Amboise. Tous ses compagnons, aussi fermes que lui, viennent prendre leur rende- vous à la Garretière en Vandosmois, et le jour, au seiziesme du mois3. L'ordre estoit tel que des grandes trouppes, qui approcheroyent, ils prendroyent 500 chevaux, d'entre les-

t. I, p. 425). D'Andelot y arriva le 16 mars seulement (Lettre de Chantonay, du 18 mars; recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 54).

1. Le 8 mars, le roi promulgua, en attendant la réunion d'un concile général , un édit favorable à la liberté du culte, qui n'exceptait de l'amuistie que les ministres et les fauteurs de la rébellion (Isambert, tome XIV, p. 2). La reine exigea que la -minute de l'édit fût signée par tous les membres du conseil, afin de profiter de la popularité de l'amiral (La Planche, édit. Buchon, p. 248). Le texte imprimé ne porte, suivant l'usage, que la date du mois ; mais l'acte d'enregistrement, du 11 mars, nous apprend que l'édit est du 8 mars (Coll. du Parlement, vol. 81, f. 213).

2. Gondé arriva à Amboise le 16 mars (Lettre de Chantonay, du 18 mars; recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 54. — Lettre de Michieli, du 4 avril; Dépêches vénit., filza 4, f. 43). La Planche a raconté l'arrivée du prince et le mauvais accueil qui lui fut fait.

3. A la nouvelle que le roi s'était retiré à Amboise, La Renaudie avait convoqué ses complices à laGarretière (arrondissement d'Angers) pour le 4 mars. L'assemblée décida que l'exécution du complot serait renvoyée au 16 (De Thou, d'après La Planche, t. II, p. 764).

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