Le sire de Pardaillan, seigneur gascon, était gentilhomme
plus gaillarde que la sienne. Le pistolet de Pardaillan ayant failli, Renaudie lui passe l'espée au travers du corps; lui aussitost tué d'un coup d'escoupette par un soldat, la pluspart des siens pris, son corps emporté à Amboise, pendu sur le pont avec ce tiltre Le chef des rebelles, ses quartiers puis après mis en divers endroits1. Avec lui fut pris un de ses domestiques, nommé la Bigne2, lequel, promptement menacé de la question, confessa ce qu'il sçavoit, et mesmes que le prince de Gondé devoit estre le chef muet duquel on parloit. Rauné, ayant promesse de la vie et crainte des tourmens, soubsigna à cette confession. Le mesmes fit Masères3, non pas Castelnau, qui leur
servant de la maison du roi, parent de la maréchale de Saint- André et des Noailles. Il était aussi parent de La Renaudie. L'ambassadeur Michieli observe que, si les deux capitaines s'étaient reconnus avant de baisser la visière de leur casque, ils se seraient probablement ménagés l'un l'autre (Lettre du 20 mars ; Dépêches vénit., filza 4, f. 20).
1. Ce fut le 19 mars que La Renaudie et Pardaillan se rencontrèrent. Leur mort est racontée de la même façon par La Planche, p. 254, La Place (Édit. Buchon, p. 35), par Ghantonay (Lettre du 20 mars; Arch. nat., K. 1493, n° 43), par L'Aubespine (Lettre du 19 mars; f. fr., vol. 3158, f. 54), par Throckmorton (Forbes, t. I, p. 376) et par Michieli (Lettre du 20 mars; Dépêches vénit., filza 4, f. 20).
2. Jean de la Bigne était de Gaen. R fut soumis à la torture, mais ne révéla rien. R recouvra la liberté, car Belleforest et Brantôme disent qu'ils l'ont connu et qulils ont reçu de sa bouche le récit de la conspiration {les Grandes Annales, 157 '9 , t. II, f. 1608 v°). (Brantôme, t. III, p. 234, t. IV, p. 290 et 291.)
3. Au moment du supplice, Mazères demanda à faire des révélations sur une prétendue conjuration dirigée contre Philippe IL Sa déposition fut communiquée au roi d'Espagne (Lettre de L'Aubespine à Philippe II, du 8 avril; Arch. nat., K. 1493, n° 50), qui n'y ajouta aucune foi (Lettre de Philippe II à Ghantonay, du 16 avril; Arch. nat., K. 1493, n° 53).