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Chapitre XXV

Concession de rassemblée de Poissi.

En attendant ce terme, se fit l'accord du prince de Condé et du duc de Guise, en présence presque de tous les princes et officiers3. Le connestable en fut moteur, pour plus honnestement se pouvoir defïaire de l'amitié ruineuse des Bourbons, se lier aux autres en calme, et partant sans reproche, soit que la cause des religions l'y poussast par conscience, ou que la force de la catholique l'appuyast mieux. L'accord entre la Roine et le Roi de Navarre fut aussi le premier acte des Estats4, desquels, au terme dit, le roi fit ouver-

1. Le 2 mai, le parlement de Toulouse avait rendu un arrêt contre les hérétiques (in-4°, Tolose, chez Colomiés). Le 11 juin, le seigneur d'Esternay présenta au roi une requête contre cet arrêt et le pria de fixer la situation des réformés (Mémoires de Condé, t. II, p. 370). A la suite de cette requête et après avis du conseil^ la reine promulgua l'édit de juillet, qui confirmait l'ordonnance de Romorantin. Cet édit a été réimprimé dans le Recueil des anciennes lois d'Isambert, t. XIV, p. 109.

2. Les états généraux, d'abord convoqués à Melun pour le 1er mai, avaient été ajournés à Pontoise au 1er août.

3. Le 24 août 1561. La reine fit dresser, de cette scène d'apparat, un procès-verbal qui est imprimé par La Popelinière (t. I, f. 255) et ailleurs.

4. D'Aubigné se trompe de date. L'accord de la reine et du roi de Navarre, qui avait eu lieu au mois de mars précédent, à la suite

ture1, priant l'assemblée en trois mots lui donner conseil sans passion sur les poincts que déduiroit son chancelier, la harangue duquel eut pour premier chef la religion : si les assemblées des réformez devoyent estre permises ; si le Roi devoit espouser un des deux partis, ou demeurer juge des deux, lui-mesme par ses discours ne panchant ni à l'un ni à l'autre. En quoi il monstra avoir à faire à des députés corrompus; et puis il attribua le jugement de ces choses à celui du colloque de Poissi prochain2.

La harangue du tiers estât commença par les louanges du Roi et de son Conseil. De là, se mit sur le blasme des prestres et déchiffrement de leur vie; puis, ayant touché du devoir du noble et de la foule du peuple, duquel la surcharge ne se pouvoit renvoyer qu'à Testât ecclésiastique, le harangueur fut ferme et entier à la tolérance des réformés, sur le moyen d'entretenir la paix3. Les caïers confîrmoyent le discours avec une curieuse recerche des malversations aux finances. De tous endroicts, un concile national demandé. Au contraire, le pape fit publier, pour empescher le national, qu'il vouloit accorder l'oecu-

de quelques incidents que nous avons rapportés dans Antoine de Bourbon et Jeanne oVAlbret, t. III, p. 53 et suiv., fut libellé et enregistré au Parlement {Mémoires de Condé, t. II, p. 279). A la suite de cet acte, le 27 mars, le roi de Navarre fut nommé lieutenant général du roi.

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