‹ Histoire universelleChapitre 259 sur 332 · La place du Martroy à Orléans · texte numérisé non relu

La place du Martroy à Orléans

plus estroittement par ses domestiques corrompus1.

Son chancelier Bouchard, qui avoit lasché le pied dès Lusignan à S. Jean pour esquiver la honte de sa trahison envers son maître, fut pris en sa maison par Jarnac, mené en cour bien lié, sans manier Cousteau et sans gouster viande avant Fessai ; tout cela, comme estant estimé double traistre, assavoir au Roi et à son maistre2.

Le mesme jour de la prise du prince, le baillif d'Orléans, Groslot3, fut arresté. Et, dès le lendemain, le chancelier de l'Hospital4, qui avoit signé le mande-

1. Sic, Mémoires de Gastelnau, 1731, t. I, p. 53. — Mémoires de Vieilleville , liv. VIII, chap. xv. — Tous les ambassadeurs étrangers confirment ce récit (Lettre de Tornabuoni, du 14 novembre; Négoc. de la France avec la Toscane, t. III, p. 425. — Lettre de Ghantonay, du 13 nov.; Arch. nat., K. 1493, n° 106). Throckmorton écrit qu'il regarde le roi de Navarre tanquam captivus (Lettre du 17 nov.; Calendars, 1560, p. 390).

2. La Planche dit qu'Amaury Bouchard, traître envers le roi de Navarre, se fit arrêter pour se dispenser de suivre son maître à la cour (p. 272). Mais les faits semblent prouver que son arrestation fut sérieuse. Il fut saisi le 11 novembre, dans sa maison, près de Saint-Jean-d'Angely, par Guy Chabot de Jarnac et conduit à Melun en criminel d'état par d'Auzance, La Roche-Posay et la compagnie de La Trémoille (Lettres du roi, du 11 et du 23 novembre, de Jarnac, du 19 et du 26, d'Auzance et de La Roche-Posay, du 28; V° de Golbert, vol. 27, f. 164, 199, 188, 202, 186, 209 et 226).

3. Jérôme Groslot, fils de l'ancien chancelier d'Alençon {Lettres de Marguerite d'Angoulême), fut arrêté le 1er novembre (Négoc. de la France avec la Toscane, t. III, p. 425) et condamné à mort le 16. La veille de l'exécution, il réussit à s'évader et à se cacher dans son châteay de l'Isle, près d'Orléans (Mss. cités par Lottin, Recherches hist. sur la ville d'Orléans).

4. Le chancelier de l'Hospital, assisté des magistrats ci-dénommés, interrogea le prince de Gondé, pour la première fois, le 13 novembre (Arrêt du 20 nov.; Mémoires de Gondé, t. I, p. 619).

Page 1