‹ Histoire universelleChapitre 272 sur 332 · LIVRE SECOND, GHAP. XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, GHAP. XXIV

sur les louanges de l'Église, qui est nette et sans macule, comme estant le corps du Christ. Et, après avoir en beaux termes et fort élégamment imploré l'aide du Roi, il invectiva contre la prétendue ré formation, spécialement contre la requeste présentée par l'admirai1, usant de ces termes : « Que tel porteur de requeste, « comme fauteur d'hérésie, soit lui-mesme tenu pour « hérétique, contre lui soit procédé selon les consti- « tutions canoniques et civiles. » Tout le parcours de cette concion fut un amas bien choisi de lieux communs, la catastrophe tombant sur les décimes et franchises de l'Église, et achevant par spécieuses protestations2.

Le lendemain, l'admirai fit plainte au Roi de l'injure receue par Quintin, qui s'en excusa sur les mémoires des provinces. Et pourtant il fut ordonné que, comme de sa personne, il en feroit quelque satisfaction publique, ce qu'il fit3 en prenant congé des Estats lors qu'ils furent rompus et remis au premier jour de may 4. Gela se fit en faveur des réformez, prétendans que les bailliages dévoient purger la nullité prétendue.

Durant ces Estats se tua, par une cheute, le marquis de Beaupréau5 en tombant sur le pavé d'Orléans

1. Il s'agit de la requête présentée par l'amiral de Goligny à l'assemblée de Fontainebleau. Voyez ci-dessus, p. 306, note 1.

2. Le discours de Quintin est imprimé avec les deux autres. Voyez la note 1 de la page 306.

3. La Place, p. 109. — De Serres, Commentariorum de statu religionis libri très, 1571, p. 159.

4. La séance de clôture eut lieu le 31 janvier 1561, sous la présidence du roi de Navarre. Les états furent ajournés au 1er mai à Melun. Mayer a publié un récit détaillé de cette dernière séance {Recueil des états généraux, 1789, t. XI, p. 503).

5. Var. del'édit.delOlO : « ...Beaupréau, dernier prince du sang. »

dessous son cheval. Ce marquis estoit le dernier prince du sang 1 .

La Roine Marie, douairière de France, se retira en son royaume d'Escosse, conduicte jusques à Calais2 par les princes de Lorraine et le sieur Dan ville3. Elle emporta grandes richesses en pierreries, et eut, par dessus son douaire, vingt mille livres de pension. De là jusques à l'automne, ce que la cour eut digne de remarque furent ces poincts :

La procédure pour la justification du prince de Gondé4, le 1 3 juin; le sacre du Roi, où il y eut douze pairs5.

1. Le 18 déc. 1560, le marquis de Beaupréau, fils unique du prince de la Roche-sur- Yon, âgé de douze ans, dans un exercice

. — J de carrousel, tomba sous les pieds de son cheval et mourut quelques jours après. D'Aubigné est d'accord avec Suriano, ambassadeur vénitien et témoin oculaire (Lettre du 9 janvier 1561; Dépêches vénit., filza 4, p. 229), mais Brantôme raconte un peu autrement l'accident (t. V, p. 28).

2. Marie Stuart s'embarqua le 15 août 1561 à Calais, à l'insu de la reine Elisabeth, qui, le 18, l'ignorait encore (Calendars, 1561, p. 260).

3. Henri de Montmorency, seigneur, puis duc de Damville, deuxième fils du connétable Anne, né le 15 juin 1534 à Chantilly, avait fait ses premières armes en Italie et à Saint-Quentin. Il joua un grand rôle sous les règnes de Charles IX et de Henri III, devint connétable en 1593 et mourut à Agde le 2 avril 1614.

4. L'arrêt de justification du prince de Condé fut rendu par le parlement de Paris le 13 juin, sous la présidence de Me Baillet, en présence du roi de Navarre et de tous les princes. Il est imprimé dans La Popelinière, in-fol., t. I, f. 244.

5. Le roi fut sacré le 15 mai 1561, à Reims, par le cardinal de Lorraine. Le récit de la cérémonie par La Place (p. 127) a été presque littéralement reproduit par La Popelinière (t. I, f. 258) et par de Thou (1740, t. III, p. 46). Nous en avons publié une relation inédite, due au président Jacques de Montagne, qui contient des détails nouveaux (Ani. de Bourbon et Jeanne d'Albret, t. III, p. 354).

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