‹ Histoire universelleChapitre 323 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. XXXII

et concorde, en attendant que Dieu nous face la grâce de les pouvoir réunir et remettre en une mesme bergerie, qui est tout nostre désir et principale intention, avons, par provision et jusques à la détermination dudict concile général, ou que par nous autrement en ait esté ordonné, sursis, suspendu et supersédé, surséons , suspendons et supersédons les deffenses et peines opposées tant audict édict de juillet qu'autres précédents, pour le regard des assemblées qui se feront de jour hors lesdictes villes, pour faire leurs presches, prières et autres exercices de leur religion. DefFendant sur lesdictes peines à tous les juges, magistrats et autres personnes, de quelque estât, qualité ou condition qu'ils soyent, que, lorsque ceux de ladicte religion nouvelle iront, viendront et s'assembleront hors lesdites villes, pour le fait de ladicte religion, ils n'ayent à les y empescher, inquiéter, molester, ne leur courir sus en quelque sorte ou manière que ce soit; mais, où quelques uns voudroyent les offenser, ordonnons à nosdicts magistrats et officiers que, pour éviter tous troubles et séditions, ils les empeschent, facent sommairement et sévèrement punir tous séditieux, de quelque religion qu'ils soyent, selon le contenu de nos précédents édicts et ordonnances, mesmes en celle qui est contre lesdicts séditieux, et pour le port des armes, que nous voulons et entendons, entre toutes autres choses, sortir leur plein et entier effect et demeurer en leur force et vertu. Enjoignons de nouveau, suivant icelles, à tous nosdicts subjects, de quelque qualité et condition qu'ils soyent, qu'ils n'ayent à faire aucunes assemblées à port d'armes, et ne s'entr'injurier ni reprocher pour le faict

de la religion, ni faire esmouvoir, procurer ou favoriser aucune sédition, mais vivent et se comportent les uns avec les autres doucement et gratieusement, sans porter aucunes pistoles, pistolets, arquebuses, ni autres armes prohibées et deffendues, soit qu'ils aillent ausdites assemblées ou ailleurs, si ce n'est aux gentilshommes, pour les dagues et espées, qui sont les armes qu'ils portent ordinairement.

Deffendons en outre aux ministres et principaux de ladicte religion nouvelle qu'ils ne reçoivent en leurs assemblées aucunes personnes, sans premièrement s'estre bien informez de leur vie, mœurs et conditions, afin que, si elles sont poursuivies en justice ou condamnées par deffaut et contumaces de crimes méritans punition, ils les mettent et rendent à nos officiers pour en faire la punition.

Et toutes et quantes fois que nosdicts officiers voudront aller à leursdites assemblées pour assister à leurs presches, et voir quelle doctrine y sera annoncée, qu'ils les y reçoivent et respectent selon la dignité de leurs charges et offices ; et, si c'est pour prendre et appréhender quelque malfaicteur, qu'ils leur obéissent, prestent et donnent toute faveur et assistance dont ils auront besoin.

Qu'ils ne fa cent aucun synode ne consistoire, si ce n'est par congé ou présence de l'un de nos officiers, ne semblablement aucune création de magistrats entr'eux, lois, statuts et ordonnances, pour estre chose qui appartient à nous seul. Mais, s'ils estiment estre nécessaire de constituer entr'eux quelques reiglements pour l'exercice de leur religion, qu'ils les monstrent à nos officiers, qui les authoriseront s'ils voyent que

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