LIVRE SECOND, CHAP. XXIX
sèrent qu'ils devoyent tuer le duc d'une arquebusade par une fenestre et furent exécutés publiquement 4 .
Après grandes menées, fut esleu Jean l'Ange Médicis, fils d'un pauvre homme de Milan, qui, à son ombre, haussa force frères qu'il avoit, surtout son aisné, qu'il fit marquis de Marignan, nom célèbre en nos guerres. Ce pape, nommé Pie IV2, soit que parent des Médicis ou non, acheta de plusieurs bienfaicts l'adveu de Gosme, duquel la prudence aussi réputa à honneur de pouvoir croistre un pape et sa race.
Les premiers actes de Pie furent d'annuller les édicts de son prédécesseur, adoucir l'inquisition, continuer en sa dignité Ferdinand empereur.
Quelque temps après, le vice-roi de Sicile, nommé la Gérale3, désireux d'acquérir renommée et obliger le Roi Philippes, son maître, ayant de longtemps un dessein de reprendre Tripoli, le communiqua au grand maistre de Malte, qui lors estoit Parisot4. Le Roy d'Espagne, ayant entendu et aprouvé l'affaire, fait préparer l'armement sous le vice-roi général, assisté d'André Dorie, fait par toute l'Italie lever des forces, qui furent retardées quelque temps par les gouverneurs du pais, aliarmés des forces turquesques sur les occasions que nous avons déduictes, et puis craignant que
1. Pandolfe fut condamné à être pendu sur la place publique, Gavalcanti et Médicis à avoir la tête tranchée.
2. Pie IV, né à Milan le 31 mars 1499, élu pape le 26 décembre 1559, mort le 9 décembre 1565.